Merci patron ! merci patron !

Les petits producteurs de lait n’en peuvent plus d’essayer de survivre aux crises du lait à répétition. Ils sont en fait les victimes d’une bataille de titans entre les géants de la distribution, dont quelques coopératives ou ex-coopératives, et les géants de la collecte, dont beaucoup de coopératives ou ex-coopératives. Parmi ces derniers, il y a le n°1 mondial des produits laitiers qui ne fait pas vraiment dans la tendresse, ni dans la délicatesse, sauf pour ses pâtes molles aseptisées
Les producteurs remerciés par Lactalis ont trouvé une nouvelle laiterie
Le seul « crime » de ces producteurs de lait avait été de dire lors d’une émission de télévision, la réalité que je viens de résumer en une phrase. Pour le PDG de cette entreprise, c’en était manifestement trop et « l’humanisme » de sa réponse ne fait que confirmer tout le bien que les dits éleveurs avaient pu dire de lui et de ses pratiques commerciales : chaleureux dans les affaires, chaleureux dans la vie et vice versa.

Mais en fait c’est un mal pour un bien puisque cela a permis à ces éleveurs de rejoindre une initiative dont j’ai déjà parlé « le lait des consommateurs »  qui semble marcher de mieux en mieux,  La marque « C’est qui le Patron ? » s’envole  Certes, il ne faut pas se leurrer, si cette nouvelle marque réussit une perce un peu visible, c’est parce que certains grands de la distribution y ont vu là un moyen de faire pression sur les collecteurs dans le cadre de ce gigantesque bras de fer qui les opposent pour la captation des marges. Mais enfin, comme disait Deng Zao Ping « peu importe que le chat soit noir ou gris, pourvu qu’il attrape les souris ».

On pourrait en rester là mais certains vont plus loin Agriculture. 54 producteurs créent leur propre laiterie Ce faisant, ils renouent avec les origines du mouvement coopératif. Quel retour ! Il pourrait être bien d’ailleurs qu’à l’instar de ce qui s’est fait  avec cette coopérative du Loiret, la nouvelle coopérative costarmoricaine s’enrôle sous la bannière de la marque  des consommateurs. Cela serait la preuve que les deux bouts de la chaîne ont décidé de s’allier face aux différents intermédiaires dont la valeur ajoutée réelle sur le produit est infiniment moindre que la valeur ajoutée financière qu’ils prélèvent sur celui-ci.

Mais ceci reste encore un mouvement en devenir et l’histoire du mouvement coopératif nous montre que de beaux rêves se sont souvent achevés en cauchemars. Le succès résidera dans la façon dont ces deux parties prenantes vont s’entendre et surtout, ne vont pas, par manque d’expérience, par lassitude ou par paresse, laisser la gouvernance passer entre les mains de quelques-uns dont la préoccupation première n’est pas justement l’intérêt des parties prenantes ; ça s’est déjà vu, relisez ce que j’écris plus haut sur les origines de certains grands de la distribution ou de la collecte de lait.

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