L’association des femmes au nom de Vishnou

Il est à Trivandrum, une institution incontournable pour tous celles et ceux que les luttes féministes et pour l’émancipation des femmes concernent ; il s’agit d’une ONG au nom compliqué pour un Français moyen , Sreevaraham Vanitha Samithi (SVS). Traduit en bon Français, cela donne l’association des femmes au nom du Seigneur Varaha, Varaha étant un des nombreux avatars du dieu hindou Vishnou.

Cette ONG doit son nom, non à une affiliation religieuse mais à la proximité d’un temple hindou dédié à ce dieu dont la particularité est d’avoir mené un combat de 1.000 ans pour sauver la planète Terre, tout un symbole en somme.

Cette association de bienfaisance a été créée en 1913 par des femmes de la haute société kéralaise mais n’acquit son véritable statut d’association qu’en 1957. Grâce à de puissants soutiens politiques au début, l’association a obtenu un bail emphytéotique de l’Etat sur une très grande parcelle sur laquelle fut bâti progressivement l’établissement actuel. Ce fut d’abord une clinique en 1957 puis des classes pré-scolaires et un centre de formation artisanale. L’école fut construite en 1961 ainsi que le théatre des enfants, inauguré le 28 février 1969, il y a tout juste 50 ans
Sont venus se greffer sur ces activités des services sociaux de proximité, une bibliothèque scolaire à laquelle est jumelée une bibliothèque ambulante à destination principalement des personnes âgées confinées chez elles.




Une vue de la façade du SVS/ crédit photo : Dominique Guizien

Les activités de SVS aujourd’hui

Un centre de formation et de production artisanale

Tout au long de l’année, des femmes issues des quartiers pauvres avoisinants (30 femmes par promotion) viennent s’initier à des techniques artisanales de production, dans le but d’en faire leur gagne-pain. Les formations vont de 2-3 jours à 3-6 mois. Le cycle normal de progression pour ces femmes est stagiaire puis salariée rémunérée et pour les plus douées d’entre elles entrepreneures voire formatrice, dans un processus d’émancipation progressif. Les productions artisanales sont très variées : reliure de livres, peinture sur tissu, peinture murale, peinture sur verre, embossage métallique, fabrication de savons, détergents et lotions fabrication de décorations pour Noël et les mariages, fabrication de bougies, de jouets en tissu, fabrication de cuiseur thermique, fabrication de sacs et filets à provision, de bijoux et d’articles en perles. Elles apprennent également la cuisine et la nutrition. De fait, plusieurs femmes ont créée leur propre activité de traiteurs à partir de chez elles, pour des petits et grands événements du quartier.

Une partie de la production de bijoux

Travaux de perles

Peinture sur tissu

Ouvrage en papier plié


Un ornement de trompe d’éléphant en métal embossé

Une partie des stagiaires

La formatrice principale (à gauche), ancienne stagiaire, à côté d’une de ses stagiaires, future formatrice.

Un groupe scolaire privé

Dans ces locaux, les enfants sont scolarisés de l’âge de 4 ans jusqu’à l’âge de 10-11 ans, avec une moyenne de 25 enfants (garçons et filles) par classe. Pour compléter cet équipement scolaire, il y a également une crèche qui accueille les plus petits à partir de 2-3 ans. La fierté de SVS est sa bibliothèque mais au fil du temps son fonds documentaire s’est étiolé et SVS aurait besoin d’un coup de pouce pour remettre à niveau son offre de livres.

Un centre social de quartier

En outre, SVS poursuit ses activités dans le domaine de la santé, de la culture et de l’ouverture des consciences à travers un programme de séminaires et de conférences visant à l’émancipation des femmes. On y traite de Santé, de violences faites aux femmes, de gestion des déchets, de préservation de l’eau, de maitrise de l’énergie, d’utilisation d’appareils à énergie solaire, de conservation des aliments mais aussi de cuisine. Des « camp de santé » sont organisés pour les femmes et leurs enfants mais sont aussi ouverts à tous publics, des séances de massage Ayurveda , d’apprentissage des soins infirmiers à domicile, des cours d’éducation à la vie pour les jeunes filles, sur l’importance des valeurs humaines, l’éducation et le développement personnel complètent cette offre sociale.

Un théâtre

Le théâtre des enfants a 50 ans d’existence et a connu de grandes heures avec le passage de grande vedettes de la chanson indienne. Ce fut également un équipement de quartier apprécié notamment pour l’organisation de fêtes familiales et de mariages. Mais les années passant, cet équipement exceptionnel s’est beaucoup détérioré, faute de financements disponibles pour effectuer l’entretien courant. Reste donc une magnifique salle de théâtre de 600 places qui aurait bien besoin d’un coup de pouce financier pour jouer de nouveau son rôle d’équipement culturel de quartier.

Pour en savoir plus sur SVS :
sreevaraham vanitha saminthi
https://www.freeofme.com/groups/view/36149/sreevaraham-vanitha-samithi

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