Du bio pas bien bieau

La force des produits labellisés « bio », c’est justement la force de leur label et la garantie qu’apportent les normes auxquelles leurs producteurs se soumettent volontairement. C’est pour leurs clients une garantie que les produits qu’ils achètent sont exempts de pesticides et, de manière générale, de tout produits phytosanitaires non strictement indispensables à leur production. C’est aussi une garantie qu’aucun organisme génétiquement modifié n’a été utilisé tout au long du cycle de production et qu’il n’y a nul ajout de nano-particule. C’est une sécurité pour ce qui vont donc les consommer mais c’est aussi une protection pour l’environnement du lieu de production, les espaces naturels tout autant que les voisins et voisines.

C’est cela aussi qu’on achète quand on achète un produit labellisé bio.

Mais voilà, tout dépend du niveau d’exigence qu’aura le législateur dans l’établissement de cette norme. C’est pourquoi ce qui se prépare actuellement en matière de norme de qualité internationale est très désagréable : http://www.novethic.fr/Quand la cosmétique bio se parfume à la pétrochimie

Certes, il ne s’agit pas d’un label mais d’une norme de qualité avec son propre cahier des charges, ces procédures de certification et de contrôle et nul n’empêche les professionnels plus exigeants de créer ou de conserver des labels plus exigeants. Il n’empêche que, à partir du moment où il existera une norme permettant d’afficher, ne serait-ce qu’une petite ambition, il n’est pas besoin d’être grand clerc en marketing pour deviner qu’il s’agit d’une brèche dans laquelle vont s’engouffrer tous les marchands de vent publicitaire dans un secteur qui vient d’être traumatisé par la mise à l’index sanitaire d’une large palette de sa gamme. Le principe appliqué ici est vieux comme la dialectique de la norme et du marché : si une norme vous gêne, abaisser le niveau d’exigence attaché à cette norme et tout ira de nouveau pour le mieux dans le meilleur des mondes puisque comme par magie vos produits retrouvent une forme de virginité qui permet aux producteurs ainsi soulagés de revenir le front haut et le verbe fort sur un marché qui les montrait du doigt. Cette nouvelle vérité est une tromperie légalisée.

J’aime la norme qui protège, je hais la norme qui trompe.

En général, quand, dans le débat public, certains râlent contre « l’excès de norme » , demandez-vous de quelles normes il s’agit et surtout pourquoi ces normes et leurs excès les gênent.

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