Le journal des confinis n°3 : tous les risques à des fins personnelles

Depuis les élections démocratiques en Allemagne en 1933, nous savons que le processus électoral le plus transparent peut amener au pouvoir des dictateurs fous. Il semblerait que l’Histoire soit en train de nous resservir ce plat empoisonné et que la crise sanitaire mondiale permette à ces fous dangereux de révéler leur vraie nature.

Vous ne saurez pas surpris de retrouver aujourd’hui encore dans cette rubrique les deux personnages récurrents de cette série.

Je garde le pire, si on peut dire, pour la fin. Commençons par le Brésilien qui avait déjà fait très fort en milieu de semaine avec cette décision https://www.msn.com/Coronavirus : Au Brésil, Jair Bolsonaro évince son ministre de la Santé en pleine épidémie

Certes, on a déjà vu en pleine guerre des chefs d’Etat-Major être débarqué parce qu’il était incompétent, mais encore jamais parce qu’il se montrait plus compétent que leur chef. Et ce qui est pire, non seulement, ce ministre est dans le vrai quand son président est dans la divagation, mais, crime suprême, il était deux fois plus populaire. Quand on est populiste, c’est un crime majeur, donc au risque de rester dans l’erreur, exit le gêneur et cela fait toujours un rival potentiel de moins…du moins à court terme.

Mais il ne s’en est pas tenu à ça. Il a fallu qu’il rue dans les brancarts des institutions fédérales. En s’opposant frontalement aux autorités locales,qui, dans un système fédéral comme le Brésil ont une grande légitimité, il prend le risque d’une crise institutionnelle.https://www.ouest-france.fr/Jair Bolsonaro demande aux Brésiliens de ne « pas se débiner » face au coronavirus

Mais comme l’attaque est encore à fleuret moucheté, les plus gros dégâts peuvent encore être évités.

C’est une précaution que n’a pas prise son mentor nord-américain qui, comme d’habitude, a agi avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine https://www.ouest-france.fr/États-Unis. Encouragées par Donald Trump, les manifestations anti-confinement se multiplient

Mais là, il risque peut-être d’y être allé un peu trop fort. Son message en 120 signes n’est ni plus ni moins qu’un appel à la désobéissance civile contre des gouverneurs d’Etats. Il s’agit plus que d’un coup de canif dans les principes constitutionnels qui régissent les Etats-Unis depuis leur création. La guerre de sécession a commencé avec des déclarations moins péremptoires, émanant des Etats cette fois. Pourquoi à moins d’être stupide prendre un tel risque ? Comme je pars du principe qu’on peut être fou ET intelligent à la fois, je lui fais crédit de l’intelligence. En me fondant sur ce postulat, je vois dans cette décision deux raisons : la première est qu’il pensait se faire élire sur ses résultats économiques et que plus la relance tardera, plus ses chances de se faire réélire s’amoindrissent (il raisonne ici comme son émule brésilien), la seconde est qu’il sait qu’il doit sa victoire à quelques Etats qui basculent facilement d’un côté ou de l’autre et il espère bien les conserver voire en faire basculer un ou deux autres pour pallier ses pertes ailleurs. Prendre un tel risque donne froid dans le dos.

Cet article, publié dans COUPD'GUEULE, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Le journal des confinis n°3 : tous les risques à des fins personnelles

  1. Ping : En germe, la défiance ? | Dominiqueguizien's Blog

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.