Ethique et TIC

Il n’y a pas de mois sans que plusieurs des grands opérateurs sur Internet ne se signalent par des pratiques que la morale d’avant le numérique réprouve. Cela ne veut pas dire que les médias d’avant le numérique aient été totalement exempts de toute tare. Mais justement parce qu’ils connaissaient les défauts de certains d’entre eux, ils ont mis en place collectivement un corpus de règles de savoir-être qui peuvent être considéré comme un code d’éthique.

Rien de tel encore sur Internet et c’est donc souvent l’opinion publique qui force la main à certains d’entre eux et les oblige à modifier leurs pratiques. Parfois, ce sont les Etats qui s’en mêlent quand leurs intérêts vitaux (les impôts non perçus) sont en cause ou lorsque les intérêts de leurs ressortissants sont gravement lésés. C’est ainsi qu’après de longues négociations, une directive sur les droits d’auteur et les droits voisins a été adoptée au niveau communautaire afin d’éviter le pillage sans vergogne par certains médias des fruits de la création intellectuelle. C’est ainsi que, exaspéré par la frilosité des institutions européennes, le ministre français de l’économie vient de déposer sur le bureau de l’Assemblée Nationale, un projet de loi visant à mieux taxer l’activité de ces entreprises sur le territoire national.

Mais plus fondamentalement, commence à se dessiner un nouvel axe de développement du numérique, l’intelligence artificielle, dont je vous ai déjà brièvement entretenu. Nul ne sait ce qui en sortira et comme pour toutes ces innovations de rupture,  génie génétique, nanotechnologie dont on mesure mal les développements possibles, il devient urgent de mettre en place des outils de contrôle afin d’éviter que cela ne se transforme en cauchemar, façon Frankenstein ou Dr Folamour. Des comités d’éthique sont là aussi indispensables.

Mais au-delà des grandes déclarations, la crédibilité de ces grandes organisations se mesure à la façon dont concrètement, elles les mettent en œuvre.

Voici deux exemples pour illustrer deux démarches diamétralement opposées.

Le meilleur moyen de défendre la propriété intellectuelle des journalistes, des photographes ou des vidéastes qui fournissent une grande partie du contenu véhiculé par Internet est sûrement de mettre en place un moyen simple pour identifier rapidement l’auteur et donc lui ouvrir un compte alimenté dès que l’œuvre est utilisée (une forme de SACEM automatique en quelque sort). Le corollaire est évidemment de payer les supports qui les véhiculent. C’est pourquoi la démarche du moteur de ce moteur de recherche est intéressante https://www.euractiv.fr/«Droits voisins» : le moteur de recherche Qwant propose de rémunérer la presse française_c59e2fd7a9-9a8aa4641a-114988483Qwant s’est créé sur le postulat qu’on pouvait faire accéder un maximum de personnes à un maximum de contenu sans systématiquement les espionner. Cette démarche est donc dans la logique des choses.

De l’autre côté, Le principal moteur de recherche, dont les méthodes inquisitrices sont de plus en plus sur la sellette, sent qu’il doit diversifier son activité et l’un de ces axes de redéployement est d’utiliser ses savoir-faire dans la manipulation des algorithmes pour  contribuer à des programmes d’Intelligence artificielle. Avoir choisi le domaine militaire n’est pas du point de vue financier, un mauvais choix puisque depuis maintenant plus de 75 ans, le complexe militaro-industriel est certainement le plus puissant moteur de l’économie américaine. Par contre du point de vue moral, ça a un peu rué dans les brancards dans ses équipes de développeurs dont la philosophie, très californienne, ne considère pas la production d’armes comme une activité honnête.
Pour parer au plus pressé, dans ces cas-là, que fait-on ? On et en place un comité d’éthique. Mais on ne se refait pas et si votre morale est, disons « malléables », la composition de ce comité d’éthique le sera aussi. Hélas, ça se voit dans un monde où rien ne reste longtemps caché . Et voilà comment ça se termine : https://www.novethic.fr/ INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : UNE SEMAINE APRÈS AVOIR ÉTÉ CRÉÉ, LE COMITÉ ÉTHIQUE DE GOOGLE EST DÉJÀ HORS COURSE-147101.html

L’éthique dans les TIC, c’est une exigence, ce n’est pas du Toc.

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