L’économie circulaire est-elle un cercle vicieux ?

On peut recycler beaucoup de choses mais pas tout. Notamment, nous avons un problème avec les sacs en plastique, en polyéthylène particulièrement, dont on sait plus quoi faire, qui auraient parait-il créer un sixième continent flottant dans l’Océan Pacifique. C’est  à un point tel que n’importe quel ministre en charge de l’environnement, en panne de bonne idée, croit montrer sa bonne volonté et son efficacité en interdisant l’usage des sacs plastiques. Evidemment de telles décisions, éminemment politiques, ont des conséquences économiques importantes, d’une part parce qu’elles permettent l’émergence de nouvelles filières de production d’emballages plus écologiques mais surtout parce que d’autre part, elle condamne une partie de la pétrochimie qui a beaucoup investi dans des outils de production coûteux et peut-être pas totalement (c’est le cas de le dire) amorti. C’est pourquoi, quand j’ai vu ce titre d’article Cet asticot va-t-il sauver les océans du plastique ? je n’ai pas résisté à sa lecture. Bon, pour tout vous dire, je n’ai pas vraiment été convaincu par la solidité scientifique du processus, mais faisons quand même le pari que cela peut fonctionner : ce serait un bon moyen de se débarrasser de ce fléau de nos décharges et de nos littoraux.

Mais une telle solution et surtout les horizons qu’elle ouvre à certains n’est pas sans poser un certain nombre de questions
La première est : cela ne va-t-il pas contribuer à réhabiliter la filière pétrochimique qui indépendamment de ce produit impossible à éliminer, est en soi une activité extrêmement polluante?
La deuxième est : s’il s’agit de larves, leur culture à grande échelle, et ce sera nécessairement le cas puisque la charge d’élimination est gigantesque, ne risque-t-elle pas de créer une prolifération difficile à maîtriser? Quand je lis qu’il s’agit d’un parasite de la cire d’abeilles, je me dis, sans plus creuser cette piste, que ces pauvres ouvrières n’ont pas besoin de cela tellement leur existence est déjà menacée par ailleurs.
La troisième est : les chimistes s’étant déjà mis en tête de recréer artificiellement l’enzyme, si enzyme il y a, par quel procédé chimique y parviendra-t-on? Et notamment, ce procédé ne sera-t-il pas plus nocif que la pollution contre laquelle il prétend lutter.

Pour ce qui est de la première question, continuons à innover dans les emballages recyclables, notamment ceux élaborés à partir de ressources renouvelables (amidon de maïs, de pomme de terre, de canne à sucre, algues).
Pour les deux autres questions, appliquons le principe de précaution sans laquelle toute innovation est, on le sent, un pari un peu risqué.

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