Ça ne serre à rien!

« Mangez bio ! »

A force de clamer sur tous les tons que manger des produits issus de l’agriculture biologique, c’était bon pour la santé, le message a fini par rentrer dans les têtes et les rayons bio des grandes surfaces n’arrêtent pas de s’allonger et de s’étoffer.

Evidemment une telle progression de la demande a nécessairement un effet sur l’offre qui, elle aussi, s’étoffe. Comme la grande distribution ne sait pas faire dans le détail, la production bio a changé de rythme. Il faut de la quantité et toute l’année, C’est le modèle de consommation que les grandes enseignes ont réussi à imposer : on peut trouver de tout en toute saison. L’agriculture conventionnelle s’était adaptée à cette nouvelle donne et à coup de fertilisants, de culture sous serre, de culture hors sol arrivait à produire tout au long de l’année des produits normalement saisonniers. Les lois de la nature étaient oubliées. Au passage, la qualité des produits obtenus a beaucoup pâti de cette distorsion ce qui, à force, devrait se remarquer.

En s’engouffrant dans ce nouveau marché, les « coopératives légumières » qui dominaient le marché des productions conventionnelles, y ont importé leurs mauvaises habitudes, exception faites des apports chimiques, puisque c’est ça qui, pour la plupart des gens, fait le « bio ». Il faut produire de plus en plus et de plus en plus longtemps dans l’année, pour amortir les lourds investissements : https://www.liberation.fr/L’agrobusiness referme ses serres sur les tomates biologiques/2019/05/28/

Du coup, l’agriculture biologique crie au dévoiement de la filière et au détournement des principes fondateurs et en appelle à l’opinion publique à travers une pétition visant à rappeler que le fondement de l’agriculture biologique, c’est le respect des cycles naturels. En effet, produire bio, ce n’est pas seulement produire des produits sains et authentiques (ayant le goût de ce qu’ils sont), c’est aussi produire en respectant la planète. C’est ce que ne comprendront jamais les exploitants en conventionnel ou les chefs de rayon de la grande distribution, parce que le cycle production-consommation ne se limite pas à des analyses de parts de marché, de coûts de production, de marge de distribution ou de répartition de la valeur mais qu’il s’inscrit dans un système beaucoup plus complexe où entrent en compte des paramètres que ni les coopératives, ni la grande distribution ne peuvent ni mesurer ni maîtriser car ils n’ont pas les outils pour cela.

C’est ce que dit cette pétition : http://www.fnab.org/De moins en moins consommées, des tonnes de tomates jetées dans la nature près de Rennesque je vous invite à signer en cliquant sur ce lien  pétition 

Cela dit, si vous n’êtes pas totalement convaincu, ni par l’article de Libération, ni par le commuique de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, jetez quand même un œil sur cet article : https://www.ouest-france.fr/De moins en moins consommées, des tonnes de tomates jetées dans la nature près de Rennes
Quel aveu de la part de ce dirigeant de la coopérative responsable de ce gâchis!Il ne s’agit pas d’une crise de surproduction, mais d’une crise de sous-consommation. Est-ce à dire que les consommateurs bretons ne sont pas si friands que cela des tomates en hiver ? Dites, ça remet sérieusement en cause le schéma productiviste défendu par les coopératives de Bretagne notamment. On ne va quand même manger des tomates sans goût et sans saison uniquement pour sauver des exploitants (quel vilain nom mais tellement juste!) qui se sont trompé dans leurs investissements grevant ainsi l’équilibre de leur exploitation.

Mais après tout, ils sont habitués : c’est cyclique, quand ce n’est pas la tomate, c’est l’artichaut, ou le chou-fleur, ou l’échalote ou la pomme de terre, que la production se fasse avec apports massifs de produits chimiques ou sans aucun apport autre que naturel. C’est la rançon d’une vision purement productiviste de l’économie où la performance quantitative est l’alpha et l’omega de l’activité.

Ce schéma n’ira plus bien loin maintenant, encore faut-il que leurs sales manies ne polluent pas un marché qui jusque là était resté sain. C’est pourquoi, afin d’éviter les distorsions de concurrence qui ne nuiront qu’aux plus vertueux, il est nécessaire que vous lisiez cette pétition  puis que vous la signiez et que vous la partagiez.

Cet article, publié dans développement durable, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.