gaffe aux GAFA 1/5 : pourquoi font-elles peur ?

les GAFA ! Cela fait partie de ces acronymes, faciles à retenir, dont les médias raffolent car ils permettent rapidement de mettre un nom sur des réalités complexes et surtout de créer des stéréotypes de pensée qui, justement nous évitent de trop réfléchir.

Ainsi, nous avons eu au début de la mondialisation heureuse, les BRICS.

Entendez par là le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. C’était les puissances économiques émergentes qui allaient damer le pion aux économies émergées d’Europe d’Amérique du Nord et d’Extrême-Orient, au point de les submerger. 15 ans après, on peut constater que cet assemblage était assez hétéroclite et le moins qu’on puisse dire est que la situation de certains d’entre eux fait plus pitié qu’envie.

Et puis la crise dans la crise, je veux parler de ce qu’on a appelé la crise de la dette souveraine pour détourner l’attention de la crise, toujours pas résolue, des institutions financières, a fait émerger un nouvel acronyme, nettement moins élégant, les PIGS pour désigner les pays dont la dette publique posait réellement problème, à savoir à l’époque, le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne. 7 ans plus tard, on constate que cet assemblage était également hétéroclite et surtout incomplet puisqu’il y manquait …la France. Mais c’est vrai qu’il devenait difficile de trouver un acronyme parlant, même si on sortait le Portugal dont la situation semble s’être sensiblement améliorée. Est-ce que FIGS ou GIFS vous aurez-dit quelque chose ? Non

Bref nous voilà donc devant un phénomène médiatique qui semble bien fonctionner. Mais de quoi parle-t-on et pourquoi en parle-t-on autant ? Commençons par la deuxième question avant de répondre à la première.

Les GAFA font peur

En effet, présentées ensemble, ces entreprises alignent des chiffres qui font frémir et ça, coco, ça fait vendre http://www.lefigaro.fr/Google, Apple, Facebook et Amazon: toujours plus vite, plus haut, plus fort C’est vrai que tous ces chiffres alignés ont de quoi donner le tournis mais en la matière, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Déjà dans les années 60 ou 70, les journaux (on ne parlait pas encore de médias) faisaient leurs choux gras de titres alarmistes sur le poids des grands groupes industriels qui allaient s’appeler conglomérats, puis multi-nationales, après s’être appelés trusts, en indiquant déjà que par leur chiffres d’affaires, ces entreprises, déjà mondialisées, pesaient plus lourd, disait-on, que la plupart des Etats du monde. Mais il s’agissait là, déjà, de raccourcis journalistiques qui mélangeaient allègrement des choux et des navets, des carottes et des poireaux pour un étrange potage.
D’ailleurs, c’est ce que dénonce les puristes du Web http://www.numerama.Si vous souhaitez être crédibles, arrêtez de dire « Les GAFA » Et c’est vrai que quand vous lisez cet article, vous êtes obligés de convenir qu’il n’y a pas grand’chose en commun entre la Pomme, les yeux globuleux , le livre de portrait et l’amazone(traduction approximative et non garantie de ces noms tous anglo-saxons) si ce n’est que leur développement s’appuie sur l’informatique, ses matériels, ses logiciels et ses réseaux. Mais le lien est quand même un peu ténu puisque maintenant même mon plombier, même mon maraîcher bio sont « sur le Net » comme on dit. Alors, me direz-vous, pourquoi se limiter à ces quatre-là ? Vraisemblablement parce que GAFA est plus facile à mémoriser que GAFAT (en rajoutant les gazouillis) ou même GAFATUNA, en accolant un nouvel acronyme qui commence à émerger (avec Tesla, Uber, Netflix et AirBnB en renfort). Et revenons à notre question de départ : mais pourquoi en parle-t-on alors ? On trouve des éléments de réponse dans l’article de numerama. Toutes ces entreprises, je dis bien toutes sont d’abord et avant tout des as de l’optimisation fiscale et comme leur mode d’organisation géographique ne correspond pas aux schémas qui régissent les Etats-Nations et formalisent les relations diplomatiques et commerciales entre ceux-ci, il est difficile de les contrer et ça, les Etats n’aiment pas car cela remet en cause les principaux attributs de leur puissance régalienne ; lever l’impôt et dire le droit.

Publicités
Cet article, publié dans l'économie comme on la subit, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s