l’avenir de la démocratie : les civilisations sont-elles mortelles?

Alors que viennent de commencer les commémorations du centenaire de la fin du premier conflit mondial, le Président de la République s’est fendu d’une de ses déclarations à l’emporte-pièce qui provoque immanquablement la polémique https://www.ouest-france.fr/Emmanuel Macron : « Le moment que nous vivons ressemble à l’entre-deux-guerres »

Aussitôt, les commentateurs de tous poils, les historiens de toutes obédiences y sont allés de leurs petites analyses, soit pour confirmer que l’Histoire bégaie, soit au contraire pour affirmer que décidément comparaison n’est pas raison

Mais au fait que s’est-il passé dans cet entre-deux-guerres qui va officiellement du 11 novembre 1918, fin du premier conflit, marqué par un armistice, au 1° septembre 1939, date de l’invasion de la Pologne par les troupes nazies ?

Ces deux décennies ne furent pas une période d’une grande tranquillité puisque cela commence par une série de coups d’État, réussis ou avortés, à Berlin, à Munich, dans les Balkans et en Pologne.

L’entre-deux-guerres et les régimes autoritaires

Le Traité de Versailles est à peine signé, marquant la fin des grands empires , l’Autriche-Hongrie et la Prusse, la Turquie, que déjà dans ces dépouilles d’empires apparaissent des régimes autoritaires dont l’émergence est certes facilitée autant par l’état de déliquescence de l’appareil d’État que par l’absence de tradition démocratique. La première à franchir le pas fut la Hongrie avec la prise du pouvoir par l’Amiral Horty en mars 1920 https://fr.wikipedia.org/wiki/Miklos_Horthy

Un peu plus au Nord les tendances démocratiques du maréchal Pilsudski à travers la II° République de Pologne https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxième_République_(Pologne)II° tournèrent court dès lors que ledit Maréchal eût estimé que son alliance de circonstance avec les socialistes n’avait plus lieu d’être et ce fut son coup d’État de 1925 https://fr.wikipedia.org/wiki/Jozef_Pilsudski

Par contre la Roumanie resta longtemps un pays « fréquentable », peut-être parce qu’elle était une monarchie et que le roi Carol était un constitutionnaliste, du moins jusqu’à ce que la situation économique interne mais surtout les tensions à ses frontières de l’Est ne l’amène à transformer son royaume en dictature, à la veille de la seconde guerre mondiale https://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_de_Roumanie

Pendant ce temps-là, l’Europe du Sud bougeait aussi beaucoup. Cela commença par l’aventure fasciste en Italie et il n’est pas tout à fait innocent de noter que son instigateur puis dirigeant suprême, Benito Mussolini, fut, avant de basculer dans son aventure, un dirigeant du Parti Socialiste Italien. Mais il y eut la fâcherie et cette longue fuite en avant qui aboutit à la marche sur Rome de 1922 et l’instauration du premier régime ouvertement fasciste https://fr.wikipedia.org/wiki/Benito_Mussolini

Peu après, les militaires, à l’occasion d’un coup d’État mettent fin à une expérience démocratique timide au Portugal, emmenant dans leur bagage un économiste qui se révéla être un dictateur à poigne, Antonio Salazar, qui prend définitivement les rênes en 1932https://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_de_Oliveira_Salazar . Il les conservera 38 ans, soit à peine moins longtemps que son voisin Francisco Franco https://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Franco , qui, à l’occasion d’un coup d’État et à la suite d’une guerre civile d’une rare sauvagerie https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d’Espagne dirigera d’une main de fer et avec une égale sauvagerie, l’Espagne pendant 39 ans

Les errements de la démocratie ailleurs

Mais ailleurs me direz-vous, que se passe-t-il ?

Commençons par les vainqueurs de la première guerre mondiale, les Britanniques et les Français. L’empire britannique va encore bien même si certains mouvements apparaissent dans les joyaux de l’Empire comme en Inde. Et surtout, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande a dû subir l’ablation de la République d’Irlande. Mais les institutions semblent tenir bon d’autant que la monarchie, qui fut un temps tentée, en la personne de l’éphémère Édouard VIII, par un flirt avec l’Allemagne nazie, eut la bonne idée de se débarrasser de cet encombrant roi sous prétexte de mariage scandaleux.

