Mieux vaut en rire -rubique décidément inépuisable- n° 195 ……et le sourire de la crémière !

«Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain» Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »PierreDesproges

Quand une entreprise travaille de façon aussi étroite avec les Etats, elle devrait pouvoir comprendre que parfois l’intérêt supérieur de l’Etat nécessite des décisions dont il faut accepter les conséquences. Compte tenu de la lucrativité de ce compagnonnage, je suis en droit d’espérer que cela fait partie des risques du métier et que la surprime imposée de facto si ce n’est de jure à l’Etat est en quelque sorte la prime de risque.

C’est du moins ce que m’inspire cette revendication d’un des groupes qui veut le plus des fonds publics et de la gestion des infrastructures publiques https://www.euractiv.fr/Notre-Dame-des-Landes : le milliard de la discorde entre Vinci et l’État

Normalement, tout cela ne devrait pas faire un drame. Le groupe a engagé des frais directs pour obtenir ce marché. Ce marché ne vas pas à son terme. En bonne logique, l’Etat doit dédommager le groupe des frais engagés dans l’affaire, c’est à dire quelques millions comme le suggérait le conseil d’Etat. Eventuellement on pouvait envisager de payer un dédit mais dans la plupart des cas, ce dédit reste dans la proportion du préjudice direct. Introduire la notion de manque à gagner sur les décennies à venir est dès lors une démarche osée. C’est un peu comme si le groupe demandait le beurre et l’argent du beurre.

Mais enfin se fonder sur un précédent étranger où manifestement le rapport de force entre l’Etat et l’entreprise était nettement en faveur de cette dernière est une manœuvre particulièrement hardie.

Il serait peut-être tout aussi raisonnable de comparer la situation de l’aéroport de Nantes à un autre aéropoprt français, Toulouse que des Chinois ont revendu en toute hâte au gouvernement français tellement l’affaire était mauvaise.

On pourrait aussi le comparer au fleuron de l’aéronautique française Aéroport de Paris qui va être mis en location pour 70 ans au prix d’environ 10 milliards.
Aéroport de Paris, c’est 105 millions de passagers, Nantes 6 millions seulement.
Si on appliquait les critères de la privatisation d’ADP à Nantes, l’indemnisation devrait être au mieux de 419 millions.
Si on appliquait les critères de Vinci à la privatisation d’ADP, la rentrée d’argent pour l’Etat pourrait être de 24 milliards.

On voit tout de suite ce qu’a d’excessif la demande des avocats du groupe. Avec mes petits calculs, vous avez une petite idée du prix du sourire de la crémière.

Question subsidiaire : si après coup Vinci décrochait la délégation de gestion de l’aéroport de Nantes suite au nouvel appel d’offre, il va sans dire que l’indemnité tomberait. Et si c’était ça le vrai deal ?

Faut-il vraiment en rire ? Malgré Beaumarchais Wilde, Desproges et Rabelais, j’en doute un peu

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