L’éthique des affaires : ce n’est pas qu’une affaire d’éthique

Une entreprise franco-suisse est mise sur la sellette pour avoir contribué, directement ou indirectement, sciemment ou « à l’insu de son plein gré », au financement d’actions criminelles d’organisations contre lesquelles plusieurs démocraties sont en guerre.  Il se trouve que la même entreprise n’a pas nié vouloir participer à la construction d’un mur dans le Sud des Etats-Unis pour « assurer l’étanchéité » de la frontière mexicaine, un peu comme les murs qui ont existé ou existent encore pour empêcher des populations de circuler d’un pays à l’autre ou d’une région à l’autre d’un même pays. Du point de vue des droits humains, c’est évidemment condamnable. Mais du point de vue de l’éthique des affaires ? Il semblerait qu’une entreprise ait considéré que oui Vinci ne participera pas au mur de Trump
Quoique quand on lit la légitimation de cette position, on reste un peu sur sa faim : « ça pourrait froisser les salariés de l’entreprise ». Il s’agit donc d’une opération de gestion de relations sociales et donc cela ne concerne qu’une catégorie de parties prenantes de l’entreprise. Quelle pudeur ! car il y a une autre catégorie de parties prenantes qui commencent à réagir lorsque l’attitude d’une entreprise fait des remous dans l’opinion publique, ce sont les actionnaires. Non pas que cela les choque fondamentalement mais une opinion publique c’est aussi un marché et quand le citoyen regimbe, le consommateur qu’il est aussi, hésite et parfois se détourne. Des parts de marché en moins, aussi faibles soient-elles, ce n’est jamais bon pour le bas de bilan.

Mais heureusement, il y a des actionnaires qui ont des  exigences morales plus fortes. Parmi eux, il y a des fonds de placement et parmi ces derniers, le plus important d’entre eux, le fonds souverain norvégien qui s’est singularisé depuis quelques années par son désengagement progressif mais résolu de toutes les entreprises dont le produits, les modes de production ou les pratiques sociales sont de nature à porter atteinte à l’homme ou la nature. C’est louable mais pour autant, ce n’est pas louer par les spécialistes de la finance qui juge durement les performances  Ethique et finance ne font pas bon ménage Quel aveu de la part d’un média qui n’existe que par la finance et la valorisation boursière de ses actions : un fonds d’investissement, si on comprend bien le sens de cet article, c’est fait pour faire un maximum de profit. On est loin de la justification apportée par les partisans du système boursier : les investisseurs ne sont pas là pour financer l’économie et notamment cette économie qui répond aux besoins réels des gens.

Ceci étant dit, jetez quand même un œil sur cet article et voyez quelles sont les entreprises qui ont, le mieux, tiré profit (c’est le cas de le dire) de l’année 2017 Bourse. La formidable année du CAC 40…

Auxquelles de ces entreprises donneriez-vous un brevet d’éthique?

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