#lejourdaprès : la crise est écologique, forcément écologique

Avant, c’est à dire, en 2019, la grande peur c’était la crise écologique et le grand sujet la TRANSITION, sans bien savoir si cette transition était un subtil mouvement qui déplace les lignes sans rien changer ou un grand chamboulement qui remette la niche du chien debout.

Et puis il y a eu ÇA, ce séisme qui est en train de bouleverser assez sensiblement les structures économiques et sociales de pas mal de pays.

ET donc il y aura un après. Mais cet après doit-il faire table rase des angoisses de l’avant ? Certainement pas car ce n’est pas parce qu’il y a eu quelques petites « bonnes nouvelles » sur l’état ponctuel de la planète, que pour autant les tendances de fond vont spontanément s’estomper.

Quand vous avez une bronchite chronique, ce n’est pas parce que vous allez vous casser la jambe que vous renoncerez une fois le plâtre enlevé, à soigner l’état de vos bronches.

Or la Terre tousse toujours même si les symptomes sont moins marqués.

Donc « le jour d’après », il faudra bien faire face à la fois aux crises économiques et aux crises sociales qui seront la conséquence mécanique de la mise à l’arrêt de la vie économique et sociale des trois quart de la planète mais il faudra aussi faire face à cette crise qui se pointait à l’horizon fin 2019. Cruel dilemme !

Alors évidemment tous les experts écolos se jettent sur l’occasion pour dire que la crise sera écologique, forcément écologique. Tout le monde n’a pas pas les bases conceptuelles pour comprendre ce que les experts appellent l’écologie car nous n’avons pas tous été formé à l’analyse systémique dont un des axes majeurs est que tout est lié et que toute modification au sein de l’éco-système a forcément des conséquences sur le reste du système et que celui-ci y réagit en provoquant en retour des réactions qui à leur tour ont des conséquences, etc…

Mais les experts y vont de leur analyses très savantes https://www.liberation.fr/terre/«La crise du coronavirus est une crise écologique» C’est très savant, très bien argumenté mais il n’est pas facile de faire comprendre au commun des mortels que l’appauvrissement de la biodiversité entraine « nécessairement » une plus grande sensibilité aux attaques virales nouvelles.

Parfois les experts vont même un peu trop loin https://www.actu-environnement.com/Pandémie de Covid-19 : la première d’une longue liste en raison du dérèglement climatique ? Ici, on joue en plus sur les peurs d’un avenir qu’on ne connaît pas encore. Il n’est pas sûr que cela emporte l’adhésion d’une majorité de nos contemporains.

Et pourtant, il faudra bien qu’un début de consensus se fasse autour de ce constat, que la crise est écologique, forcément écologique et non pas purement économique et sociale ou même sanitaire.

Sinon, comme les ressources sont forcément limitées, il faudra faire des choix entre panser les plaies économiques et leurs corollaires sociaux ou anticiper sur les effets de la crise écologique. Et comme les premières correspondent à un terrain mieux connus et que les effets seront plus directs, il est à craindre que « le jour d’après », un consensus se fasse sur une sortie économique de la crise reportant aux calendes grecques les mesures permettant une transition en douceur vers un monde écologiquement plus équilibré. Et tout serait à refaire.

Plutôt donc que de se faire plaisir en étalant tout leur savoir écologique, les experts de la question seraient mieux avisés de montrer que dans un premier temps, la résorption des causes de la crise sanitaire actuelle passe par des solutions qui correspondent également à l’atténuation des causes de la crise écologique.

Le premier axe est la remise en cause de la mondialisation et de sa répartition du travail au niveau mondial.

Le deuxième axe est la remise en cause de nos modes de production et de consommation qui nous font accepter des produits, dont l’utilité réelle est contestable et dont le compteur kilométrique affolerait les globe-trotters les plus endurants.

Le troisième est que la puissance publique a un rôle à jouer dans l’organisation des raports économiques et sociaux au sein des entités géographiques mais aussi dans le cadre des relations inter-étatiques.

Si un consensus se fait déjà autour de ces trois axes, un grand pas en avant aura été fait. Ensuite, le reste découlera de lui-même ou presque.

A ces conditions seulement, on peut dire que la crise est « écologique, forcément écologique ». C’est une première étape nécessaire mais évidemment pas suffisante, comme on le verra dans les prochains jours.

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