Le bon marché coûte toujours trop cher

Dans un système économique fondé sur la consommation comme la société dans laquelle nous vivons, deux paramètres sont importants : le prix et la qualité et comme les consommateurs sont sensés , ils sont censés arbitrer en permanence entre les deux de façon à trouver le meilleur équilibre prix/qualité correspondant à leurs besoins ..et à leurs ressources. Ceci est bien entendu de la théorie dans un marché pur et parfait où toutes les informations sont accessibles à tout le monde à tout instant. Dans la réalité, il en va différemment, vous avez dû le constater.
Commençons par le prix : si j’en crois Goscinny et Uderzo (in « Obelix et Cie »), le prix dépend du rapport entre l’offre et la demande mais si j’en crois ce que me dit mon plombier, le prix c’est la somme de ce que lui coûtent les moyens qu’il met en oeuvre pour produire mon service plus sa marge bénéficiaire.. La vérité est quelque part entre les deux, je suppose.
Passons maintenant à la qualité. C’est une notion difficile à définir la qualité car éminemment subjective. pour essayer de rendre le plus objectif possible essayons de lui appliquer des catégories simples. S’agissant d’aliments par exemple, la qualité pourrait être une combinaison des apports nutritifs du produit, de son goût, de son aspect. Voici des éléments plus ou moins objectifs auxquels in conviendra de rajouter de nouveaux facteurs puisque cette préoccupation est apparu récemment dans l’identification de nos besoins nutritionnels : l’effet de l’ingestion de ces produits sur ma santé, en bien ou en mal. Je n’hésiterai pas à rajouter parmi les critères de définition de la qualité, la façon dont sont produits les aliments que nous consommons, en termes de consommation de ressources naturelles, de respect des droits humains de ceux qui les produisent, de respect de toutes les formes de vie.
Voilà donc toute une série de questions qu’il convient d’examiner lorsque l’ensemble des parties prenantes (producteurs, transformateurs, distributeurs ET consommateurs mais aussi services de l’Etat) vont se rencontrer pour des Etats Généraux de l’Alimentation et on voit bien que cela ne se résume pas à une répartition plus équitable du prix de vente prélevé aux derniers nommés au profit des 3 autres catégories, la 5°, l’Etat se contentant du rôle d’arbitre impartial . A cet égard, les services des ministères concernés (agriculture, écologie, économie), les organisations professionnelles, les associations de défense des consommateurs, seraient bien avisés de lire l’étude dont il est question dans cet article http://www.euractiv.fr/Le coût caché de la nourriture discount allemande En effet, il y a là des éléments d’appréciation qui ne sont pas pour l’instant pris en compte dans le cadre de négociations commerciales mais qui doivent être au cœur de la définition d’une politique publique puisque, pour l’instant, les conséquences sanitaires, environnementales et sociales restent à la charge de la collectivité.

En ce qui concerne les comportements des producteurs, on peut parfois se poser la question de la pertinence de certains expérimentations À l’automne, près de Dinan, on aura la première récolte de riz… 100 % breton Certes, la prouesse technique est appréciable mais correspond-elle réellement aux besoins de consommateurs, même locaux, le local ne justifie pas toutes les élucubrations surtout quand on lit par ailleurs ceci Les agriculteurs préoccupés par le manque d’eau . C’est à peu près aussi sensé que de vouloir développer l’élevage de limousines ou de charolais dans le Sahel ; relancer la production de blé noir ou de lin aurait plus de sens dans cette région

Du côté des distributeurs et des transformateurs, il y a aussi, comme on dit pudiquement, des marges de progression. En effet, comme il est parfois difficile de tenir les deux bouts de la corde, faire à la fois de la qualité estampillée et, « en même temps » du bon marché, il y a parfois des petits arrangements avec le ciel et nous en avons des exemples tous les jours comme le montre ce petit échantillon d’articles Les arnaques au «Made in France» se multiplient, Les fausses bananes bios dans le viseur des producteurs européens, Les géants du lait sont accusés d’appauvrir les fromages AOP

N’en déplaise au ministre de l’agriculture, je pense que son collègue de l’écologie a raison quand il dit que la question de l’alimentation passe par une revue de notre modèle agricole

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