Mieux vaut en rire-rubrique décidément inépuisable- n°174 : les déboires de l’Etat actionnaire

«Dépêchons-nous d’en rire aujourd’hui, de peur d’avoir à en pleurer demain. »Beaumarchais
« L ‘humour est la politesse du désespoir. » Oscar Wilde
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »PierreDesproges
« parce que le rire est le propre de l’homme. » Rabelais

Alstom : lâcher la proie pour l’ombre

Alstom, sous ses différents avatars est en passe de devenir le chat noir de l’Etat actionnaire. Oublions rapidement le passage des Chantiers de l’Atlantique sous la coupe de l’Italien Fincantieri car compte tenu de exploits d’un paquebot construit à Saint-Nazaire dans le Grand Canal de Venise le mois dernier, il vaut mieux qu’on croit que c’est une entreprise italienne qui l’a construit.

Interessons plutôt à ce qui reste d’Alstom. En 2014 l’Etat accepte que la branche énergie passe sous contrôle de General Electric avec à la clé des engagements sur l’emploi, le développement de l’activité. Cette entreprise dont la branche française était à l’époque dirigée par une énarque, issue de la Cour des Comptes et qui fut naguère présidente de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), a manifestement faite sienne, cette maxime d’un célèbre ministre de la République : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient. ». Sûrement que Belfort s’en souviendra amèrement.
https://www.alternatives-economiques.fr/Alstom : les errances de l’Etat actionnaire
https://www.lepoint.fr/L’État quitte Alstom… pour de bon
https://www.alstom.com/Informations sur le titre Alstom

La contrepartie de ce désengagement était de renforcer la présence de l’Etat dans l’autre branche de ce qui restait d’Alstom l’équipement ferroviaire avec l’ambition de refaire le coup d’Airbus mais dans le TGV. Hélas, la Commission y a vu du mal et a mis le holà à la fusion Siemens-Alstom au motif d’une position dominante. Avec de tels raisonnements, Airbus n’aurait jamais vu le jour.

Toujours est-il que ça ne s’est pas fait et que l’Etat s’est retiré. Pas de chance : l’activité ferroviaire est en plein boom et la rentabilité est au rendez-vous, avec ou sans Siemens. http://decouverte.challenges.fr/Le carnet de commande d’Alstom dépasse les 40 milliards

A défaut de réussir un coup stratégique, en rachetant tout ou partie des actions que lui prétait le groupe Bouygues (?), l’Etat aurait au moins fait une bonne opération financière à court terme.

Vendre à des Chinois est toujours un exploit

C’est une sorte de galop d’entraînement avant la privatisation d’Aéroport de Paris : l’Etat a commencé à céder les participations qu’il a dans certains aéroports régionaux importants dont celui de Toulouse-Blagnac. Des Chinois se sont portés acquéreur mais mal leur en a pris car, ne connaissant pas le métier ni les arcanes de l’aviation civile française, cette acquisition était en passe de devenir un cauchemar pour eux. Ils voulaient s’en aller et dans une certaine mesure c’était tant mieux, d’autant que les conditions de cession n’avaient pas été des plus claires, au point qu’en première instance comme en appel les juridictions administratives avaient annulé la procédure de cession L’occasion était trop belle de se désengager , sans gros dégâts, de cet imbroglio et de trouver un nouveau repreneur mieux au goût de tout le monde. Et croyez-vous que l’Etat fit. Il se pourvut en cassation https://www.ouest-france.fr/Privatisation de l’aéroport de Toulouse. L’État se pourvoit en cassation afin d’obliger une société chinoise, qui n’en voulait plus, à gérer un aéroport, qui supportait de plus en plus mal les méthodes chinoises. Mais que voulez-vous ? On ne peut rien contre la fierté d’avoir réussi à vendre quelque chose à des Chinois, qui ne soit ni des parfums, ni des bijoux, ni des alcools luxueux.

Divorce à l’italienne

Pas encore marié et déjà divorcé. Voici l’exploit assez exceptionnel que vient de réussir Fiat-Chrysler avec Renault. Manifestement le prétendant était très entreprenant et devant les résistances effarouchées de la belle convoitée, il a préféré aller jeter son dévolu ailleurs en accusant la trop sourcilleuse duègne, l’Etat, de tarder à donner son accord aux préliminaires : https://www.letelegramme.fr/Auto. Fiat retire son offre de fusion avec Renault

Mais à part cette histoire d’actionnaire étatique hésitant, l’affaire était quand même mal engagée et surtout à la limite de l’amoralité. Faire des avances à une riche beauté, en situation délicate avec son conjoint, un peu moins riche, c’était faire preuve de goujaterie. Pour le coup, les représentants de l’Etat, à défaut de s’être montrés des entrepreneurs hors pair, ont eu une attitude de raison. Il reste maintenant à gérer le retour au domicile conjugal et le conjoint nippon est peut-être fripé du comportement fripon de celle que cependant il n’hésita pas il y a peu à poignarder dans le dos, toujours au nom de la morale d’ailleurs ; la morale a bon dos.

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