En France, la III° République va son train cahin-caha puis de plus en plus chaotique, au fur et à mesure que des scandales financiers viennent éclabousser les milieux proches du pouvoir. En février 1934, les ligues d’extrême-droite furent même à deux doigts de réussir leur mouvement subversif, ouvrant alors peut-être la voie à une aventure aussi dangereuse que ce qui se passait alors en Italie ou qui venait de commencer en Allemagne https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_du_6_février_1934 Mais comme en France, rien ne se passe comme ailleurs, par un brutal retour du balancier , ce fut deux après, la merveilleuse parenthèse du Front Populaire https://fr.wikipedia.org/wiki/Front_populaire_(France)

Je dis bien parenthèse car rapidement, l’affaire tourna court. En effet, il n’était pas naturel, ni évident que, depuis le congrès de Tours et ses conséquences https://fr.wikipedia.org/wiki/Congrès_de_Tours_(SFIO), communistes et socialistes puissent longtemps travailler ensemble, les premiers considérant les seconds comme leur principal ennemi, ce qui au regard de l’Histoire se révéla une tragique erreur, moins tragique toutefois que ce qui se passa de l’autre côté du Rhin.

En effet, si on regarde ce qui se passa dans le même temps dans ce qui restait de la Grande Allemagne, les choses n’allèrent pas forcément plus tranquillement. Le régime issu de la destitution du dernier empereur d’Allemagne était mal né et de ce fait, vécut mal pendant les 15 ans de son existence du 9 Novembre 1918 (ou 31 juillet 1919, si on prend la date de promulgation de la Constitution) au 30 janvier 1933 et l’arrivée de Hitler à la chancellerie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_de_Weimar

Tout le monde garde en tête l’image de cette République Weimar incapable où on versait les salaires avec une brouette tellement la monnaie avait perdu de valeur. La vérité est que ce ne fut qu’une période brève de cette République mais qui traumatisa à vie les Allemands. Il convient d’ailleurs de noter qu’à cette occasion, l’intransigeance, voir l’arrogance des vainqueurs joua beaucoup dans l’effondrement monétaire de la jeune République. Mais la République de Weimar fut surtout marqué par l’instabilité gouvernementale et notamment par la lutte extrêmement violente que le parti Communiste d’Allemagne mena contre la social-démocratie https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_d%27Allemagne

Ainsi, le Komintern, dirigé depuis Moscou par Staline avait choisi , en Allemagne, comme en France, de laminer la gauche parlementaire, quitte à faire le jeu des conservateurs, de la droite dure voire de l’extrême-droite. Cette stratégie ne devait pas réussir au Pari Communiste allemand puisqu’il fut la première victime du nouveau pouvoir nazi qui profita de l’incendie du Reichtag pour en accuser les communistes qui remplirent ainsi les premiers camps de concentration.

La situation économique

Il convient également de noter que l’entre-deux-guerres fut surtout marquer par la crise économique mondiale qui avait éclaté aux États-Unis à l’automne 1929 et se répandit dans le reste du monde, c’est à dire essentiellement en Europe à partir de 1930 sous l’effet de mesures protectionnistes prises par le gouvernement américain pour sauver ce qui pouvait encore l’être. La montée du chômage à des niveaux depuis longtemps inconnus et l’incapacité récurrentes des gouvernements d’y remédier ramènent à l’état de misère des millions de personnes qui en étaient un peu sorti grâce à la bonne santé de l’économie d’avant 1914.

Voilà donc en gros ce qui se passa entre les deux guerres. Peut-on dire, dès lors que la situation actuelle en Europe ressemble à ce qui se passait dans l’entre-deux-guerres ?

Il y a bien sûr des similitudes, notamment géographiques, dans l’émergence de gouvernements dont les préoccupations principales sont l’affirmation d’une identité nationale, l’instauration d’un régime d’ordre et le retour à des valeurs très conservatrices. Il y en a d’autres, plus localisées, comme la volonté affirmée par les extrêmes gauches de laminer la gauche social-démocrate (social-libérale dit-on aussi).

