La coupe déborde

En fin d’année 2017, la presse faisait ses bilans annuels. Et comme tous les ans, les journaux spécialisés ont publié la liste des plus grandes fortunes et leur évolution. L’année 2017semble avoir été particulièrement faste pour le plus fortuné.

C’est du moins le constat neutre que faisait le Figaro le 27 décembre 2017 http://info.economie.lefigaro.frLes milliardaires se sont enrichis de 1000 milliards de dollars en 2017
Plus passionné, l’Obs employait, pour rapporter la même information le 28 décembre 2017, un ton qu’on réserve en général aux grandes oeuvres de la nature https://actus.nouvelobs.com2017, un très grand cru pour les milliardaires (toujours plus riches) tout en précisant dans le corps de l’article que la richesse des mêmes milliardaires s’était accru de 900 milliards . »seulement! » A-t-on envie de dire tellement cela est présenté comme une performance sportive alors qu’il s’agit bel et bien d’accumulation de richesses de plus en plus grande entre les mains d’un nombre restreint de personnes.

On peut se perdre en conjecture sur cet écart de 100 milliards de dollars, qui représentent quand même deux fois le budget d’investissement de TOUTES les collectivités territoriales françaises.

Rappelons quand même qu’il ne s’agit là que d’estimations puisque la plupart de ces gens fortunés se montrent aussi discrets que la loi le leur permet, sur la réalité de leur patrimoine.
Rappelons aussi que ces estimations sont largement fondées sur la valeur boursière des avoirs de ces quelques milliers de personnes et il suffirait d’un gros krach boursier pour qu’une partie de cet enrichissement disparaisse.
Rappelons enfin que ces 1000 milliards de plus ramenés à l’échelle de la planète représentent 153 euros par être humain vivant. Pour un salarié français aisé, cela représente à peine le gain annuel que lui procurera en 2018 la réforme de sa fiche de paie. Pour la majorité de la planète, cela représente au moins un mois de revenu.

Mais il s’agit là de considérations morales qui n’ont pas leur place quand on parle d’affaires financières. Par contre, ce qui a à faire avec ce débat, ce sont les retombées fiscales que cela implique. Même si les 13 plus grandes fortunes de France ne sont pas concernées par cette taxe exceptionnelle, même si les sociétés qui sont touchées par cette taxe exceptionnelle ne sont pas toutes les propriétés des plus grandes fortunes de France, on ne peut s’empêcher de faire ce rapprochement https://www.lesechos.frImpôt sur les sociétés : la cagnotte qui conforte l’exécutif
quoique personnellement je n’aime guère cette référence à une « cagnotte » qui rappelle fâcheusement la façon dont la gauche plurielle fut piégée par une droite irrésponsable et qui priva nos finances publiques du bénéfice qu’on aurait pu retirer de la croissance retrouvée en 1998-1999. Finalement l’enrichissement des uns pourrait avoir un effet sur la communauté entière. Certainement si le système fiscal jouait correctement sa fonction redistributrice.

Or c’est justement ce que vient de mettre à mal D. Trump http://info.economie.lefigaro.fr/Réforme fiscale de Trump: des primes en cascade dans les grandes entreprises Avec une telle loi, les entreprises américaines ont de quoi pavoiser même si le mécanisme imaginé ar les têtes d’oeuf Républicains les oblige dans un premier temps à mettre la main au portefeuille.

Mais même cela, c’en est trop pour les plus goulus qui trouvent que payer un « droit d’entrée » pour bénéficier ensuite d’une grosse ristourne fiscal, c’est trop dur à supporter. Et dans l’indécence, qui trouve-t-on en premier? La société dont on sait depuis 2007 qu’elle se trouve dans tous les mauvais coups contre les finances des autres, celles des Etats impécunieux, comme celles des particuliers désargentés http://info.economie.lefigaro.fr5 milliards de profits en moins pour Goldman Sachs

A ce stade d’excès, je ne suis pas loin de penser comme celui qui écrivit en 2017 cette phrase assassine et prémonitoire « Nous sommes en train de vivre un stade final du capitalisme mondial qui, par ses excès, manifeste son incapacité à durer véritablement »
Elle est extraite du livre « Révolution » signé Emmanuel Macron. Espérons que cette pensée a plus de consistance que celle de celui qui s’égosilla à la tribune d’un meeting au Bourget en 2012 « Mon ennemi, n’a pas de visage, il n’a pas de nom; mon véritable ennemi, c’est la finance. »

Cet article, publié dans l'économie comme on la subit, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.