Il a été élu pour ça et il osera tout

Les 100 premiers jours du quadriennat de Donald Trump s’annonçaient assez animés. En effet, il a été élu en proposant un programme extrémiste et à partir de prises de position et déclarations publiques outrancières.

Si vous avez cru qu’il s’agissait là de propos de campagne et que tout se calmerait dès que les élections seraient passées, c’est que vous avez fait une erreur d’appréciation, erreur que j’ai faite également car cyniquement on peut penser que les promesses n’engagent que ceux qui les tiennent est un mode de raisonnement courant dans une démocratie un peu frelatée mais qui à l’usage arrive à équilibrer toutes les outrances de tribune.

Ainsi j’ai eu beaucoup de mal à croire que « la finance » était réellement l’ennemi du Président de la République sortant mais je pensais que le jeu parlementaire pouvait introduire plus de retenue dans les dérives du système bancaire français.

Et si vous prenez toutes élections de ces 40 dernières années dans la plupart des démocraties européennes à droite comme à gauche, en France (« la réduction de la fracture sociale », « ensemble tout devient possible », « la démocratie participative », « le changement c’est maintenant ») comme à l’étranger (Tsipras en Grèce par exemple, Blair au Royaume-Uni ou le SPD de Schroëder en Allemagne), les élections se sont faites sur des promesses auxquelles les électeurs voulaient croire. Ces promesses n’ont pas toutes été tenues loin de là car elles n’étaient pas toutes tenables. Evidemment, cela nuit à la crédibilité des hommes politiques qui s’en sont servis mais cela n’a pas remis en cause les fondements de ces régimes démocratiques. En fin de compte, les peuples n’en veulent pas après coup à leurs élus d’avoir mené une politique plus modérée que leurs propos outranciers ne le laissait croire. Certes, il fallait leur faire payer leurs petits mensonges et donc les renvoyer pour quelque temps dans l’opposition, quitte à les faire revenir quelques années plus tard.

Manifestement  Monsieur Trump est d’une autre trempe et ceci n’a rien de laudatif sous ma plume. Ses premiers gestes ont été spectaculaires mais pour l’instant peu efficaces car la riposte l’a été, notamment sur les décrets anti-immigration sélectifs. Il a récidivé sur le système de protection sociale instauré par son prédécesseur mais là il s’est fait contrer non seulement sur sa gauche mais aussi sur sa droite. Pensez-vous que cela le décourageât. Que nenni ! Dans la foulée, il détricotait une partie de l’action en matière d’environnement par décret et pour l’instant personne n’a vraiment réagi. DE même, il a commencé à construire son mur. Et naturellement, en application du spoil system, il a systématiquement mis aux postes clés dans les administrations et les agences les gens qui pendant des années s’étaient opposés à l’action de ces administrations et ces agences. Et soyez sûr qu’il continuera. La seule chose qui puisse le bloquer, c’est que l’opposition soit tellement efficace qu’il arrivera aux élections de mi-mandat avec un bilan tellement maigre que les 4 à 5% qui font la différence dans les élections  basculeront dans le vote sanction par déception et impatience. Par contre si la garde baisse, il continuera sans se démonter.

N’oublions pas que d’autres se sont faits également élire sur des programmes radicaux et qu’ils ont connu des débuts difficiles, comme l’actuel président turc qui fut longtemps un Premier Ministre qui osait, puis se dérobait face à l’opposition jusqu’à ce qu’un jour une partie de son opposition se lasse, à gauche, ou se fâche et commette l’erreur fatale d’un coup d’Etat manqué. Depuis il a l’horizon dégagé comme jamais mais cela lui a pris 10 ans.

Il est à craindre qu’à force de pilonner, Trump ne finisse par trouver une faille. On ne peut pas non plus exclure qu’il apprenne les codes de Washington et que s’appuyant sur les relais qu’il est en train de mettre en place dans les administrations et agences d’Etat, il sape progressivement toutes les avancées des années Obama ET Clinton (Bill pas Hillary).

C’est toujours ainsi que les extrémistes arrivés au pouvoir par la voie démocratique agissent et cela se termine souvent par … la disparition de la démocratie. La leçon est à méditer dans les pays d’Europe occidentale qu’une telle aventure pourrait tenter dans les semaines ou les mois à venir. Cela peut être le déclenchement d’un processus qui pourrait mal se terminer pour leur régime démocratique dont ils sont pourtant si fiers.

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