Quand le sage montre l’état de la nature avec un arbre, le sot ne parle que de l’arbre (vieux proverbe chinois)

Les forêts brûlent un peu partout dans le monde et notamment dans l’hémisphère Nord en cette période estivale. Ce n’est pas nouveau mais ce qui l’est, par contre, c’est l’ampleur de ces déforestations sauvages et non désirées.
La chaleur et la sécheresse persistantes y sont certainement pour beaucoup. Là aussi, ce n’est pas nouveau mais ce qui l’est , en revanche, c’est l’ampleur et la durée de cette chaleur et de cette sécheresse.

Cela donne dans un des Etats américains qui a, parmi les premiers, pris conscience du changement climatique, une catastrophe écologique elle aussi d’ampleur exceptionnelle visible depuis l’espace même semble-t-il

https://www.novethic.fr L’INCROYABLE PHOTO DE LA NASA QUI MONTRE L’AMPLEUR DES INCENDIES EN CALIFORNIE

Il est à craindre que de telles catastrophes se répètent, année après année avec plus ou moins d’ampleur en fonction de l’intensité et de la durée des périodes de sécheresse. Certes, la sécheresse californienne n’est pas une nouveauté et donc les feux de forêt également ; n’oublions pas que San Francisco brûla entièrement trois années de suite au milieu du XIX° siècle. Par contre, il est nouveau que, à quelques années d’intervalle, plusieurs centaines de milliers d’hectares de forêt partent ainsi en fumée. Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour faire le lien avec les changements climatiques en cours. Tout le monde peut s’en rendre compte sauf semble-t-il, le président des Etats-Unis et quelques-uns de ses conseillers. Certes, si j’en crois l’article cité ci-dessus, c’est une bonne idée de mobiliser plus de réserves d’eau mais comment fait-on quand c’est justement le manque d’eau devenu endémique qui est la cause principale de la catastrophe. Certes, c’est un conseil judicieux de sacrifier quelques arbres, faire « la part du feu » comme on dit pour établir un pare-feu, mais combien d’arbres faudrait-il sacrifier quand la catastrophe est d’une telle ampleur ? Peut-être serait-il plus judicieux de penser à s’attaquer aux causes d’un tel désastre, mais de cela, il ne saurait en être question, quand on nie jusqu’à l’aveuglement la réalité : notre planète se modifie car nous l’avons modifié. Mais il est vrai que « quand le sage montre l’état de la nature avec un arbre, l’ignorant ne parle que de l’arbre ».

La Côte Ouest des Etats-Unis n’a pas été la seule à connaître des mois très chauds et très secs ; quasiment tous l’Hémisphère Nord est dans ce cas depuis le début du mois de juin (nonobstant des épisodes pluvieux aussi violents que brefs). Il semblerait d’ailleurs que cette succession d’épisodes climatiques extrêmes illustrent à la perfection les conclusions du dernier rapport du GIEC, donnant ainsi encore plus de crédibilité aux scénarios les plus pessimistes que contenait ce rapport. Le changement climatique est bel et bien une réalité et cela risque de durer voire même de s’amplifier

Les villes souffrent particulièrement  pendant ces périodes mais comme cela risque de devenir la norme dans les années à venir, il va bien falloir changer le modèle urbain et c’est ce à quoi réfléchissent élus et urbanistes https://www.novethic.fr BÂTIR DES VILLES CAPABLES DE RÉSISTER AUX CANICULES

Parmi les idées avancées, il y en a une qui peut faire sourire tellement elle semble naïve mais pleine de bon sens : il faut planter des arbres pour rafraîchir les villes. Encore une fois, on retrouve l’arbre dans la panoplie de ceux qui pansent les dégâts au lieu de penser à éradiquer la cause de ces dégâts. Mais en soi, l’idée n’est pas mauvaise de reverdir les villes et notamment Paris, mais ces objectifs d’une ville « durable » sous la canicule sont-ils compatibles avec celui de renforcer le rôle des métropoles en densifiant ces centres urbains? Quand le sage, etc…, etc…

Mais en fait, si l’arbre est effectivement l’une des clés de la lutte contre le changement climatique, ce ne sont pas les quelques milliers d’arbres plantés le long des avenues de nos grandes villes qui seront la solution. Elle serait plutôt à rechercher dans la préservation des grands espaces forestiers dans le Nord des continents de l’Hémisphère Nord et dans le pourtour équatorial de notre planète. Mais pour cela, il faudrait que les pays où ils se situent ne soient pas incités à dévaster cette richesse naturelle et donc que les autres pays ne soient pas là, à les aguicher avec des monceaux de papier monnaie, pour satisfaire leurs appétits, apparemment insatiables en bois ou en produits agricoles plantés sur de vastes espaces déboisés sauvagement.

Mais encore faudrait-il que ces « autres pays » le veuillent. Or, même si elle est parfaitement consciente de son rôle dans le déboisement au niveau mondial, l’Union Européenne, qui est un des principaux responsables de ce massacre, peine à avoir une position commune sur la question

https://www.euractiv.fr/ L’Europe tâtonne dans la lutte contre la déforestation importée

C’est dramatique et autrement plus préoccupant que les milliers d’arbres dont Trump parle pour faire la part du feu, que les quelques milliers d’arbres dont parlent les urbanistes pour nous rafraîchir dans les décennies à venir. Il s’agit là de ce qu’on appelle « le poumon vert » de la planète mais comme l’aurait dit un Président de la République qui jamais n’osa se mouiller dans la Seine « la maison brûle mais ils regardent ailleurs » même si le sage montre l’état de la nature avec un arbre etc… etc..

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