Mais pour autant, la situation n’est pas la même puisque le continent européen s’est doté d’instruments qui devraient lui permettre de contenir ces excès. Le Traité de l’Union est l’un d’entre eux et il ne tient qu’à ceux qui dirigent l’Union d’en imposer l’application, notamment lorsque le principes fondateurs sont bafoués.

Il y a ensuite le fait que les traditions démocratiques sont plus profondément ancrées dans la plupart des pays.

En effet, en 1925, la III° République n’a que 55 ans.

En 1922, l’Italie est une monarchie constitutionnelle depuis 61 ans et c’est alors sa première expérience de vie démocratique.

En Allemagne, la monarchie constitutionnelle est à peu près aussi ancienne que la III° République.

La Belgique est un monarchie constitutionnelle depuis 1948.

La situation aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves est assez similaire

Aujourd’hui, cela fait 73 ans que ces pays vivent sous un régime démocratique sans crise de régime importante et en paix.

Ailleurs en Europe, les situations sont parfois plus contrastées : ce qu’on appelait les PECO (pays d’Europe Centrale et Orientale) n’ont connu que de brèves périodes de démocratie avant de passer pour 4 décennies sous le régime des démocraties populaires qui n’étaient ni démocratiques, ni populaires.

La Grèce, berceau de la démocratie pourtant , a connu un épisode dictatorial sinistre avec ce qu’on appela le régime des colonels entre 1967 et 1974.

Depuis la révolution des œillets d’avril 1974, le Portugal a montré une réelle aptitude à la démocratie. De même en Espagne, après une période de transition, un peu agitée, la démocratie s’est peu affirmée, grâce notamment à l’attitude très positive du Roi Juan-Carlos.

Ainsi seuls la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Tchéquie, la Slovaquie et les trois États baltes qui durent passer par une phase de décommunisation entre 1989 et 1998 peuvent être considérés comme des démocraties fragiles.

Du point de vue économique, la crise des subprimes a provoqué un trou d’air important fragilisant la plupart des économies européennes. Mais par rapport à la Grande Dépression de 1929, il y a quand même quelques différences majeures.

La première est la situation économique mondiale. En premier lieu, si les États-Unis sont toujours la première puissance économique du monde, ils sont talonnés par la Chine qui ne devrait pas tarder à s’imposer comme le leader mondial. En deuxième lieu, les États européens constituent un ensemble économique mieux coordonnés, notamment pour les pays appartenant à la zone Euro. En troisième lieu, il convient également de tenir compte de l’émergence de nouvelles puissances économiques secondaires, qui sont autant de partenaires commerciaux alternatifs.

Une deuxième différence, et ce n’est pas la moindre, entre cette époque et la notre, concerne les mouvements de populations. l’Europe avait été pendant depuis plus de cinquante ans, une terre d’émigration, qui par vagues successives, irlandaise, scandinave, allemande, italienne, polonaise et russe, assurèrent l’expansion des États-Unis Les difficultés économiques de l’entre-deux-guerres réactivèrent ces flux, sans que le pays d’accueil n’en porte ombrage apparemment, parce qu’il savait pouvoir en profiter. Aujourd’hui, les choses ont fondamentalement changé : les États-Unis ferment leurs frontières aux nouveau immigrants, venus du Sud, oubliant ainsi qu’ils ne sont eux-mêmes qu’un peuple d’immigrants ou d’enfants d’immigrants. Les pays d’Europe ont du mal à s’entendre sur l’attitude à tenir vis-à-vis des migrants arrivant du Sud et de l’Est, certains souhaitent fermer les frontières à ces nouveaux flux et souvent ce sont des pays qui fournirent les gros contingents d’émigrants Outre-Atlantique dans l’entre-deux-guerres. Si ce refus était purement économique, il serait facile de démontrer que ce refus est une erreur, tant l’apport économique des migrations est évident en termes de développement de l’activité. Mais cette aversion à toute nouvelle immigration a des racines plus profondes qui touchent à l’identité de ces peuples. Bien que devenu largement athées, ces peuples revendiquent les fondements religieux de leur culture pour justifier leur répulsion vis-à-vis de groupes de population dont les références culturelles ne sont pas les mêmes. En fait, une partie de ces peuples ont perdu confiance dans la force de leurs valeurs culturelles ce qui explique en grande partie ce repli qu’ils disent identitaires, pour ne pas avouer qu’ils ont en fait perdu leur identité nationale et qu’ils ne reconnaissent pas encore l’Europe comme point de repère à une nouvelle identité plus large.

