Présidentielles : à nos chers disparus!

Il n’y aura pas de troisième débat sauf peut-être entre les deux tours mais entre les deux survivants, car, hélas pour eux,  les 9 autres auront disparus. C’est dommage mais c’est ainsi. Il faut dire que gérer un débat à 11 s’est avéré compliqué et ne permettait pas d’aborder les sujets traités sur le fond. Il aurait mieux valu deux débats, un entre les 5 « grands » et un entre les 5 « petits », le 11° qui se croit grand mais qui est encore petit (dans les sondages s’entend) pouvant débattre avec les deux s’il le veut : il a tant à dire le pôvre! Peut-être que les sujets auraient été mieux traités et qu’on aurait su ce que chacun avait à dire plutôt que ce débat escamoté auquel on a assisté le 4 avril, au point qu’on a l’impression que les sujets annoncés n’ont pas été discutés et qu’on est bien en peine de savoir ce que les uns et les autres feraient réellement si demain ils étaient élus. Mais s’il n’y avait que les programmes qui avaient disparus, ce serait moindre mal, puisque, de toute façon, en absence de majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale, l’action du gouvernement qui sortira des urnes en juin sera le fruit d’un compromis, à défaut d’un consensus. Le pire, ce sont les disparitions annoncées. Le pire? Peut-être pas.

Effectivement, il devait être question de l’Europe pendant au moins une heure et demi. Or, à quoi a-t-on assisté? 5 candidats sur les 11 ont dit qu’ils n’en voulaient pas, point barre. 2, au nom de l’internationalisme prolétarien ont évacué la question car inopportune. Sur les 4 restant, un seul a fait des propositions pour redessiner un futur crédible, 2 ont dit plus ou moins fortement, qu’ils renégocieraient les traités, mais renégocier quoi? Quant au dernier, de peur de prendre une veste(une de plus), il est resté évasif.
Europe, unique objet de leur ressentiment,
reste en dehors du débat qui se tient céans
car sur la question ils ne sont pas trop diserts
faute d’avoir une vision à laquelle on adhère
Deuxième absent du débat, l’écologie. Ah, certes, tout le monde où presque au détour d’une phrase y a  fait vaguement allusion : « grâce à la nécessaire transition énergétique » « car c’est bon pour l’environnement », « dans le cadre d’une croissance verte », etc… et j’en passe des ..vertes et des pas mûres. Mais de réflexion de fond sur une véritable politique écologique, pas la queue d’un bout de pensée. Atterrant, moins de 18 mois après la signature de l’accord de Paris.

Disparue l’Europe, disparue l’Ecologie! vous voyez où je veux en venir. Ne vous étonnez pas après cela que Europe Ecologie ait disparu et que dans le meilleur des cas, il ne reste plus que « les Verts » et encore ces derniers ont réussi à résoudre à leur façon le dilemme du « à moitié plein, à moitié vide ».
Mais ils ne seront pas les seuls à disparaître de la carte, si on en croit les auspices. Le score de plus en plus « verts » du candidat socialiste font penser à certains que le parti né en 1971 à Epinay, dans la ville dont Bruno Le Roux fut maire, va disparaître comme disparut la SFIO, emportée par le résultat « PSUiste » du tandem Deferre/Mendès-France. C’est sûr que cela va laisser un vide encore plus impressionnant.
Mais la liste des disparitions risque de ne pas s’arrêter là. Certes le parti de Thorès, Waldeck-Rochet, Marchais n’est plus que l’ombre de lui-même mais il a prouvé lors de l’épisode plein de suspense des parrainages qu’il avait encore un pouvoir de nuisance. Il n’est pas sûr que dans l’attelage qu’il forme avec les INSOUMIS, il ne soit pas devenu l’alouette du pâté du même nom, écrasé par le cheval Mélenchon.
A droite, il va sûrement se passer des choses mais cela m’intéresse moins puisque, aussi bien, ils passent leur temps à se recomposer, se rebaptiser, se pactiser sans qu’au fond rien ne change beaucoup ni dans leurs pratiques, ni dans leurs doctrines.
Pour en rester à la gauche au sens large, toutes ses disparitions vont créer un grand vide qui va laisser orphelin l’électorat « de gauche » qui représente quand même, bon an mal an,  entre 40 et 55% du total des votants.

Au lieu de se désespérer, voilà autant de raisons de croire que demain sera meilleur qu’aujourd’hui.
En effet, n’a-t-il pas fallu la raclée mémorable des présidentielles de 1969 pour que toutes les chapelles se revendiquant peu ou prou du socialisme se regroupent à Epinay, les dernières composantes rejoignant le mouvement après la quasi-victoire aux présidentielles de 1974.
En effet ,n’a-t-il pas fallu la déconvenue des élections européennes de 2004 puis la déroute des élections présidentielles de 2007 pour qu’émerge en 2009 Europe Ecologie qui aurait pu devenir le grand parti écologiste dont beaucoup rêver à cette époque?
Quant au PC, je dois dire qu’il n’a plus son avenir entre ses mains et que si son groupe parlementaire, il aura cessé d’exister en tant que force politique.
Mais si tout ceci laisse augurer des recompositions fécondes qu’on peut penser autour de 2 ou 3 pôles, il faudra peut-être que soit réglé dans la tête de beaucoup, ce qu’est « être de gauche » et ses deux corollaires « ni droite, ni gauche » , « de droite ET de gauche » qui sont à ce stade de la réflexion politique plus des sujets d’anathèmes que des voies de convergence.

Il y aura urgence, car la nature ayant horreur du vide, une autre  qui se revendique au-delà des clivages « droite/gauche » bien qu’étant clairement ancrée à un extrême de l’échiquier, risque fort d’occuper un peu plus de terrain, suffisamment en tout cas pour contourner le fameux plafond de verre qui jusqu’à présent nous en préserve.

 

Publicités
Cet article, publié dans démocratie, je dis ton nom, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s