Crise de la Finance ou crise d’un Empire ?

Douze ans après, de nouvelles Cassandre se font entendre pour nous annoncer la prochaine crise financière qui serait pire encore que la précédente. Accessoirement, en étant aussi alarmistes, ces différents économistes, professionnels ou d’occasion, rendent un hommage indirect à un de leurs glorieux anciens, qui prédisait que le système capitaliste irait de crise en crise, de plus en plus grave, jusqu’à l’ultime qui le mettrait bas. Je parle évidemment de Karl Marx.

Jusqu’à présent, les faits lui ont donné raison sur l’occurrence régulière des crises mais tort sur l’ultime crise qui n’est pas arrivée. Notons toutefois que la dernière que nous avons connu, celle de 2007-2008 aurait bien pu être la dernière si, massivement, les Etats n’avaient pas injecté des masses colossales d’argent, QU’ILS N’AVAIENT PAS.

Evidemment parmi ces économistes, il y en a qui rêvent d’avoir le destin de ces obscurs conjoncturistes qui en 2006 avaient la chance ou l’intuition de dire que le système financier allait se casser la gueule à cause de l’endettement privé américain.

Depuis 2009, le bouc émissaire a changé : le risque majeur est la dette d’État. Et pour cause, puisque ceci se sont saignés aux quatre veines pour éviter que les banques ne sombrent. Dès lors, un économiste, proche des milieux boursiers américains tirent le signal d’alarme : https://www.euractiv.fr/ Si nous ne faisons rien, nous aurons un tsunami financier avant 2020

Mais comme il le fait si bien remarquer, la crise peut se déclencher à cause d’un grain de sable et ce grain de sable pourrait être …. l’endettement privé des Américains et notamment des jeunes diplômés qui sont sensés devenir les cadres de la nation américaine.
Et c’est là que l’analyse commence à devenir intéressante. En effet, malgré ou grâce aux fameux critères de Maastricht, l’endettement public européen est plus ou moins contenu. En effet si j’en crois une dépêche d’agence, les déficits des pays de la zone euro aurait diminué en 2018 : « Recul du déficit public et de l’endettement en zone euro en 2018 (AOF) – Le ratio du déficit public par rapport au PIB a baissé dans la zone euro, passant de 1% en 2017 à 0,5% en 2018, ainsi que dans l’Union européenne, de 1% à 0,6%, a indiqué EuroStat »

Dans le même temps, le déficit public américain ne cesse d’augmenter. Il aurait ainsi cru en rythme de 77 % au cours du dernier semestre. Mais ce n’est pas tout, les Etats-Unis sont le seul ensemble économique a connaître un déficit commercial permanent et de plus en plus lourd. Cela fait que globalement les Etats-Unis sont débiteurs du monde entier puisque le solde de leurs avoirs et dettes vis-à-vis du reste du monde est négatif de près de 10.000 milliards de dollars, ce qui représente près de 50 % des richesses créées en une année dans le pays. C’est à ce genre de signe que, dans un monde soumis principalement aux règles économiques qu’on constate qu’un empire s’effondre : https://www.breizh-info.com/ L’Empire américain est-il sur le déclin ?

L’effondrement de tout empire ne se fait pas sans dégâts et ceux-ci sont d’autant plus grands que l’empire fut puissant.

Pas étonnant dans ces conditions que dans une étude sur le stress des populations https://www.ouest-france.fr/Quel est le pays où les habitants sont les plus stressés au monde ?, les Américains se retrouvent dans le peloton de tête, aux côtés des Grecs, ni même surtout que dans la tranche d’âge 15-30 ans, ils soient 20 points au-dessus de la moyenne. L’auteur de l’article sur le déclin de l’empire américain a raison de dire que celui-ci sera victime de son idéologie, car c’est son ultra-libéralisme qui fait des diplômés américains des endettés à vie et qui fait de la dette de ceux-ci l’épée de Damoclès qui pend au-dessus de nos têtes.

Tiens à propos de Damoclés, je ne peux pas terminer un article sur la dette sans avoir une petite pensée pour le peuple grec qui fut quand même la première victime, de l’incompétence de ses dirigeants, de l’avidité des banquiers américains et de l’intransigeance des financiers allemands. Je ne suis pas sûr que cette information les fasse sauter de joie « LE CHIFFRE DU JOUR : 4,3%. L’excédent budgétaire primaire de la Grèce en 2018. Il est supérieur de 0,8 point à l’objectif initial. »

Mais au moins les sacrifices qu’ils subissent depuis maintenant près de 10 ans auront fini par payer. Il est temps de leur foutre la paix. N’empêche qu’entre deux, ils auront perdu la maîtrise du port du Pirée racheté par les Chinois, et non pas par les Américains. C’est à ce genre de détail aussi qu’on se rend compte qu’un empire est en train de passer la main à un autre.

Pas sûr que ce soit mieux pour autant, ni pour les Grecs, ni d’ailleurs pour leurs voisins, dont les banquiers allemands.

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