brèves de compteur n° 118 : énergies renouvelables, le compte y est enfin !

Dans la précédente BdC, je me faisais l’écho d’une étude britannique indiquant, qu’au Royaume-Uni du moins, les coûts de production de l’énergie électrique baissaient. Cette fois-ci, c’est l’instance internationale en charge du suivi des énergies renouvelables qui le dit : les énergies fossiles sont en train de perdre la bataille des coûts de production : https://www.ouest-france.frÉnergie : des renouvelables compétitives Cette évolution était prévisible. D’un côté, il y avait des ressources fossiles dont les coûts d’extraction augmentent mécaniquement au fur et à mesure qu’il faut aller plus loin, ou plus profondément pour chercher des réserves de qualité en baisse, ou une technologie, le nucléaire, dont on s’est rendu compte, et il faut remercier la Cour des Comptes pour le rapport courageux qu’elle a publié il y a deux ans, qu’il coûtait très très cher dès lors qu’on prenait en compte l’ensemble du cycle de vie d’un réacteur. De l’autre côté, nous avions des technologies balbutiantes, souvent encore en phase de développement et qui, grâce aux coups de pouce des pouvoirs publics un peu partout, ont fini par monter en puissance et leur passage au stade industriel, lié aux gains de productivité dus aux gros investissements en Recherche et développement a fait chuter vertigineusement le coût du Kwh produit. Il était donc fatal qu’un jour ou l’autre les deux courbes se croisent.

Eh bien c’est fait !

Et ceci explique d’ailleurs cet engouement récent des grands groupes énergétiques mondiaux pour ces nouvelles technologies. Ceux qui pensaient que les grands patrons de ces entreprises, jusqu’ici très polluantes, s’étaient convertis à l’écologie en seront pour leur frais. Après avoir longuement observés, ils se précipitent maintenant pour récupérer le bénéfice des efforts des pionniers avec des calculs purement industriels. Ils vendent de l’énergie et si une source d’énergie devient moins chère qu’une autre, ce serait une faute de gestion majeure de ne pas en profiter.

Pourquoi bouder alors notre plaisir de voir que les intérêts des uns vont dans le même sens que les intérêts de la planète ? Plusieurs raisons à cela. La première est que ces groupes viennent sur ces nouveaux créneaux avec la même mentalité prédatrice et ce goût immodéré pour le gigantisme. L’exemple de la centrale photovoltaïque de Gardanne en France et les projets pharaoniques au Maroc ou en Tunisie sont là pour en attester : le « toujours plus » reste leur religion . La seconde est que cela risque de sonner le glas des rêves d’une énergie bien commun, gérée localement selon les principes théorisés par le prix Nobel d’économie Eleanor Olström. En termes d’organisation différente de la société, ce serait une occasion ratée de plus.

Les coûts de la production d’électricité baisse. Comment alors expliquer qu’à six mois d’intervalle, les tarifs français augmentent ? https://www.challenges.frPourquoi l’électricité risque d’augmenter en France La cause évoquée ici est peut-être juste mais la Commission de Régulation de l’Energie prend vraisemblablement en compte aussi la structure particulière du mix énergétique national . Dieux ! Que le nucléaire nous aura coûté cher ! Remarquez cependant que cette décision, en termes de gestion durable de l’énergie, a un bon côté ; le « signal prix » ainsi envoyé peut inciter les uns et les autres à réduire un peu leur gaspillage électrique. Cet effet serait bénéfique en fin de compte pour le bilan de notre transition énergétique.

C’est pourquoi, on peut ne pas être d’accord avec Novethic http://www.novethic.frLa hausse des cours du pétrole, un coup de massue dans la lutte contre la production fossile Evidemment, cela va bien arranger les affaires des extracteurs d’hydrocarbures, mais si leurs clients font des raisonnements économiques sains, cela peut inciter pas exemple les producteurs d’automobiles à accélérer leur passage à la voiture électrique, le coût du passage à la pompe devenant d’autant plus prohibitif que les pouvoirs publics ne sont plus enclins à mettre en place des mécanismes compensatoires via la fiscalité sur les carburants.
Quant à des entreprises comme Total qui vient de se positionner aussi comme producteur d’électricité, les arbitrages internes les amèneront, on peut le penser, à privilégier les évolutions à long terme plutôt que l’effet d’aubaine lié à une bulle spéculative.
Restent les producteurs d’électricité qui ont encore parié sur les hydrocarbures (pétrole mais aussi gaz « naturel ») : ils ont du souci à se faire. C’est pourquoi, ce serait peut-être un service à leur rendre de les aider à sortir dignement de projets morts-nés d’avoir été conçus trop vieux. Pour cette raison aussi, vous pourriez signer cette pétition : http://www.nonalacentrale-landivisiau.fr/petition-a-lattention-de-m-macron/

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