Monnaie monnaie monnaie

A quoi sert une monnaie en général ? A faciliter les échanges de biens et de services entre les gens essentiellement. Et c’est d’ailleurs pour retrouver cette fonction initiale de la monnaie que des monnaies locales sont en train de réapparaître un peu partout, avec des fortunes diverses https://www.ouest-france.fr/Les monnaies locales font des petits en Bretagne Le succès de ces monnaies se mesure à l’aune du développement du mouvement de relocalisation des consommations courantes dont elles sont censées être le support et l’expression. Leur diffusion encore restreinte semble due principalement au manque de confiance que la majorité des habitants peuvent avoir dans ce nouveau moyen de paiement. La confiance ! Le mot est lâché et c’est la seconde qualité qu’on reconnaît à une monnaie après sa simplicité d’usage

Si je vous parle ainsi de monnaie, c’est parce que l’autre bout de l’échelle de l’espace, il y a un autre phénomène qui se développe au niveau planétaire, les moyens de paiement électronique, dont le plus connu, le Bitcoin défraie actuellement la chronique économique par les passions spéculatrices qu’il a déclenchées https://www.ouest-france.fr/Le bitcoin bondit au-dessus de 11 000 dollars, risque de bulle Conçu au départ comme un moyen de paiement entre pairs sur internet, le bitcoin avait essentiellement comme vocation de faciliter les paiements électroniques d’une façon sécurisée. Il évitait également le risque de change inhérent aux échanges internationaux, en dehors des zones d’influence monétaire propres que sont les zones dollars, euros, yen ou yuan. Rien que cet avantage aurait dû suffire à séduire des opérateurs économiques pour qui le slogan n’est évidemment pas « consommer local » mais plutôt « commercer global ». En outre, et dans l’esprit de certains idéologues libéraux, cet argument devait avoir du poids, cela battait en brèche une des fonctions régaliennes des Etats qui est de battre monnaie. Et ce sont ces attraits combinés qui peuvent expliquer le succès de cette « monnaie » sur internet, y compris en France https://www.lesechos.fr/Pourquoi les Français foncent sur le bitcoin

Mais si on y regarde bien, l’intérêt naissant de nos concitoyens pour cette monnaie n’est pas que commercial. Certains envisagent de thésauriser à partir de cette monnaie et comme l’épargne a horreur de ne pas être rémunérée, ils espèrent même en tirer de jolis bénéfices. Et voilà, la spirale s’est enclenchée, et pas seulement en France, la spéculation s’est emparée de la monnaie et atteint des sommets inimaginables il y a quelques mois encore https://www.ouest-france.fr/Le bitcoin bondit au-dessus de 11 000 dollars, risque de bulle

Certains commencent d’ailleurs à s’en émouvoir et rappellent quelques précédents fâcheux, citant la spéculation sur les bulbes de tulipes au XVII° siècle ou la bulle de la « nouvelle économie » à la fin du XX° siècle. Est-ce par superstition, ou parce que les situations sont trop similaires, ils semblent ignorer que la plus grave crise spéculative qu’ait connu l’économie européenne lors des 4 derniers siècles fut le premier essai de monnaie papier et le délire que son introduction par un banquier écossais, provoqua dans la France de la Régence. Quand on sait ce qu’il advint de ce premier essai de monnaie nouvelle, on comprend que les chroniqueurs ne souhaitent pas trop en parler car manifestement, ce sont les mêmes mécanismes qui sont actuellement en action autour du bitcoin, évolution technologique mise à part. Il y a quand même une différence de taille entre la spéculation qui sévissait autour de la Rue Quincampoix en 1720, et celle qui affole aujourd’hui la Toile : dans un cas, on connaissait l’auteur de la monnaie le banquier Law et son système était, imprudemment certes, garanti par la Régence, dans l’autre, le créateur du Bitcoin reste un mystère https://www.ouest-france.frPlein aux as, le créateur du bitcoin reste anonyme et la valeur de monnaie n’est garantie par rien, si ce n’est l’appréciation qu’en font ceux qui l’utilisent. Un tel système ne peut évidemment pas durer et l’explosion de la bulle financière va faire des dégâts, d’autant plus grands dans certains secteurs et certains pays que l’usage de ce Bitcoin y aura été répandu. A cet égard, l’effet positif de cette crise qui pointe à l’horizon sera peut-être de « réduire » fortement le flux d’argent sale que cette monnaie semble charrier https://www.euractiv.fr/Bitcoin et darknet, les nouveaux outils des dealers européens Ce serait bien l’un des seuls éléments positifs de ce « krach annoncé ».

S’il fallait tirer une leçon ex ante de ceci, c’est qu’une monnaie ne devrait jamais cesser d’être ce pourquoi elle a été créée, favoriser les échanges de biens et de services. C’est pourquoi les monnaies locales a contrario, sont des instruments monétaires vertueux, et d’autant plus vertueux si, dans leur charte de fonctionnement, elles prévoient d’être « fondantes », c’est à dire qu’elles perdent de leur valeur au fur et à mesure qu’on ne les utilise pas pour des paiements. Cela reste encore la meilleure défense contre toute tentation de thésaurisation, et encore plus de spéculation.

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