L’économie circulaire n’est pas une vis sans fin

Il me semble qu’il y a quelques mois, j’avais commencé à esquisser l’ébauche d’une pensée sur l’économie circulaire Les miracles de l’économie circulaire ?

Il y a quelques jours, je m’amusais de la paresse intellectuelle de certains rédacteurs, qui sur la base d’une dépêche d’agence transmettaient sans le moindre recul une information qui pourrait avoir des conséquences importantes Une pépite dans la presse : qu’il est rude le métier de journaliste !
Il se trouve que quelques jours plus tard, je trouve dans la presse un autre article qui faisait en quelque sorte écho à cette décision historique du Salvador d’interdire toute exploitation minière sur son sol Afghanistan : dernier zoom sur Mes Aynak avant disparition puisque là au contraire, il est question de détruire un site archéologique de valeur culturelle mondiale pour permettre l’exploitation de mine de cuivre par les Chinois.

Du coup, ma question est : le modèle salvadorien est-il reproductible ou ne s’agit-il pas plutôt de l’application du syndrome NIMBY appliqué par un pays qui n’a pas un besoin vital des ressources de son sous-sol, laissant le soin à d’autres de saccager leur environnement pour que le monde puisse continuer à satisfaire sa gloutonnerie sans fond. S’agissant du Salvador, compte tenu du niveau de vie moyen du pays, il ne s’agit certainement pas d’un caprice de riches mais bien d’une décision politique mûrement pensée. Et que se passerait-il si tous les pays, sauf l’Afghanistan donc, bannissait les exploitations minières ? Pour en savoir plus, je me suis tourné vers ceux qui en savent plus que moi et qui peuvent le dire sans trop subir de pression et voici ce que j’ai trouvé
Des-limites-de-l’Economie-circulaire-la-question-des-métaux.pdf C’est facile à lire et ça tient en une dizaine de pages donc lisez-le.
Personnellement, j’en tire la conclusion suivante c’est que sauf grands changements, nous ne pourrons pas nous passer des extractions minières. Par grands changements, il faut comprendre : révolution démographique (inenvisageable à l’échelle du siècle ou alors inacceptable moralement), révolution de nos modes de vie (envisageable mais au prix de quels efforts de conviction), révolution de nos modes de production (envisageable mais cela suppose la disparition du modèle économique actuel).
J’en tire ensuite la conclusion principale que tous ceux qui mettent leur espoir dans l’économie circulaire en n’en voyant que les aspects réduction des déchets et recyclage des matériaux font une grave erreur d’analyse, surtout s’ils considèrent que ceci représente l’alpha et l’oméga de leur politique écologique. C’est certes nécessaire mais ce n’est pas suffisant.
Il faudra donc que toute la panoplie de l’économie circulaire soit mobilisée : consommer moins de minéraux, c’est aussi consommer moins tout court, donc se poser la question de la nécessité d’un produit ; c’est ensuite consommer moins souvent c’est à dire se poser la question de la durée de vie du produit ; c’est enfin consommer moins de minéraux par unité produite, c’est à dire concevoir différemment le produit.
Mais ceci ne suffira pas, au moins pour les 50 prochaines années, et il faudra donc continuer à aller chercher dans la Terre les minéraux dont nous aurons besoin afin de permettre à un plus grand nombre de bénéficier des « avantages » dont nous bénéficions actuellement. La question est donc : comment le faire sans tout dégueulasser ? C’est la seule question qui reste en pendant et qui justifie que tout projet d’extraction minière fasse l’objet d’une étude d’impact particulièrement fouillée et que les pouvoirs publics consacrent plus de moyens dans la recherche fondamentale en matière géologique et minière qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent.

Il se trouve que viennent d’arriver à la tête de l’Etat,deux personnages, le Premier Ministre et son directeur de Cabinet qui ont une connaissance un peu supérieure à la moyenne de ce secteur minier, l’un chez Areva, l’autre à la Compagnie Générale de Géophysique. C’est une situation ambivalente. En effet, soit ils sont conscients de ces enjeux écologiques et ce sera leur honneur de convaincre leurs anciens collègues de faire évoluer leurs pratiques, soit ils sont conscients des intérêts immédiats de leurs anciens amis et alors, l’économie circulaire peut devenir entre leurs mains un cercle vicieux.

Publicités
Cet article, publié dans développement durable, l'économie comme on la voudrait, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s