Le journal des bonnes nouvelles ou le paradoxe hollandais

L’ex-président François Hollande avait fait du redressement économique de la France le marqueur de son quinquennat. Faute d’avoir réussi à convaincre de la réussite de son action, il a finalement renoncé à se présenter. Il faut dire aussi que les péripéties de ses relations avec les journalistes, intimes ou moins intimes, avaient aussi fortement contribué à le déstabiliser.

Toujours est-il que pour l’instant, ce qui reste de son passage de 60 mois à la tête de l’Etat, c’est surtout son action en matière de sécurité et de défense. Celui qu’on surnommait Flanby pour sa consistance face aux événements politiques à l’époque où il dirigeait ce qui fut le premier parti de France s’est révélé être à la hauteur, en tout cas plus que son prédécesseur ou que ses contemporains en Europe et aux Etats-Unis, pour faire face aux menaces que font peser sur la démocratie, en France et à l’étranger, quelques milliers de dangereux fanatiques qui voilent leur haine de ce régime sous des oripeaux de religiosité. Bilan élogieux et pourtant… Cela faisait longtemps que les armées françaises n’avaient pas été simultanément sur autant de théâtres d’opérations extérieurs. Cela fait 18 mois que la France vit sous un régime d’exception et le sentiment d’insécurité est plus vif maintenant qu’en 2012

A l’inverse, sur le plan économique, il semblerait que les choses aillent mieux. Des tas de petites bonnes nouvelles s’enchaînent les unes aux autres pour constituer un faisceau de présomptions favorables. Voici un florilège de dépêches publiées le même jour sur un site d’informations économiques :
La fréquentation touristique en France a enchainé son deuxième trimestre de hausse
L’activité du commerce de détail en France renoue avec la croissance en avril
Hausse de 6,8% du trafic aérien de passagers en mars
Les prix alimentaires ont enchainé leur deuxième mois de baisse en avril, le sucre chute
L’indice CAC 40 au plus haut depuis janvier 2008
L’euro au plus haut depuis six mois

Si vous rajoutez à cela toutes les dépêches que j’ai commentées ces derniers jours sous la rubrique « journal des bonnes nouvelles », cela justifie en partie le ton autosatisfait de son bilan « je laisse la France dans un meilleur état que je l’ai trouvé ! »

Mais que voulez-vous, gouverner un pays ce n’est pas que prendre les bonnes décisions au bon moment, c’est aussi les expliquer et en faire comprendre le sens et la portée à ses concitoyens. C’est aussi quelque chose de non mesurable et qui fait de la fonction présidentielle quelque chose d’irrationnel : la chance. Pour qualifier cela, certains pays parle de baraka et de scoumoune. Avoir l’une ou l’autre fait partie des qualités ou des défauts du monarque et justifie ou non la confiance qu’on a en lui. D’avoir vu un président sous la pluie et dans les intempéries a peut-être marqué l’inconscient collectif des Français et confirmé que, décidément, ce président n’avait pas de chance.

Ce n’est pas le moindre paradoxe, pour un esprit aussi rationnel que celui de François Hollande, d’avoir peut-être été vaincu aussi par une vision quasi-superstitieuse de la fonction qu’il exerçait. Il aurait dû comprendre qu’en France, un Président de la République ne peut pas être normal, ce qu’il n’a pas été d’ailleurs.

 

 

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