Le corps électoral

Le corps électoral : quel drôle de nom pour désigner les quelque 45 millions de Françaises et de Français qui vont être appelés à choisir le 23 avril puis le 7 mai, la personne qui incarnera la France pour les 5 années à venir. En effet, on dirait un ensemble compact, homogène. Or les débats, ou plutôt la cacophonie, auxquels nous assistons montrent le contraire. Mais cette métaphore anatomique m’a inspiré quelques réflexions.

Si je votais avec mes tripes, il est vraisemblable que je voterais pour ce tribun au verbe haut, aux accents souvent lyriques, dont les discours sont pétris de références à la gauche historique mais aussi aux fondamentaux de notre patrie, dont les colères, maintenant mieux maîtrisées, sont souvent mes colères, dont les indignations contre les injustices du système économique sont souvent mes indignations.

Si je votais avec mon cœur, il est vraisemblable que je voterais pour cet éternel jeune homme qui  croit que la solidarité est une vertu majeure, que les richesses peuvent être mieux partagées pour que chacun puisse avoir en fonction de ses besoins et non  plus uniquement en fonction de sa contribution à la création de ces richesses, qui pense que l’Europe reste un projet généreux mais perfectible dans un sens de plus de solidarité et de justice sociale.

Si je votais avec mon cerveau, il est vraisemblable que je voterais pour celui qui propose que les choses bougent sans que pour autant tout soit chamboulé, qui veut mettre le maximum de personnes autour de la table pour que ces changements soient acceptés par la plus large majorité possible, qui pense que l’Europe est le champ incontournable de notre avenir.

Si je votais ainsi j’oublierais aussi tous les aspects négatifs de leurs candidatures ou considérerais que dans la balance, cela pèse moins que l’attractivité « anatomique »  de leurs propositions.

Mais me direz-vous, dans votre métaphore anatomique, vous oubliez deux candidatures majeures. Exact, mais j’y viens derechef. S’agissant de l’héritière de Montretout, jamais je ne pourrais voter pour quelqu’un qui surfe sur nos peurs les plus irraisonnées, en d’autre terme qui me demande de voter avec mon cerveau reptilien, celui que je partage avec de nombreuses espèces animales mais ne permet pas de faire des choix raisonnés.

Reste enfin le dernier candidat important. Son camp aurait pu faire le choix d’un candidat qui, lui aussi faisait appel à mon néo-cortex mais plutôt à son hémisphère droit. Hélas, les électeurs de la primaire ont fait un autre choix. Désolé, mais dans la mesure où je ne me suis pas fait greffer une calculatrice, qui plus est ne connait que les soustractions, je ne pourrais pas voter pour lui.

Si je ne parle pas des petits candidats, ce n’est pas que je manque d’images métaphoriques anatomiques pour les décrire mais surtout parce que l’élection présidentielle est dans mon esprit, le moment de choisir quelqu’un qui a des chances de pouvoir être élu. C’est ce qu’on appelle le vote utile, dès le premier tour. Jusqu’à présent, j’avais toujours voté soit avec mon cœur soit avec mes tripes au premier tour de l’élection présidentielle, me réservant la possibilité de voter avec ma raison au second tour. Mal m’en a pris en 2002. Comme je ne souhaite pas revoir cela, finalement je voterai deux fois avec mon cerveau dès le premier tour de cette élection.

Mais pour autant, je ne serais pas satisfait par ce choix mutilant. Il sera utile, nécessaire mais pas suffisant. En effet après le 7 mai s’ouvrira une nouvelle séquence et là, il faudra bien que le cœur, les tripes et le cerveau de gauche s’accordent, voire même qu’une partie de l’hémisphère droit les accompagnent le cas échéant. Mais ceci est une autre histoire, dont on pourra parler d’ici là. Toutefois, je fais le pari suivant : 80 sièges pour le FN, entre 120 et 150 sièges pour la « droite et le centre », environ 100 sièges pour « la majorité présidentielle », entre 100 et 130 sièges pour ceux qui se revendiqueront du PS et de ses alliés actuels. Restent dans mon décompte au moins 100 sièges dont je ne sais pas qui les detiendra et c’est là l’enjeu de ces élections.

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2 commentaires pour Le corps électoral

  1. Yahia dit :

    Tout compte fait.ça mélange la physiologie; l’humoral et le neuronal !

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