Quelles leçons peut-on en tirer ?

Bien que les causes en soient différentes, la situation actuelle de l’Europe a ceci de commun avec la situation de l’entre-deux-guerres et plus particulièrement la période allant de 1932 à 1937, que des peuples déboussolés, les uns, hier, par la montée de la misère, les autres, aujourd’hui, par la peur de retomber dans la misère et une perte de repères culturels sont prêts à se jeter, si ce n’est déjà fait, dans les bras du premier tribun venu qui leur promettra à la fois une certaine aisance économique et la garantie que ces valeurs identitaires, un peu falsifiées pour l’occasion, seront préservées.

Cela est évitable comme il était évitable qu’arrivent au pouvoir successivement Horty en Hongrie, Mussolini en Italie, Pilsdusky en Pologne, Salazar au Portugal, Hitler en Allemagne et Franco en Espagne. En effet, les causes étant essentiellement économique, Keynes avait démontré que les mécanismes de relance budgétaire hardis pouvaient enrayer la spirale de la décroissance. De fait, cela a marché, puisque Roosevelt parvint avec le New Deal à remettre l’économie américaine en route. Malgré les tendances de fond d’une partie de l’Amérique blanche, les États-Unis ne basculèrent pas dans la dictature. Faute d’avoir eu l’audace de le faire, l’Europe s’enlisa rapidement et ne put jamais remonter tout à fait la pente.

En outre, quand il devint patent que les mouvements factieux pouvaient être une menace pour la démocraties, on ne peut que regretter que les forces politiques, attachées à ces valeurs qui fondent nos démocraties n’aient pas crû bon de faire front et que la destruction des mouvements les plus proches idéologiquement ait primée sur l’opposition à ceux qui leur étaient le plus éloignés

Aujourd’hui encore, l’avènement de régimes autoritaires en Europe est évitable. En premier lieu, il convient de tirer les conclusions de l’arrivée au pouvoir de ces dictateurs. Si certains y arrivèrent grâce à un coup d’Etat, il convient de rappeler que le pire d’entre eux devint chancelier suite à des élections parfaitement régulières. L’histoire récente montre que cela est en train de se reproduire. Dans tous les pays, dont la dérive dictatoriale est avérée, l’arrivée de ces nouveaux tyrans s’est faite par la voie des urnes, dans le cadre d’élections largement ouvertes et que les penchants autoritaires ne sont devenus évident qu’après qu’une réélection ait donné à ces régimes l’onction d’une légitimité démocratique même si pour y parvenir, ils avaient déjà commencé à tordre les règles du jeu. Cela doit rendre vigilants les peuples qui croient à la réversibilité d’une élection-sanction : une fois le pouvoir conquis, il est dans la logique de ces mouvements autoritaires de tout mettre en œuvre pour le conserver ; alternance est un mot banni de leur vocabulaire.

En deuxième lieu, l’Union Européenne existe et s’est fixé des règles dont l’adhésion à quelques principes démocratiques et le respect de celles-ci est une condition sine qua non de l’appartenance à cette communauté. Brandir la menace d’une exclusion des bénéfices, que cette appartenance induit, ne suffit pas : il ne faut pas hésiter à la mettre à exécution quitte à provoquer une crise diplomatique. Cet réponse institutionnelle est de nature à calmer les ardeurs et à rappeler à certains peuples que l’Europe est plus une chance qu’une contrainte : on ne regrette jamais autant une chose que quand on ne l’a plus.

