#lejourdaprès : l’esprit de lucre et le bénévolat

Les, masques, encore les masques, toujours les masques. Décidément, on n’en sort pas. Mais ici, pas question de parler de pénurie, de stocks pourris, de mensonges d’Etat tout aussi pourris. Il sera question de ces succédanés de masques, qui sont apparus comme en temps de crise apparaissent ce que, à une autre époque, certains ont appelés des ersatz. Ce fut d’abord le règne de la débrouille, pour finir comme le diraient certains, par goût de la formule facile, par le règne de l’embrouille.

Les choses sont simples et prenons un exemple local, car maintenant, le local, il n’y a plus que cela de vrai.

Dans le même territoire, facile à identifier, il y a eu ceci https://www.letelegramme.fr/Morlaix lance sa production de masques alternatifs bel exemple d’une coopération fructueuse entre une municipalité qu’on n’a pas toujours connue si solidaire et le réseau associatif qu’on a toujours connu aussi réactif, le tout sans échange monétaire. Ce pourrait être un mode de vie alternatif mais, comme nous le verrons plus loin, cela a ses limites.

Mais en même temps, il y avait aussi celahttps://www.letelegramme.fr/À L’Aise Breizh : des masques « made in Morlaix » Voilà une entreprise connue pour ses coups publicitaires et fameuse grâce à ses messages assez déjantés. Le local, ses fondateurs connaissent déjà, ils viennent même de donner de nouveau gage de « localisme » en rapatriant sur le territoire une unité de production textile. Vendus même à prix coûtant, ces masques restent quand même pour cette firme un excellent investissement publicitaire. Cela conforte l’image qu’elle s’est forgée et qui est son meilleur vecteur commercial. Bien joué a-t-on envie de dire.Ils ne sont d’ailleurs pas les seulshttps://www.letelegramme.fr/« Bientôt 300 000 masques par semaine » : comment Armor Lux adapte sa production Cette entreprise s’était illustrée naguère en soutenant d’autres combats locaux, fournissant des bonnets rouges aux manifestants anti-taxe carbone, bonnets importés d’Ecosse parait-il.

Deux démarches donc, une totalement désintéressée, l’autre déjà beaucoup moins. Ceci explique la réaction que voici https://www.francetvinfo.fr/ »Je pense avoir donné assez de ma solidarité »

Cette colère est légitime. Elles (car ce sont dans l’immense majorité des femmes) veulent bien être bénévoles mais pas « bénévolées ». Voir que certains se font ou refont une réputation, quand ce n’est pas tout simplement s’enrichissent pour les plus cyniques, alors qu’elles se sentent tout simplement exploitées et ce de la façon la plus perverse, en s’appuyant sur les nobles sentiments qui les animent.

Incidemment, cette opposition entre deux modèles de développement de la vie ensemble pose d’un côté la question de l’utilité sociale de certaines entreprises et de l’autre de la place de l’acte bénévole dans la vie sociale. Je laisse à plus tard la question de l’utilité sociale des entreprises quand le temps sera venu de remettre sur le métier la question des entreprises dite « à mission » pour ne m’intéresser qu’à la question du bénévolat.

Ce que nous disent ces femmes, ce que bénévole ne veut pas dire gratuit, car « quand c’est gratuit, c’est que ça ne vaut rien ». Il faudra bien dans « lejourdaprès » qu’on trouve le moyen de valoriser le bénévolat. Le monde associatif, large pourvoyeur de bénévoles, a fait des propositions en la matière qu’il conviendra de prendre en compte. Bonification de retraites, valorisation des acquis de l’expérience, reconnaissance professionnelle de compétences clés mais aussi mobilisation des énergies en utilisant le levier du revenu universel d’existence suivant le principe « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens », sont autant de pistes à creuser, pour que « demain » ne soit pas juste « hier mais en pire ».

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