Mieux vaut en rire- rubrique inépuisable malgré la crise- n° 200 Ce n’est pas la girouette qui bouge, c’est le vent

«Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain» Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »PierreDesproges

Il y a un dicton bien établi dans les démocraties libérales, social-libérales ou libérales-libérales, qui peut se résumer ainsi : « on nationalise les pertes et on privatise les bénéfices ».

Monsieur Le Maire, qui est un bon élève studieux du libéralisme idéologique applique à la lettre ce dicton. Il a réussi à imposer1son projet de privatisation d’Aéroports de Paris. Certes avec un aéroport fermé et l’autre en roue libre, l’opération a un peu de plomb dans l’aile, comme je l’ai écrit précédemment dans mon journal des bonnes nouvelles, mais pour l’instant, l’opération n’est pas annulée.

Nullement gêné par l’apparente contradiction, notre ministre nous propose ceci : https://www.ouest-france.fr/L’État doit-il nationaliser des entreprises pendant la crise ?

Il s’agit bien entendu de nationaliser des entreprises dont les pertes sont tellement collossales qu’aucun actionnaire, aussi solide soit-il, ne serait en mesure d’assumer.

Ainsi, dans quelques mois, nous risquerions, si ces projets allaient à leur terme de nous trouver dans la situation où , une société d’aéroport, récemment privatisée, accueillerait des avions d’une entreprise, récemment nationalisée, et fabriquée par un avionneur, complètement nationalisé pour le coup, tout cela pour sauver la rentabilité d’une infrastructure publique, et éponger les dettes d’une entreprise autrefois publique, et en partie privatisée il y a quelques années avant de revenir dans le giron public, Air France, afin qu’elle puisse acheter les avions d’une entreprise, naguère en partie privatisée puis donc renationalisée. Ubuesque, non !

Cela dit le plus croquignolet, c’est quand même le débat que Ouest-France a souhaité instaurer autour de cette question.
Les arguments du « pour » sont d’une rare indigence car autour de vagues considérations sur la nécessaire solidarité et le pragmatisme face à l’idéologie, la proposition la plus saugrenue est quand même de proposer des nationalisation « supranationale ». Joli, non ?
Quant au tenant du non, défenseur patenté des actionnaires, il est bien dans son rôle. Pourquoi l’Etat devrait-il participer au capital alors qu’il serait plus simple qu’il fasse des cadeaux (traduisez subventions et aides)? Et deuxième argument, pour lui absolument imparable : il est hors de question que l’Etat rachète à vil prix des actions dont le cours s’est effondré ! Ah ! Bon ! N’est-ce pas grâce à ça que des fonds de placement se bâtissent des fortunes ?

Mieux vaut en rire, non ?

1Il faut dire que la victoire fut facile puisque les oppositions réunies ont été suffisamment inefficaces pour ne réunir qu’un peu plus d’un million de signatures pour demander un référendum sur cette privatisation. Le voulaient-elles vraiment, ou était-ce un de ces nombreux coups de bluff dont notre classe politique est coutumière,

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