Le bal des faux-culs

Décidément, autour de cette réforme des retraites, la classe politique française dit et fait n’importe quoi. Prenons ainsi l’inspirateur de cette réforme, le Président lui-même. Quelle idée incongrue de faire cette annonce : https://www.lemonde.fr/Emmanuel Macron renonce à sa future dotation d’ancien président en pleine négociation sur le maintien ou nom de certains avantages attachés à certains régimes de retraites particuliers.
En effet, la dotation des anciens président n’est pas en soi une retraite mais bien une forme de gratification accordée par la Nation à un de ses anciens dirigeants en remerciement des services qu’il aurait rendu à la Nation. C’est du moins ainsi que les choses sont généralement présentées. En fait, pour eux comme pour les Premiers Ministres mais également, dans une moindre mesure, pour les parlementaires, ce sont quelques petits privilèges que se sont octroyés ceux qui détenaient le pouvoir pour garantir leurs arrières le jour où ils n’auraient plus le pouvoir. Et comme chacun, dans ce microcosme politique espère un jour pouvoir accéder à ces fonctions et leurs à-côtés lucratifs, tout le monde a longtemps été d’accord jusqu’à ce que, la chose étant devenue publique, les mêmes en viennent à dénoncer ce que eux et leurs prédécesseurs ont patiemment bâti.

Du coup cette annonce qui doit plus à la communication politique qu’à l’éthique républicaine a déclenché une bronca et des commentaires qui relèvent de la plus pure tartufferie voire carrément de l’indigence intellectuelle.

Qu’un leader de gauche trouve que c’est la moindre des choses que le Président soit soumis au régime universel alors que le parti qu’il dirige est encore proche d’un syndicat qui défend le maintien de certains régimes spéciaux au motif que les salariés qui en bénéficient sont soumis à des conditions de travail particulières (stress permanent, éloignement de la maison un jour sur trois, des horaires parfois décalés, etc…), c’est méconnaître certainement les conditions dans lesquelles s’exercent la fonction présidentielle [mais me rétorquera-t-on, lui, il l’a choisi. Certes mais les autres aussi].

Qu’un leader de gauche, dont la seule activité professionnelle a, depuis plus de quarante ans, été de faire de la politique soit comme élu (plus jeune sénateur de France), comme sous-ministre ou comme apparatchik, ose dire que lui n’a pas les moyens de se passer d’une retraite de 6.000 euros. Mais que s’imagine-t-il donc? Croit-il vraiment qu’il y a beaucoup de Français qui ont une retraite de ce niveau, ou même de la moitié. Voilà une occasion perdue de se taire .

Par contre qu’une ancienne ministre s’interroge sur l’avenir dans le secteur privé dudit président et des espoirs de retraites hors norme, voilà la bonne remarque. Dommage qu’elle vienne de quelqu’un qui, ayant atteint l’âge où on peut décemment prendre sa retraite après une vie totalement passée au service de la vie politique française, a souhaité avoir une dernière mission, bénévole certes mais agrémentée de beaucoup d’avantages en nature qui valent bien des rémunérations.

Bref, vous l’aurez compris, tout ceci a donné lieu à toute une série de déclarations hypocrites, un peu démagogues. Par contre, celles et ceux qui ont salué cette décision comme la première étape de l’abolition des privilèges que se sont accordés les élites politiques françaises, ont fait preuve d’un simple bon sens qui dans ce contexte paraissent confiner à la vertu.

Cet article, publié dans COUPD'GUEULE, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.