Brèves de compteur n°119 la transition énergétique n’est pas simple (volet 1)

Dans la précédente BdC brèves de compteur n° 118 : énergies renouvelables, le compte y est enfin ! Je me réjouissais de la montée en puissance des énergies renouvelables.

A l’approche du Salon de l’Agriculture, les journaux se sont intéressés d’un peu plus près à ces nouveaux opérateurs de la sphère énergétique, les agriculteurs  et là, une autre bonne nouvelle https://www.actu-environnement.comLes énergies renouvelables deviennent une source non négligeable de revenus pour les agriculteurs La production d’énergie bio-sourcée peut être le second souffle d’une agriculture qui peine à vivre de son premier métier, nourrir et vêtir le monde.

Hélas, les choses ne sont jamais simples car en matière d’énergie, il ne suffit pas qu’une puissance soit installée pour que l’énergie attendue soit automatiquement disponible. Encore faut-il que ces sources soient en capacité de produire ; et c’est parce que la technique est faillible que le nucléaire n’a pas rendu ce qu’on attendait de lui, contrairement à ce qu’on dit habituellement en parlant du « socle nucléaire » ; et c’est parce que la météo a été capricieuse que l’hydroélectricité n’a pas rendu ce qu’on attendait d’elle. C’est pourquoi, malgré toutes ces bonnes nouvelles concernant la montée en puissance des énergies renouvelables, le bilan énergétique de la France ne colle pas avec les espoirs nés de la COP 21http://www.novethic.frEn 2017, le gaz et le charbon sont venus au secours de l’électricité française…mais pas du climat
Évidemment, plus l’éolien, le photovoltaïque et la méthanisation auront pris de l’importance, moins ces aléas climatiques ou techniques influeront. En effet, s’il y a sécheresse, c’est qu’il y a soleil et souvent un léger vent et à l’inverse si le soleil fait place à la pluie, les lacs de retenue se rempliront sans problème. Mais entre deux, il faut bien assumer ces aléas. C’est pour cela d’ailleurs qu’on parle de transition et non de révolution. Le mouvement sera donc progressif et il faudra bien composer avec le ciel, c’est le cas de le dire, donc inutile de se mettre martel en tête quand tout n’est pas idéal. Ce qui importe est l’évolution dans le bon sens.

Mais s’il n’y avait que cela, ce serait encore assez simple à expliquer mais il y a plus complexe. En effet l’une des clés de la réussite de la transition énergétique est la capacité à stocker l’énergie quand la production est trop importante pour la déstocker quand il y a pénurie. Pour stocker, il y a l’hydrogène mais pour en produire, il faut de l’eau. Or l’eau va être de plus en plus rare. Pour stocker, il y a aussi la technique dite des STEP mais là aussi, il faut de l’eau mais aussi de l’espace pour stocker cette eau dans des retenues en amont et en aval de la station de pompage.

Pour stocker l’énergie, il y a aussi les piles mais celles-ci ne peuvent être fabriquées sans des minerais qu’on appelle « terres rares » et celles-là, il faudra bien aller les chercher dessous la terre. De même qu’il faudra aller chercher sous terre des minéraux pour construire les capteurs solaires http://www.novethic.frLa transition énergétique ouvre une nouvelle page de l’histoire minière française
Ceci ne facilite pas la compréhension du commun des mortels. « Comment, se dit-il, vous m’avez demandé de vous soutenir quand il fallait s’opposer aux nouvelles mines pour extraire du gaz de schiste et maintenant, vous venez me dire que la transition énergétique nous obligera à transformer de nouvelles portions du territoire en gruyère à trous ? J’y comprends plus rien. » Cela nécessite un peu d’explication. Ces métaux et terres rares sont effectivement indispensables et les alternatives ne sont pas nombreuses : soit on importe, de Chine généralement, avec tous les inconvénients que cela comporte (déficit commercial accru, dépendance stratégique, conditions d’exploitation humainement et écologiquement contestables), soit on recycle les métaux déjà incorporés dans nos produits du quotidien, mais les processus industriels sont encore mal maîtrisés et de toute façon, il y a de la perte en ligne, soit on extrait sur notre territoire mais cela aura forcément un coût écologique et tout l’enjeu sera de le rendre le plus faible possible ( c’est ce que Macron appelle « la mine responsable », je suppose et je demande à voir les garde-fou mis en œuvre) , soit enfin on renonce à ces appareillages sans lesquels la transition énergétique ne serait pas possible. La solution est sûrement un mix de ces quatre possibilités. Reste à faire le bon mélange.

Décidément, cette transition énergétique, ce n’est pas simple comme…..un clic.

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