Brèves de compteur n° 106 coups de vent en mer

Le vent souffle sur l’énergie éolienne et singulièrement sur ce qu’on appelait l’éolien offshore, jusqu’à ce que la France s’y intéresse un peu et que cela devienne l’éolien en mer. La comparaison des stratégies nationales en Europe est édifiante. Deux pays ont une façade maritime exceptionnelle, la France puisque elle a le plus long littoral d’Europe de Bray-Dunes à Hendaye et de Collioures à Menton et la Grande-Bretagne puisque c’est une île. Comme les Français et même plus tôt qu’eux, les Britanniques avaient été tentés par le mirage de l’énergie atomique, comme on disait alors, mais contrairement au Français, parce qu’ils sont des gens réputés pour leur pragmatisme, ils n’ont pas mis tous leurs œufs dans le même panier. Les énergies renouvelables sont donc une option qu’ils ont rapidement mise sur la table, d’autant que les dernières mines de charbon ont fermées peu après les mines françaises. C’est un fait établi, l’énergie solaire ne sera jamais un projet florissant dans les îles sous la pluie et l’hydro-électricité, malgré ces pluies fréquentes n’a pas un grand potentiel, par manque de montagnes. Reste donc l’énergie du vent. Et là, il semble que les Britanniques ont mis le paquet. Combiner développement de l’énergie éolienne et façade littorale étendue et vous avez ceci : http://lenergeek.com/LA GRANDE BRETAGNE, CHAMPIONNE DE L’ÉOLIEN OFF-SHORE ? Et on n’y va pas de main morte puisque la plus grande ferme éolienne en mer est au large de la Grande-Bretagne.

Les Anglais ne sont pas les seuls d’ailleurs à s’intéresser à l’énergie des vents de mer .Les Allemands aussi s’y intéressent beaucoup Allemagne : La croissance des ENR repose sur celle de l’éolien en mer Leur réaction est là aussi liée au nucléaire. En effet, l’Allemagne ayant fait le choix de sortir du nucléaire après Fukushima, il lui a fallu trouver rapidement d’autres sources de production électrique. Sa tentative de créer une industrie du solaire puissante ayant échoué, le développement de l’énergie issue de la biomasse montrant ses limites écologiques, les choix étaient limités si on ne voulait pas revenir au charbon et ses émissions de gaz à effet de serre. Une étude publiée par France Stratégie (ex Commissariat Général au Plan), sur laquelle je reviendrais dans un autre billet, montre que le modèle énergétique allemand reste fragile et que compte tenu des gisements possibles, le développement de l’éolien en mer est certainement une option majeure, alors que son littoral est moins développé que dans d’autres pays, et surtout concentré sur le Nord du pays.

Justement puisque nous nous sommes rapprochés de la Mer du Nord et de la Mer Baltique, regardons ce qui se passe dans un petit pays qui fut un pionner en matière d’éoliennes en mer. Je me souviens ma surprise, en survolant le Jutland en direction de Copenhague de découvrir qu’au milieu du trafic, dans une zone parmi les plus fréquentées du globe, il y avait ce qui du ciel apparaissait comme une forêt de mâts. C’était en 1993, c’est à dire il y a un quart de siècle environ. Et où en est-on maintenant ? On en est là : Dong Energy a terminé la déconstruction de Vindeby Voilà donc une filière d’une belle maturité, gérée « from craddle to grave » comme on dit dans l’économie circulaire. On aurait aimé que d’autres filières autrement plus dangereuse ait la même maturité. Je rappelle incidemment qu’en France, la première centrale nucléaire, Brennilis, mise en service en 1967, est en cours de démantèlement depuis…….1985.

Justement, à propos de la France, où en est-on ? Ily a quatre sites de développement de projets de grande taille qui connaissent des vicissitudes administrativo-juridique qui ont amené une ONG à s’interroger sur le sérieux de la démarche des autorités françaises FNE demande une stratégie nationale claire pour l’éolien en mer Compte tenu du retard pris par la France dans ce domaine, on aurait pu penser que nous aurions appris des autres pays pour bien baliser le terrain. Manifestement, soit les Français se posent des questions que les autres ne se sont pas posés et c’est inquiétant pour nos voisins, soit notre démarche n’est pas vraiment assurée sur cette voie. Il y a 40 ans, nos dirigeants étaient plus allant sur le développement de l’indépendance énergétique nationale. Mais il faut dire qu’à l’époque, cela n’apparaissait que comme la continuation d’une autre politique majeure, la Défense Nationale et la dissuasion. Aujourd’hui, les enjeux ne sont peut-être plus les mêmes mais disposer d’une source d’énergie renouvelable diversifiée et pérenne est devenu un enjeu de l’indépendance nationale. Il ne faudrait pas l’oublier et peut-être se décider à entrer dans le XXI° siècle.

Cet article, publié dans développement durable, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Brèves de compteur n° 106 coups de vent en mer

  1. Ping : Brève de compteur n° 115 : Regarder passer les trains en s’engueulant | Dominiqueguizien's Blog

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.