Transitions : Mettre les actes en accord avec les mots

Depuis le sommet du Cap et le discours du Président Chirac sur « la maison qui brûle », tous nos présidents successifs ont, peu ou prou, affiché une volonté sans faille de lutter contre les dérèglements climatiques et leurs effets, et plus généralement contre la crise écologique majeure qui nous attend dans les décennies à venir. Sarkozy a eu son Grenelle de l’Environnement, Hollande sa COP 21 et l’Accord de Paris. Macron ne veut pas être en reste et entre autres annonces tonitruantes dustyle « Make our planet great again », il y a celle-cihttps://www.euractiv.fr/Macronveut désintoxiquer la France des énergies fossiles On peut raisonnablement se poser la question du pourquoi de cette injonction catégorique et du comment la mettre en œuvre.
Sur le pourquoi, la réponse est ambivalente : il y a toujours la question de la balance des paiements, qui, depuis 1973, la première crise pétrolière et la chasse au gaspi qui s’ensuivit, pâtit lourdement de ces importations massives d’hydrocarbures ET de charbon. Il y a aussi cette motivation beaucoup plus vertueuse de limiter les émissions de gaz dits «à effet de serre» et au premier desquels figurent le CO² mais aussi le méthane.
Quant à la question du comment, la réponse elle, est non pas ambivalente mais carrément ambigüe. En effet dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) pour les 5 prochaines années, l’exécutif n’a pas réellement tranché puisque la réduction de la part du nucléaire est reportée aux calendes grecques alors que la montée en puissance des énergies renouvelables n’est pas véritablement accélérée et qu’on reste sur la tendance actuelle.
Cet attachement au nucléaire peut se comprendre compte tenu de la culture industrielle de notre pays et de notre forte dépendance à cette source d’énergie, mais alors il faudra qu’on m’explique ce que le président entend par énergies fossiles, car il est indéniable que le combustible qui sert à alimenter ces centrales vient du sous-sol et que ce sous-sol n’est pas le notre et qu’il faut bien importer l’uranium. Voilà un petit point de cohérence àvérifier.

Pour ce qui est du développement des énergies renouvelables, j’y reviendrai dans un instant mais entre deux je voudrai vous faire part de cette information ://www.euractiv.fr/Après3 ans de stagnation, les émissions de CO2 repartent à la hausse Ainsi, il semblerait que les bons résultats en matière de maîtrise des émissions de CO² étaient plus dus à la médiocre performance économique depuis 2011/2012 et que les engagements pris lors de la COP 21 en 2015 tardent à produire leurs effets, c’est le moins qu’on puisse dire.
De fait l’explication est simple :https://www.euractiv.fr/LaFrance toujours radine avec le climat et encore, on arrive à ce résultat parce que les ménages ont compris leur intérêt et font l’effort maximal pour réduire leur consommation, ce qui est, en soi, la meilleure solution puisque la seule énergie vraiment propre est celle qu’on ne consomme pas. Les autres acteurs n’ont qu’à leur emboîter le pas, mais cela ne suffira pas et il faudra bien investir massivement dans les nouvelles sources d’énergie mises à notre disposition par la nature, sans en négliger aucune.
C’est pourquoi il est incompréhensible que les gouvernements successifs de la France ne se soient pas engouffré dans cette voie, ô combien prometteuse, des énergies marines. En effet, si on ne prend que la France métropolitaine, elle dispose de la plus grande façade maritime, avec des régimes de vents très réguliers, elle bénéficie aussi des raz, comme le Raz Blanchard, ou le raz de Sein, où l’énergie hydrolienne pourrait être développée avec profit, sans parler des opportunités offertes par l’énergie des marées (le barrage de laRance est restée hélas une expérience sans lendemain). Il a fallu hélas déchanté dans le PPE : https://energiesdelamer.eu/Lesénergies marines grandes perdantes de la PPE, mais peuvent êtresauvées

Le titre et le contenu de cet article laisse cependant un petit espoir de renverser la tendance pour peu que la volonté politique soit là.Mais il ne suffira pas que d’une volonté politique forte ; il faudrait encore s’en donner les moyens. En effet, pourquoi n’arriverions pas à faire, en mieux, ce que les Britanniques (qui possèdent une belle façade maritime aussi) et les Allemands (qui nepossèdent pas un tel atout) ont déjà réalisé ? A cet égard,il convient de méditer les palinodies qui ont accompagné lamise en œuvre du premier appel à projet sur l’éolien en mer

Voilàune opération qui fut lancé en 2011  
juillet2011 L’appel d’offres éolien offshore est enfin lancé !
https://www.actu-environnement.com/ae/news/lancement-appel-offre-eolien-offshore-13017.php4

Or, ce n’est qu’en fin novembre que les offres déposées ont été définitivement acceptées

Décision du 15 novembre 2018 relative au projet de parc éolien en mer de la société Ailes Marines
Décision du 15 novembre 2018 relative au projet de parc éolien en mer de la société Eoliennes Offshore du Calvados
Décision du 15 novembre 2018 relative au projet de parc éolien en mer de la société Eoliennes en Mer Dieppe Le Tréport
Décision du 15 novembre 2018 relative au projet de parc éolien en mer de la société Eoliennes Offshore du Parc du Banc de Guérande
Décision du 15 novembre 2018 relative au projet de parc éolien en mer de la société Eoliennes Offshore des Hautes Falaises
Décision du 15 novembre 2018 relative au projet de parc éolien en mer de la société Eoliennes en Mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier

7 ans et demi pour arriver à cela!

On peut penser que notre bureaucratie a encore frappée ou que les râleries des petits villages gaulois qui ne veulent pas voir leurs paysages marins (???) défigurés ont ralenti une procédure déjà longue. Il y a sûrement de cela mais pas uniquement.

En effet, la cause essentielle tient à l’attitude des pétitionnaires qui y ont vu là une belle aubaine de capter une petite rente via l’aide de l’État. Or pour une fois, l’administration a résisté car manifestement les consortiums qui sont derrière ces 6 projets s’étaient montrés trop gourmands. La négociations pour leur tordre le bras a donc été longue mais cela valait le coup :https://www.actu-environnement.comEolienoffshore : les six parcs se feront, 40% moins chers Encore un petit effort et en pariant sur le long terme, toutes ces filières se révéleront finalement tout aussi compétitives que d’autres filières qui il y a 5 à 10 ans n’étaient elles non plus pas compétitives

Comme nos présidents successifs, tous les dirigeants des grandes entreprises françaises, dont les entreprises productrices d’énergie, font assaut de déclarations d’amour pour la planète. Parmieux, il y a certainement ceux qui ont déposé ces projets de fermes éoliennes en mer. Si déjà, les uns et les autres mettaient en accord leurs propos et leurs actes, une partie du problème serait résolue.

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