La planète n’est pas transportée de joie

Il faut limiter nos émissions de gaz à effet de serre si nous voulons que notre planète reste vivable, nous serine-t-on à longueur de temps. Pour cela, il faut agir par les deux bouts, réduire les effets liés à l’offre énergétique et réduire dans un même temps la demande. En matière d’émission de gaz à effet de serre (EGES) quel est le secteur le plus émetteur ? C’est sans conteste le secteur des transports qui en France représente entre 37% et40% du total. Dans cette part, le transport routier se taille la part du lion avec 95% du total[1] dont 57%pour les voitures particulières et 43% pour les utilitaires[2].

C’est pourquoi l’annonce suivante a de quoi nous réjouir a priori : https://www.ouest-france.fr/ L’Union européenne veut réduire de 37,5 % les émissions des voitures d’ici 2030  Il paraît qu’une annonce du même type est prévue dans les prochains mois pour le transport routier de marchandise. A cet égard, la lecture de l’articlesuivant  devrait inspirer les instanceseuropéennes : https://www.ouest-france.fr/ Reportage. Des autoroutes ferroviaires pour les camions

Mais encore une fois, il ne s’agit que d’annonce. En effet, si on y regarde de plus près qu’en est-il réellement ? 

Premièrement, je noterai qu’on nous annonçait une décision sur les voitures en 2017 et sur le fret routier en début 2018. Certes je sais que les décisions européennes sont longues à faire mûrir mais là, quand même, il y a urgence.

Tiens à propos d’urgence, il se trouve que j’ai eu entre les mains, l’esquisse du premier projet d’autoroute ferroviaire, entre Luxembourg et la Catalogne courant 1999. La ligne n’a démarré qu’en 2008 et 10 ans après,voilà où on est est : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/ Les autoroutesferroviaires

En deuxième lieu, je noterai que rien dans cette annonce ne dit comment on compte y arriver. Or 2030, c’est demain et l’étape intermédiaire de 2023 qui prévoit une première réduction de 20%, c’est quasiment tout de suite. Il serait bon d’y réfléchir urgemment. Il serait d’autant plus nécessaire d’y réfléchir vite que toutes ces mesures vont avoir un impact social immense. En premier, cela va naturellement impacter fortement l’emploi dans l’automobile car qui dit réduction des EGES, dit inévitablement, à la fois, des véhicules moins émetteurs, donc de la R&D qui n’a pas encore abouti mais aussi moins de déplacements, donc un moindre usage des voitures avec comme conséquence à terme plus ou moins rapproché, une réduction des achats de voitures. La seconde conséquence concerne les utilisateurs de ces voitures. Ce n’est majoritairementpas pour leur loisir que ceux-ci s’en servent mais en général pour leurs activités quotidiennes : aller à leur travail, faire les courses et autres  contraintes domestiques du même genre. Et ce qui fut l’élément déclencheur du mouvement des gilets jaunes en France montre bien que les plus dépendants à la voiture sont ceux qui ont le moins de solutions alternatives. Dans ces conditions, sauf à utiliser des méthodes coercitives qui se retourneraient violemment contre leurs auteurs, il y aura urgence à mettre en place ces solutions alternatives, soit en rapprochant les lieux d’activité et de domicile, soit en développant des réponses publiques à ce besoin de transport quotidien. Cela suppose naturellement une vision large et holistique du problème d’aménagement duterritoire que cela impose, une volonté politique sans faille et sans discontinuité et la capacité à dégager les moyens énormes nécessaires à cette transition (une de plus me direz-vous, mais c’est toujours la même).

Les pistes de réflexion sont connues et défrichées depuis longtemps. Elles s’appellent :
– politique de localisation des activités, des zones de peuplement et lutte contre le mitage territorial
– politique d’organisation des mobilités mêlant transport en commun modulaire, maintien des réseaux ferrés secondaires, développement du covoiturage, développement des déplacements « doux »
– politique d’incitation à la relocalisation des activités productives qui évitent qu’une matière première locale fasse l’équivalent du tour de la Terre pour revenir en produit ultra-élaboré dans nos assiettes
– politique de revitalisation des réseaux internationaux de fret ferroviaire, puisque paraît-il l’Europe ferroviaire existe maintenant
J’en oublie certainement mais tout cela se trouve déjà sur la table. Il faut que les « responsables »  politiques s’en saisissent. Incidemment, pour les aider à le faire, je leur indiquerai que toutes ces pistes sont sources de créations d’emplois et/ou d’amélioration du pouvoir d’achat REEL de ceux que ces mesures toucheraient. Double bénéfice politique que même leur vision à courte vue devrait pouvoir comprendre.


[1] C’est pourquoi ceux qui veulent nous culpabiliser avec le bilan carbone des vols avion se trompent de combat. Il faut tailler dans les grandes masses avant d’épiler dans les petits chevelus

[2] https://www.actu-environnement.com/ Le trafic routier responsable de la majorité des émissions de CO2 du secteur des transports

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