En troisième lieu, il convient que les Etats-Membres qui ont le plus de capacités en Europe prennent leurs responsabilités en matière de transition vers la démocratie ET le développement économique des pays qui, de ce point de vue, ont parfois un peu de retard. Cela veut dire à la fois plus de générosité mais aussi plus de rigueur. Or ni l’une ni l’autre ne semblent au rendez-vous ; il n’y a pour l’instant que facilités diplomatiques et gabegies. Tirez-en les conclusions que vous voulez sur la responsabilité des uns et des autres lors des Sommets européens.

En quatrième lieu, il convient de mieux affirmer l’identité européenne, afin de mieux contrer ces discours identitaires qui expriment plus le refus de l’autre que l’acception de soi et de l’héritage qu’on porte. A cet égard, les débats sur les racines culturelles de l’Europe sont à la fois vains et trop étroits. En effet, ce qui caractérise l’Europe, entre autre, c’est qu’elle a été le réceptacle de multiples influences et les sources de la culture européenne sont autant grecques que chrétiennes, autant romaines que celtes, autant scandinaves que slaves avec des apports judéo-musulmans indéniables. C’est donc cet héritage bigarré qu’il convient d’assumer en pleine conscience. La culture européenne, c’est aussi ce formidable courant de pensée qui de la Grèce du siècle de Périclès au Siècle des Lumières en passant par le Moyen-Age monastique , la Renaissance et la Réforme fit avancer l’émancipation de l’être humain et la défense des droits de la personne qui se retrouve dans le préambule du Traité de l’Union.

Mais cela n’aurait aucun sens si l’Union n’était que ce gigantesque marché où seuls circulent librement les marchandises,les capitaux et les hommes pour autant qu’ils sont des producteurs et des consommateurs.

Et encore, si ce n’était que cela, il faudrait que toutes les parties de l’Union soient sur un pied d’égalité. Vous aurez bien compris que je vise là l’absence d’une véritable Europe sociale, où le travailleurs roumain a les mêmes droits que le travailleurs luxembourgeois, où l’entreprise portugaise est soumise au même régime fiscal et social que l’entreprise lusitanienne, mais aussi l’absence d’une véritable politique économique et fiscale commune.

Mais comme on n’est pas patriote d’un marché, il faut que en outre que le Roumain ou le Slovène ait l’impression d’appartenir à la même communauté que l’Italien ou le Maltais. Une Nation , puisque c’est de cela qu’il s’agit ne se construit pas en un jour, et a besoin pour émerger d’éléments symboliques fédérateurs. Un drapeau, un hymne, ce n’est pas suffisant et parfois ce n’est même pas utile mais des temps forts, des lieux de mémoire sont autant de pierres qui contribueront à édifier la « maison commune » comme l’appelle Jacques Delors.

En conclusion

Je ne sais pas si c’est à tout cela que pensait le Président Macron quand il a affirmé que « les moments que nous vivons ressemblent à l’entre-deux guerres » mais une chose est sûre, c’est que les peuples d’Europe et leurs dirigeants devraient avoir en mémoire ce qui s’est passé pendant ces 20 années terribles entre deux conflits épouvantables, le chemin qui a été parcouru depuis la fin du dernier, mais aussi tout le chemin qui reste à parcourir afin que ce que nos parents n’ont pas su éviter, il y a près d’un siècle, ne redevienne pas inévitable. N’oublions pas que ces erreurs ont failli amené la civilisation dont nous sommes les héritiers à sa ruine. Une nouvelle épreuve de ce style l’achèverait. Comme l’écrivait Paul Valéry au lendemain de la Première Guerre Mondiale  « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. ».

Et le plus souvent les civilisations meurent de ne pas s’être souvenu de ce qu’elles étaient et d’où elles étaient issues, ni d’avoir eu l’intelligence de comprendre que leur survie venait de leur capacité à s’adapter et à corriger au fur et à mesure les erreurs dont les effets faillirent leur être fatals.

Cet article, publié dans démocratie, je dis ton nom, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.