Le feuilleton de l’été : le talon de fer Chapitre 8 où on découvre les vrais rouages du pouvoir

Quelques éléments de contexte de l’extrait

En campagne électorale, notre héro tente de convaincre des petits entrepreneurs de venir le rejoindre. Après leur avoir démontré que leur pouvoir de « petits patrons » était largement un leurre, voilà qu’il leur explique ce qu’est le VRAI pouvoir et comment cela fonctionne.

Extraits du « Talon de Fer » de Jack London

«…/Mais, après tout, la richesse ne constitue pas le vrai pouvoir par elle-même ; elle est le moyen d’obtenir le pouvoir, qui est gouvernemental par essence. Qui dirige le gouvernement aujourd’hui ? Est-ce le prolétariat avec ses vingt millions d’êtres engagés dans des activités multiples ? Vous-mêmes riez à cette idée. Est-ce la classe moyenne, avec ses huit millions de membres exerçant diverses professions ? C’est la ploutocratie avec son chétif quart de million de personnes occupées. Cependant, ce n’est pas même ce quart de million d’hommes qui le dirige réellement…Le cerveau de la ploutocratie, qui dirige le gouvernement, se compose de sept petits et puissants groupes. Et n’oubliez pas qu’aujourd’hui ces groupes agissent à peu près à l’unisson/….
…./Permettez-moi de vous esquisser la puissance d’un seul de ces groupes…/…Il emploie quarante mille avocats pour débouter le public devant les tribunaux. Il distribue de nombreuses cartes de circulation gratuites aux juges, aux banquiers, aux directeurs de journaux, aux ministres du culte, aux membres de l’université, des législatures d’Etat et du Congrès. Il entretient de luxueux foyers d’intrigue, des 
lobbies dans la capitale de chaque Etat et dans la capitale fédérale ; et dans toutes les grandes et petites villes du pays, il emploie une immense armée d’avocassiers et de politicailleurs dont la tâche est d’assister aux comités électoraux et assemblées des partis, de circonvenir les jurys, de suborner les juges et de travailler de toute façon pour ses intérêts/…
…/Aujourd’hui la ploutocratie a tout le pouvoir entre les mains. C’est elle qui fabrique les lois, car elle possède le Sénat, le Congrès, les cours et les législatures d’Etats. Et ce n’est pas tout. Derrière la loi, il faut une force pour l’exécuter/…
… /Aujourd’hui, la ploutocratie fait la loi, et pour l’imposer elle a à sa disposition la police, l’armée, la marine et enfin la milice, c’est-à-dire vous, et moi, et nous tous…. »
Fin des extraits

Commentaires

Voic le commentaire ironique que j’en faisais il y a 9 ans

« Quelle drôle de démocratie, que cette démocratie américaine de la fin du XIX° siècle décrite en quelques mots par Jack London ! On aurait du mal à imaginer cela aujourd’hui !! Imaginez dans la France d’aujourd’hui, un peuple composé de 40.000.000 d’employés, d’ouvriers, de chômeurs, de 8.000.000 de cadres, de commerçants, d’artisans, membres de professions libérales, petits patrons  avec au-dessus 542.000 assujettis à l’ISF. Jamais, au grand jamais, un petit nombre de groupes financiers (entre 7 et 40 par exemple) ne serait en mesure d’imposer sa façon de voir à un gouvernement aux ordres ou à travers des groupes d’influence divers et variés (D’ailleurs, le mot lobby est un mot américain et n’a pas d’équivalent en Français, c’est bien la preuve que c’est une pratique qui est étrangère à  nos mœurs. On n’imagine pas plus « des juges subornés », une police chargée d’imposer la façon de voir. Sans compter qu’il y a dans ces quelques lignes quelques incongruités : en France, il n’y a pas de milice et on ne voit pas qui aurait les moyens de se payer 40.000 avocats. Disqualifié donc Le Jack London. Lisons cela donc comme un roman d’été et passons à autre chose. »

Depuis cette date, il y a eu l’épisode Hollande et « mon ennemi, c’est la finance », puis maintenant l’épisode Macron « le banquier, ami des riches » mais aussi l’épisode des gilets jaunes qui a montré en creux l’absence de perspective politique qu’offre une colère qui n’est que de la colère.

Il y a eu aussi l’émergence de véritables pratiques démocratiques innovantes qu’on regroupe dans le fourre-tout de la « démocratie participative » avec d’autres pratiques, plus contestables celles-là, qui relèvent de la manipulation etil est dès lors difficile de démêler l’authentique de l’autre, en toc.

Et puis, il y AUSSI la « justice » des puissants, celle qui se passe des règles de droit et qu’on appelle l’arbitrage et qui, si on n’y prête garde sera le dernier recours de ces « 7 groupes » lorsque tout le reste aura échoué pour tenter de mettre à la raison un pouvoir « gouvernemental » devenu rétif à leurs injonctions.

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