Zones interdites ?

Pour beaucoup Le Greco, c’est ce peintre plutôt tourmenté qui marqua la Renaissance espagnole en son siècle d’Or. Pour d’autres, il s’agit d’une redoutable bande de juristes qui traquent la corruption pour le compte du Conseil de l’Europe. Et en général, maintenant que le GRECO a décidé de citer ses cibles, ses rapports sont aussi craints que ceux de la Cour des Comptes. En effet, s’ils n’ont aucn caractère coercitif, la publicité faite autour de leurs conclusions fait en général mal à la réputation de bien des Etats qui se croient au-dessus de ces petites mesquineries.

Celui de 2019 consacré à la France ne manque pas à cette courte tradition et les réactions qu’il suscite dans la presse montrent, dans toute leur diversité l’émoi que cela a suscité chez ceux dont le métier est quand même de façonner les opinions dans un sens ou dans l’autre

Il y a les factuels, ceux qui ne veulent pas se mouiller et qui sous couvert d’objectivité en disent le moins possible
https://www.ouest-france.fr/Corruption. Des « zones grises » persistent en France
https://www.lesechos.fr/Corruption : alerte sur des « zones grises » persistantes en France

Et puis il y a les autres, ceux qui y voient une occasion de remettre un coup de projecteur sur les turpitudes des gens qui nous gouvernent, mais là aussi, il y a une gradation dans l’éclairage.
Pour l’un, c’est tout le monde politique qui est dans le collimateur du GRECO : http://www.leparisien.fr/Corruption : le Conseil de l’Europe déplore des «zones grises» dans la politique française

les deuxièmes, plus précis ciblent plus particulièrement le gouvernement, oubliant au passage les parlementaires et les élus locaux
https://www.lexpress.frCorruption : des « zones grises » persistent en France, notamment au gouvernement
https://www.sudouest.frCorruption : des « zones grises » subsistent en France, notamment « au sein de l’exécutif »

On appréciera dans un cas comme dans l’autre, le fameux « notamment » qui permet de s’exonérer de toute accusation de chasse aux sorcières

Quant au dernier qui visiblement, se veut bien informé, il n’hésite pas à nommer les coupables
https://www.acteurspublics.fr/Le Conseil de l’Europe appelle à renforcer le contrôle de l’intégrité des conseillers ministériels

Mais au fait que dit-il réellement ce rapport. Personnelement, je ne le sais pas car je n’ai pas réussi à télécharger le rapport sur le site du GRECO. Toutefois le résumé qui en est fait sur ce même site permet de mieux éclairer ma lanterne https://www.coe.int/fr/web/greco/-/greco-calls-on-france-to-do-more-to-counter-corruption-in-the-executive-and-law-enforcement-agencies
Ainsi donc la question des conseillers ministériels, si elle vient sur le devant de la scène, est loin d’être la seule traitée. On lit notamment que ce rapport englobe dans la sphère de haut risque non seulement le personnel politique mais aussi ce qu’il appelle les PHFE, c’est à dire les personnes occupant des hautes fonctions exécutives, en d’autres termes les hauts fonctionnaires.
C’est d’ailleurs ce que confirme cette analyse un peu fouillée dudit rapport https://www.globalbpa.com/europe-le-greco-publie-son-rapport-sur-la-corruption-en-france-2019/ Europe: le GRECO publie son rapport sur la corruption en france (2019) résumé

Tiens, il y est également question des agents de la repression en commençant par la Gendarmerie et la Police, mais aussi du Parquet financier, mais aussi de la Cour de Justice de la République. Il y est bien sûr question de la formation de ces agents, PHFE et forces de répression en tête, aux risques encourrus et à leur prévention.

Comme la méthode d’évaluation du GRECO est très interactive, le gouvernement français était informé depuis longtemps du contenu de ce rapport, d’où cette réponse : https://www.euractiv.fr/La France se dote d’un plan anticorruption après les critiques du Conseil de l’Europe

Tiens, apparaissent dans ce plan de lutte contre la corruption, deux absents du rapport du GRECO, les collectivités territoriales et les hôpitaux publics. Est-ce une façon de battre sa coulpe sur la poitrine du voisin, même si il est vrai que là aussi il y a des zones grises ?

Par contre plus de trace d’une plus grande exigence de transparence sur les conseillers ministériels, ni de la réforme de la Cour de Justice de la République. Y aurait-il là réellement des zones d’ombre qu’il convient de ne pas trop éclairer ?Ou peut-être n’est-ce qu’un oubli ? Ou peut-être est-il nécessaire de déminer ce terrain, d’exfiltrer quelques uns et de ménager quelques susceptibilités parlementaires(ou péri-parlementaires) ?

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