Nourrir le Monde, pourrir l’enfance ?

Décidément, il y a encore du chemin à faire avant que les idées émises lors des Etats Généraux de l’Alimentation (EGA) deviennent une réalité. Je ne parle pas évidemment de la première partie de ces EGA qui ne concernait que l’organisation des marchés et le partage de la manne agro-alimentaire entre producteurs, collecteurs, transformateurs et distributeurs qui elle ne produira réellement ses effets que lors de la prochaine campagne, si tant est que cela produise des effets. Non, je veux parler de la seconde partie des EGA consacré à l’alimentation c’est à dire bien se nourrir dans des conditions économiques, sanitaires et environnementales optimales.
Depuis le lancement de cette opération dans le courant de l’été, au moins deux scandales alimentaires ont défrayé la chronique, qui concernent tous deux le même secteur, les produits laitiers (sont vos amiiiiis pour la viiiiiie ! Air connu).
A la rentrée, ce fut la grève du beurre. Je n’ai pas trouvé d’autres termes pour expliquer le bras de fer qui a opposé les transformateurs (dont Lactalis) aux distributeurs (dont la plupart des grandes enseignes de la grande distribution) et s’était traduit par une pénurie de plaquettes de beurre dans les gondoles de ces dernières. Cette crise a fini par se dénouer et les seuls perdants semblent être pour l’instant les consommateurs.
Et puis voilà maintenant un autre scandale, qui n’est pas économique celui-là, mais sanitaire, ce qui est plus grave et sous réserve d’en savoir plus sur les dessous de cette affaire, il ne semble pas que son ampleur soit juste la conséquence d’un manque de chance : https://www.ouest-france.frLait contaminé chez Lactalis : on ne badine pas avec l’alimentation Ici, il ne s’agit pas d’UN lot contaminé mais le doute porte sur plusieurs tonnes et sur une période manifestement assez longue qui aurait dû permettre aux différents acteurs de réagir et d’appliquer, non pas « le principe de précaution » qu’invoque impudemment, et à tort, le premier responsable, mais la réglementation sanitaire en vigueur. Rappeler tous les lots contaminés ou simplement suspects était LA SEULE réaction possible et qu’on ne vienne pas nous parler de coûts exorbitants. D’autres industries, l’automobile par exemple, qui pourtant s’est illustré négativement dans sa capacité à contourner les réglementations et les normes, n’ont jamais hésité, lorsque des vies humaines étaient en jeu, à retirer provisoirement ou définitivement des centaines voire des milliers de produits valant globalement quelques millions d’Euros. Or ici, s’agissant de lait infantile et de contamination à la salmonelle, il est bien question, AUSSI, de vies humaines en danger et parmi les plus fragiles.

Et là, curieusement, les adversaires d’hier, transformateurs et distributeurs, semblent avoir réagi de la même façon à défaut de le faire dans la concertation selon une méthode bien éprouvée : « Pas vu, pas pris ! ». Eux disent « Pas vu, trop pris ! »…. par l’affluence des fêtes de fin d’année. Et quand bien même cela serait vrai, cela confirme ce que nous savons depuis que les crises sanitaires alimentaires se répètent : le gigantisme n’est en aucune façon un gage de sécurité, bien au contraire. Le lait que j’allais chercher enfant, à la ferme d’à côté dans mon pot en fer blanc et qui m’était servi par la fermière qui ne prenait pas toujours le temps de se nettoyer à fond les mains avant de le faire était bien plus sûr et sain que ces produits stérilisés, contrôlés à tout moment parait-il. Dans un système qui manipule de telles masses, il est clair que la moindre anicroche devient elle-même massive:vache folle, grippe aviaire sont sur ce modèle-là aussi.

Comme je vous le disais d’emblée, il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour que les idées énoncées par certains, les ONG, deviennent réalité. Il est vrai qu’elles n’ont pour l’instant pas été prises en compte dans les conclusions OFFICIELLES de ces travaux par les autorités compétentes. Mais il n’est  pas interdit à ces dernières  de faire preuve d’intelligence et de tirer les enseignements de ce nouvel épisode de la mal-nourriture pour introduire un peu plus de coercition dans le texte de loi qu’on nous a promis dans la foulée des EGA. Et qu’on ne vienne pas nous dire que les rabats-joie sont ENCORE en train d’introduire de nouvelles normes contraignantes. La preuve est faite que laissés à eux-mêmes, les acteurs maîtres du jeu ne sont pas capable de se régenter.

En attendant, eux qui proclament vouloir nourrir le monde entier, sont en train de pourrir un peu la vie des Français et cela dès leur plus jeune âge. (à suivre…)

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