Le jour où les comptables conduiront les trains

Cela fait partie des petits retours en arrière de l’année 2019.

La Cour des Comptes qui comme son nom l’indique s’occupe essentiellement de comptes n’a de cesse de vouloir tout passer à la toise de l’équilibre financier, mais souvent avec de bonnes intentions, dont la principale est , l’efficacité de la dépense publique et une obsession la réduction des déficits publics

A l’automne, la vénérable institution de la Rue Cambon avait sorti un rapport au vitriol dont elle a le secret https://www.lesechos.fr/La Cour des comptes relance le grand débat sur les petites lignes ferroviairesOn y apprend ainsi que les TER sont subventionnés à 88% et que pourtant la qualité s’amenuise, que la clientèle se fait plus rare.

Publier un article sur les TER en pleine grève des cheminots peut paraître provocateur mais pas tant que cela. En effet, si ceux-ci se mettent ainsi en grève dure, c’est évidemment parce que personne n’accepte de perdre quelques petits avantages sans protester mais aussi parce que l’entreprise pour laquelle ils travaillent traversent une crise d’identité dont la résolution peut s’avérer cruciale.

De fait, dans tous les débats sur les mobilités, apparaît en tête des priorités la réhabilitation des modes de transport collectif et à ma connaissance, on a encore rien trouvé de mieux que le train pour amener simultanément,d’une ville à l’autre, des centaines de personnes, dans de bonnes conditions de confort, de sécurité et de régularité …du moins quand ça marche. Cela devrait être une des priorités d’investissement d’avenir et considéré comme un service public de base que la collectivité doit à chacun d’entre nous.

Or, que se passe-t-il ? L’investissement est en panne, faute de crédits sûrement, mais aussi faute d’un projet de territoire. Et dans le même temps, pour répondre pensent-ils aux injonctions de la Commission Européenne, nos dirigeants successifs ont mis beaucoup de persévérance à privatiser les services ferriviaires. La mise aux enchères des lignes régionales va commencer bientôt et ce sera l’ultime étape d’une évolution qui a vu la SNCF se retirer peu à peu de tout ce qui n’est pas ce qu’elle considère comme la partie noble, les lignes à grande vitesse interrégionales et internationales.

Faute d’une vision stratégique, faute aussi d’avoir les moyens humains et financiers pour mettre en œuvre un éventuel plan stratégique quand celui-ci émergera, les régions peinent à jouer leur rôle d’autorité organisatrice des transport et du coup, c’est tous les réseaux régionaux qui en pâtissent, en commençant pas les maillons les plus faibles, les petites lignes : https://www.la-croix.comSNCF : les petites lignes cherchent leur voie d’avenir qui laissaient à l’abandon périclite. L’offre de service se raréfie, le service est de qualité de plus en plus médiocre, voici duex raisons essentielles pour expliquer que la fréquentation baisse.

Pour parler comme des économistes, l’élasticité-qualité est plus grande que l’élasticité prix et la baisse de la première a des effets beaucoup plus immédiats, beaucoup plus forts et surtout beaucoup plus durables qu’une éventuelle augmentation des seconds. C’est ce qu’a montré me semble-t-il les expériences menées par certaines régions qui ont commencé par baissé les tarifs sans vraiment attirer les foules puis ont obtenu de la SNCF un meilleur cadençage des trajets les plus fréquentés ce qui a produit un effet positif dans l’année qui a suivi.

C’est pourquoi, l’article ci-dessous me semble présenter une vision erronnée des enjeux https://www.lesechos.fr/Ceux qui aiment payeront le train Vu la proximité des attributions des premières concessions régionales, on peut comprendre que des intérêts financiers voient d’un bon œil qu’on évoque comme solution unique à la crise une augmentation inéluctable des tarifs. C’est autant de pris et cela rappelle étrangement ce qui s’est passé chaque fois qu’on a privatisé un service public en France. La mise en concurrence, censée faire baisser les prix se traduit toujours par un coût plus élevé pour l’usager-client, vache à lait de ces « fermiers généraux » modernes.

Si on écoutait la Cour des Comptes ou les journaux financiers, autant faire conduire les trains par des comptables ! Notez, il y aurait au moins un avantage à cela : ce n’est pas la tradition chez les comptables de se syndiquer et encore moins de faire grêve !

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