La « nouvelle » économie est-elle si neuve que cela ?

Surprenante la livraison du dimanche 4 août du Figaro-économie. En effet, voici les titres de 6 des 8 articles mis en ligne ce jour-là:

Après les polémiques, YouTube met davantage en avant les videos adaptées aux enfants

Google teste un abonnement pour les applications mobiles payantes

Des fermes à clics existent aussi aux États-Unis 

Celebrily, le site qui vendait de fausses dédicaces vidéo d’influenceurs

Les victimes d’Equifax priées de préférer l’indemnisation en nature

Apple suspend l’écoute d’enregistrements recueillis par son assistant vocal Siri

Pourquoi surprenante me direz-vous ? Pour vous cela peut en effet paraître banal, mais j’ai été formé à l’économie ancienne, fondée sur les échanges de biens, puis de services matérialisés, et quand je constate une telle concentration de dépêches consacées exclusivement à des activités en ligne, je me dis aussitôt, soit que le rédacteur en chef du supplément Eco du Figaro fait une fixation sur les turpitudes de l’économie électronique, soit que cette « nouvelle » économie est décidément une activité pourrie.

La réponse est sûrement « les deux sont vraies ».

En effet de qui s’agit-il ?

1°. Accusé des pires turpitudes, la filiale Youtube du géant du Net Google( rebapisée Alphabet) tente de se refaire une virginité en s’emparant de l’univers enfantin. Un peu comme si un éditeur qui, ayant fait fortune dans la publication d’oeuvres qu’on dit [pour adulte] tentait de se refaire une publication en rééditant le catalogue de la « bibliothèque rose ». Nul ne connaît sur la place de Paris de tels éditeurs, bien entendu!

2°. Le même Google, qui contrôle quand même la majeure partie des accès aux tuyaux, se comporte un peu comme le gérant d’un hyper marché qui offrirait, à prix cassé, les mêmes bijoux que le bijoutier qui loue à prix d’or, un espace commercial dans la galerie marchande attenante dont ledit hyper est évidemment le propiétaire. Inimaginable, n’est-ce pas? Quoique…

3°. Face à ces pratiques peu élégantes à défaut d’être illégales, des petits combinards utilisent les failles d’un système fondé sur la publicité et la mesure de notoriété automatique (les fameux clics) pour arrondir leur pouvoir d’achat, un peu comme si d’avisés et patients consommateurs se mettaient aux sorties des caisses d’hypermarché pour récupérer tous les bons d’achat que d’autres consommateurs moins avisés négligeraient de prendre lors de leur passage en caisse.
Rien d’illégal là dedans non plus.

Pour le reste, il semblerait qu’on ait franchi la ligne rouge :

4°. l’arnaque à la mise en contact bidon, cela fait partie des grands classiques de l’escroquerie. « J’ai le moyen de vous faire rencontrer quelqu’un, qui connait quelqu’un qui a vu Tartemuche. » C’est bête comme tout mais ça marche encore tellement les gens ont envie de croire à leur rêve du moment.

5°. L’indemnisation en prestation ou en numéraire est un choix qui est rarement offert mais quand il l’est, c’est a priori irreversible. Là, la méthode utilisée par le piraté innove en ceci que le choix n’en est plus un. Un peu comme si un transporteur ferroviaire, vous promettez d’indemniser tout retard supérieur à, disons 40% du temps de trajet normal, mais qui face à l’afflux de demandes d’indemnisation vous réponde que « non, non, vous me pouvez pas être indemnisé car vous avez un billet « régional ». Il aurait fallu que vous ayez un billet « national » comme ceux qui étaient dans le train avant vous ou derrière vous, qui, ayant subi le même retard que vous seront indemnisés,eux. »Inimaginable, me direz-vous ? Eh bien non cela existe en France sur les voies ferrées françaises.

6°. Enfin, il y a le délit caractérisé d’écoutes illégales. La seule justification à une telle pratique contraire aux lois est « c’est pour mieux saisir les accents afin d’améliorer le service de traduction automatique » Elle est bien bonne celle-là ! Il aurait été tellement plus simple, plus transparent et plus élégant, si c’était la vraie raison, de réunir des groupes de cobayes, rémunérés pour cela et d’enregistrer leurs propos, Non ?

Somme toute, quand on y regarde de plus près, cette nouvelle économie n’est pas si nouvelle que cela et depuis que les échanges existent entre groupes humains, il y en a toujours qui s’arrangent pour bricoler les règles plus ou moins tacites afin d’en retirer un petit profit personnel. Certains évidemment en abusent et plus ils sont gros, et plus ils ont de possibilités d’abuser. Et c’est justement pour lutter contre ces abus que se constitue au fur et à mesure tout un arsenal de règles, de contraintes et de normes. Et c’est sûrement pour cela que certains n’en veulent surtout pas

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