Le temps long du solaire

Hier je vous parlais du temps long du nucléaire et de l’impatience des pays qui veulent [encore] passer au nucléaire face aux « maladresses » du chantier expérimental de l’EPR ; 1989-2022 : 33 ans! Cela fait effectivement un sacré bail à patienter.

Mais que devraient dire les chercheurs du CNRS qui attendent depuis maintenant 50 ans que leur four solaire expérimental passe au stade industriel https://www.ouest-france.fr/L’énergie solaire concentrée au CNRS : le cap des 50 ans ?

Un moment, ils y ont crû quand AREVA, qui n’était pas encore devenu ORANO, se lança à corps perdu dans les énergies renouvelables au point de faire de sa filiale AREVA SOLAR son fer de lance en matière d’innovation https://fr.wikipedia.org/wiki/Areva_Solar ce qui lui permit d’engranger de prestigieux succès sur les marchés mondiaux là où, sur les autres segments des énergies renouvelables, essentiellement les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, les entreprises françaises étaient cruellement absentes :
http://www.sa.areva.com/AREVA intègre un système de stockage d’énergie à sa centrale solaire clfr dans les laboratoires nationaux américains SANDIA/2012/09/11
https://www.euro-energie.com/AREVA va construire la plus grande installation d’énergie solaire à concentration d’Asie en Inde 2012/04/12

mais ça c’était avant car brutalement en 2014, le groupe AREVA décide de se recentrer sur son cœur de métier le nucléaire :https://www.actu-environnement.com/Areva stoppe son activité dans le solaire thermique à concentration
Décision un peu incompréhensible alors que tout aurait dû pousser à faire l’inverse.
*Le nucléaire n’a pas vraiment le vent en poupe, c’est le moins qu’on puisse dire. Même si l’argument d’une énergie sans CO² (les fans du nucléaire disent « énergie propre ») peut faire hésiter certains, il n’en reste pas moins que les catastrophes industrielles auxquelles est liée cette énergie ont durablement et négativement marqué les esprits.
*L’expérience des périodes économiquement troublées montre que les entreprises aux multiples métiers (qu’on appelle également conglomérats) résistent mieux que les entreprises spécialisées qui se sont recentrées sur leur cœur de métier pour, pensaient-elles optimiser leur productivité.
*Tout les scénarios à long terme montrent que demain, l’énergie sera majoritairement fournies par des sources renouvelables et même les plus grands groupes pétroliers l’ont compris.

Cette stratégie déroutante confirme ce que j’écrivais dans un précédent billet : le nucléaire rend fou.

Mais revenons un peu à notre énergie solaire.

Si on en croit les spécialistes, elle a devant elle un bel avenir https://www.revolution-energetique.com/Avenir radieux pour le solaire à concentration ?
Ce n’est peut-être pas le cas en France où les conditions optimales d’exploitation d’une centrale solaire thermodynamique sont [encore] considérées comme exceptionnelles et provoquent la panique des médias et des pouvoirs publics, comme l’ont démontré les deux épisodes caniculaires du mois de juillet 2019. Par contre dans beaucoup de pays plus proche de l’Equateur, cela se révèle une solution presque idéale pour produire l’énergie nécessaire au développement d’activités agricoles et même industrielles https://www.francetvinfo.fr/EDF va construire une centrale solaire de 800 MW dans l’est du MarocNotons au passage qu’EDF semble avoir pris le relais d’AREVA en la matière et mène une vraie stratégie de diversification des sources. Et dire que certains veulent découper ce groupe en petits morceaux pour recentrer chacun tronçon sur « son cœur de métier ». Certains n’ont rien compris décidément.

Mais ce serait surtout utiles pour satisfaire les besoins domestiques à condition bien sûr de changer de modèle économique et passer du modèle industriel extraverti à un modèle plus autocentré : COP 22 Portraits de femmes en action : « du soleil dans les arganiers » qui permet à la fois de produire l’énergie nécessaire à une partie des besoins domestiques, ici la cuisson des aliments tout en préservant la ressource naturelle, ici le bois, d’une surexploitation aggravant les conditions de la désertification. Ailleurs, la même technologie sommaire, [on dit soft tech pour faire sérieux] permettra une meilleure valorisation de la production agricole par séchage des aliments : Fostering rural women’s entrepreneurship with solar energy solutions. Chapter 1: An unusual Solar dryer
La créativité populaire est ici sans limite ou presque, d’autant plus qu’on rendra l’usage de cette technologie abordable.

L’exemple marocain montre ainsi que peuvent cohabiter deux modèles, un modèle très industrialisé et un autre beaucoup plus artisanal. C’est ce qui devrait prêcher en faveur du développement de l’énergie solaire mais pas nécessairement sous sa forme photovoltaïque, dont les conséquences sur l’environnement ne sont pas toujours favorables : fortes consommation de surfaces pour installer les panneaux, composition des panneaux.

50 ans, cela commençait à faire long !

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