histoires d’eau : les autobus à saumons

il y a ainsi des pays bénis des salmonidés; le Quebec en fait partie. Il faut dire que l’eau est partout, eau douce, eau salée, eau saumâtre, eaux vives, eaux tranquilles. Bref de quoi s’ébrouer à qui mieux mieux pour un saumon bien né.

Justement, à propos de naissance, je me suis laissé dire que les saumons était prêts à faire des milliers de kilomètres pour faire naître sa nombreuse progéniture, là où eux-mêmes sont nés, ainsi que les parents de leurs parents depuis les siècles des siècles et même au-delà.
Donc, par atavisme, ils remontent les nombreux cours d’eau pour aller pondre et cela se faisait sans problème, si ce n’est sans effort depuis la nuit des temps. Mais depuis quelques décennies, c’est à dire une éternité dans la vie d’un saumon, une espèce d’animal à deux pattes a transforme des chutes que le moindre saumon s’enorgueillissait de franchir d’un bond élégant autant qu’audacieux, en un mur d’une dureté de granit contre lequel ils viennent buter et qu’ils s’épuisent à tenter de franchir.
On leur a donc aménager des ascenseurs pour franchir cet obstacle qui n’a rien de naturel, passe à poissons ou échelle à poissons, c’est selon.
Hélas, pour les plus gros, les grands mâles reproducteurs sont paraît-il trop corpulents pour les emprunter. Mais comme ils sont considérés comme indispensables pour assurer une bonne reproduction, il fallait bien trouver une solution pour qu’ils aillent rejoindre les frayères.
Je me suis laissé dire qu’on a mis en place des bus spécialement équipés pour les transporter jusqu’au lieu où ils pourront remplir leur fonction reproductrice. Les mêmes m’ont également dit qu’ils se sentent si bien qu’ils ne veulent plus redescendre et deviennent sédentaires. Un comble pour un saumon

Je ne sais pas si c’est vrai mais cette histoire est symbolique à plus d’un titre.
1° Faut-il que l’être humain soit malfaisant pour qu’il perturbe ainsi des cycles naturels immémoriaux.
2° Faut-il que l’être humain soit inconséquent pour, successivement dépenser des millions d’Euros pour empêcher des saumons de vivre le grand amour de leur vie pour ensuite dépenser encore quelques dizaines de milliers d’Euros pour leur permettre d’assouvir leur fougueuse passion.

3° Faut-il que les schémas genrés soient forts dans les esprits pour qu’on songe à trimbaler des gros mâles [j’ai failli rajouter blanc et blond comme un président] dans des Pullman tandis que les jeunes et les femelles doivent se taper tous le chemin à la force de leur nageoires.

4° Faut-il enfin que les stéréotypes genrés soient forts pour que ces mâles, fort de leur pouvoir reproducteur pensent-ils, se croient dispensés du moindre effort et attendent jusqu’à leur mort que ces dames veuillent bien venir les rejoindre à chaque montaison.

Ceci pourrait tout aussi bien être le sujet d’un mini-conte philosophique des temps modernes et si toute l’histoire n’est pas totalement vraie, elle est tellement plausible qu’on a envie de dire comme Giordano Bruno « si non e vero, e bene trovatto »

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