Les « triomphes » du nucléaire : la sécurité en question

L’industrie du nucléaire est peut-être encore sous le choc du moratoire touchant un de ses projets phare, ASTRID, mais à en croire les gazettes, elle a actuellement d’autres problèmes plus urgents à régler.

Manifestement le site de Flamanville semble maudit. Non seulement l’EPR peine à naître1, mais encore la centrale de génération précédente n’arrête pas d’avoir des ennuis. Ces jours-ci, on apprend qu’elle est carrément à l’arrêt, comme une éolienne un jour sans vent ou une ferme photovoltaïque, un jour de grand brouillard : https://www.ouest-france.fr/Flamanville : les deux réacteurs de la centrale nucléaire à l’arrêt
Et comme un malheur n’arrive jamais seul, on apprend également que au moins 5 réacteurs présentent des graves anomalies https://lenergeek.com/nucléaire : au moins 5 réacteurs concernés par des problèmes de soudures qui pourraient justifier leur arrêt
Mais qu’arrive-t-il donc à toutes ces centrales. Sont-elles frappées d’obsolescence ? La communication d’EDF est beaucoup plus positive : afin de mieux répondre aux accusations d’insécurité et de laxisme qui lui est parfois faite, cette entreprise a décidé de renforcer ces normes de sécurité et inévitablement, si les contrôles sont plus précis, on découvre plus d’anomalies. Rétrospectivement, on se dit que peut-être on l’a échappé belle !

D’ailleurs, ce sentiment n’est peut-être pas si erroné que cela puisque de leur côté les instances de régulation et notamment l’ASN vient de prendre une mesure qui n’a rien d’anodin : faire une campagne de prévention des risques dans un rayon de plus en plus étendu autour de chaque centrale, fondé notamment sur la distribution massive de comprimés d’iode : https://www.huffingtonpost.fr/Vous habitez près d’une centrale nucléaire? Vous allez peut-être avoir droit à de l’iode Pourquoi maintenant ? Pourquoi autant ? Pourquoi si largement ? On n’est jamais trop prudent, surtout si la probabilité du risque majeur a augmenté.

A cet égard, on notera une autre information fournie par un autre opérateur de la filière l’IRSN, et qui ne concerne pas que la production électrique mais tous les usages du nucléaire https://www.actu-environnement.com/Rayonnements ionisants : forte hausse de l’exposition des travailleurs du nucléaire Cela laisse sous-entendre que la culture du risque inhérente à la filière du nucléaire est peut-être en train de s’étioler, que petit à petit, les entreprises ont relevé les seuils de tolérance, ou que petit à petit, on a laissé s’installer certaines pratiques plus laxistes ou encore que petit à petit de sous-traitance en sous-traitance, les personnes qui travaillent sur ces matières hautement dangereuses sont mieux bien formées et informées des risques encourus et des gestes nécessaires à faire. Au-delà de leur santé, on se dit que c’est peut-être aussi la notre qui est en jeu.

1J’ai noté avec amusement que c’est la même entreprise qui s’occupe de la partie BTP de cet EPR et qui a conçu la partie BTP du projet ASTRID. Il y a là manifestement un « chat noir » dans le béton nucléaire.

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