Brève de compteur n° 120 : Hydrocarbure ! Finalement on continue.

Il semblerait que les COP successives (Cancun, Durban, Doha, Varsovie,Lima, Paris, Marrakesh, bons) finissent par porter des fruits. Mais la décision française d’arrêter l’exploitation des hydrocarbures sur son territoire montre, par son calendrier, qu’en la matière, il vaut mieux avoir en tête un calendrier décennal qu’annuel. C’est pourquoi, il convient de saluer à sa juste valeur cette excellente nouvelle http://www.novethic.fr/Pour la première fois, les énergies renouvelables passent devant le charbon en Europe
Excellente, certes si le charbon est votre obsession ultime. Par contre si votre préoccupation principale n’est pas de supprimer les centrales à charbon, notamment parce que votre pays n,e dispose pas de charbon, ni de source d’importation privilégiée d’importation de charbon, mais la réduction de émissions de gaz à effet de serre., vous considérerez que le compte n’y est pas tout à fait puisque cette substitution de source énergétique n’a pas fait bouger fondamentalement le volume d’émission de CO². Les explications avancées (baisse de l’hydraulique, augmentation de la consommation globale) ne me satisfont qu’à moitié. En effet, le charbon diminue mais quid des centrales au fuel et surtout des centrales à gaz ?

Le charbon a été l’énergie du XIX° siècle et de la première moitié du XX° siècle, et est donc sur le déclin, mais les hydrocarbures qui ont été l’énergie du XX° siècle risque de le rester pour au moins quelques décennies. Et voici pourquoi.

La principale raison tient dans ces déclarations du patron d’une des plus grandes sociétés pétrolières mondiales :
« Après 2020, on risque de manquer de pétrole. La demande progresse très vite, et même deux fois plus vite ces trois dernières années que lors des trois années précédentes. »
« ….les grands investissements de l’industrie  » oil & gas  » n’ont pas encore repris. On est autour de 400 milliards de dollars dans l’exploration-production, contre plus de 750 milliards au pic de 2014. »
Compte tenu de la rentabilité de l’activité, on comprend mieux son impatience : http://www.optionfinance.frTOTAL : le bénéfice dépasse les 10 milliards de dollars en 2017

Et face à cette pression des entreprises que font les pouvoirs publics ?
En France, on publie des décrets et arrêtés permettant de sécuriser les sites actuels (voir la précédente BdC n° 119). Mais surtout, on publie CE décret https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.docidTexte=JORFTEXT000036570117&dateTexte=&categorieLien=id Décret n° 2018-62 du 2 février 2018 portant application de l’article L. 611-33 du code minierSi l’intitulé de ce décret vous paraît sibyllin, c’est que vous êtes normal.
Mais pour mieux comprendre de quoi il retourne, lisez donc cet article qui vous en dit plus : https://www.actu-environnement.comLa Guyane et ses cousines d’outre-mer peuvent délivrer des permis miniers maritimes Rappelez-vous que Nicole Bricq fut débarquée de son poste de ministre de l’écologie parce qu’elle s’opposait au permis d’exploiter les sites off-shore de la Guyane, que deux de ses successeures se sont également cassé les dents sur ce site. Finalement, maintenant que le Conseil d’Etat a obligé l’Etat à transférer cette compétence aux Régions ultramarines ( au nom de quelle jurisprudence, je vous le demande!), il sera plus facile au titulaire du site d’exploration de faire pression sur une Présidence de Région qui n’a pas les mêmes moyens ni les mêmes motivations pour y résister. Or qui est le titulaire de ces permis ? J’ai cru lire « Total ». Vous avez donc une partie de la réponse à ma question sur la réponse des pouvoirs publics.

Reste la réaction des autorités européennes sur cette question. En ce qui concerne le charbon, la réponse a été nette : https://www.euractiv.frBruxelles approuve les subventions au charbon
Il convient cependant de noter deux choses :
en premier lieu, le titre de Euractiv est un peu tendancieux puisque le charbon n’est pas seul concerné et qu’il s’agit d’aider TOUTES les centrales dite « d’appoint » qu’elles fonctionnent au charbon, au gaz ou au fuel. Quand on sait qu’un projet comme celui de Landivisiau a été présenté comme centrale d’appoint mais que son exploitation est prévu sur 4,000 heures par an, on a des doutes sur la notion « d’appoint ».
en second lieu, il s’agit d’une décision administrative émanant d’une direction générale de la Commission et manifestement les instances démocratiquement élues n’ont pas vraiment apprécié.

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