quelques « con » autour de l’écologie

Derrière ce titre un peu  provocateur, j’ai essayé de faire (le plus sérieusement possible) l’analyse des divers avatars de la pensée et de l’action écologique. Or j’ai constaté, avec une certaine délectation je dois dire que la plupart d’entre eux commencé par le préfixe « con », lui-même issu du latin « cum » , c’est à dire « avec ». Donc vous voyez, il n’y a là aucune volonté agressive ni péjorative …sauf peut-être à la fin

les contestataires
Il y a d’abord l’écologie comme la présente volontiers les médias, celle de la contestation, de toutes les contestations devrais-je dire,l’écologie qui dit « non » à tout projet nouveau au motif que cela pourrait bouger un peu les lignes d’un équilibre fragile. Mais il ne faut jamais oublier que ce sont ces écologistes qui ont permis au propos écologiste de faire une première percée dans l’opinion. Ils ont donc été nécessaires et sont encore utiles car leurs dénonciations même permettent de bloquer des projets, baptisés par eux du nom génériques « grands, inutiles et imposés ». On peut juste leur reprocher parfois leur jusqu’au boutisme et l’utilisation de procédés d’aussi mauvaise foi que ceux qu’ils combattent. Mais on leur pardonne volontiers car ils sont convaincus que leur combat est juste et essentiel pour l’avenir de notre planète

les convaincus
Mais ils ne sont pas les seuls convaincus de la justesse de ces analyses. L’écologie est peuplée de gens convaincus. Et j’utilise à dessein cet adjectif. En effet, on ne naît pas écologiste, on le devient et chacun a suivi son propre chemin pour arriver à cette conviction qu’ils partagent : le monde est un système aux limites finies et toute atteinte aux ressources de ce système, aussi légitime qu’elle puisse être, a forcément des conséquences sur l’ensemble du système et qu’il est indispensable d’anticiper ses éventuelles conséquences avant de commettre quelque chose qui serait irréparable. C’est partant de cette analyse qu’est né par exemple le fameux principe de précaution, qui n’est en aucune façon une invitation au blocage de toute initiative comme  veulent leur faire croire les membres de la dernière catégorie dont je parlerai plus loin mais une invitation à la réflexion pour faire mieux qu’hier afin que demain ne soit pas pire qu’aujourd’hui. Il y a donc parmi ces convaincus des gens qui considèrent que tout n’est pas bloqué et qu’il existe encore des pistes de progrès à condition de donner un autre sens et un autre contenu à ce terme. Malheureusement, la science, qui fut la base du progrès ces deux derniers siècles, n’apportent plus les certitudes qui permettaient qu’un consensus social apparaissent. Afin d’emporter la conviction , il faut donc aller à la recherche de nouveaux consensus fondés sur d’autres schémas d’analyse.

les consensuels
On ne naît pas écologiste, on le devient, tout est question de parcours de vie, de rencontres, d’événements qui vont convaincre du bien-fondé de l’analyse écologiste. Et c’est le sens de la démarche de ces écologistes consensuels : convaincre pour ne pas avoir à combattre. Rien de plus difficile à trouver, pourtant, que le consensus mais rien de plus fort non plus que lui dès lors qu’on l’a obtenu. C’est une démarche exigeante, faite d’écoute, de pédagogie mais aussi de rigueur. Elle n’aboutit pas toujours mais pour peu qu’à côté, il y ait la même démarche de bonne volonté, il arrive souvent que soient semés à cette occasion les germes d’une « conversion « , mot que j’emploie à dessein, bien que je n’aime pas trop cette connotation religieuse

les convertis
On ne naît pas écologiste, on le devient. Tous les écologistes sont donc des convertis. Mais il y en a de plusieurs catégories. Je ne reparlerai évidemment pas des catégories que je viens d’esquisser mais je me limiterai ici aux convertis récents. Il y a d’abord ceux qui, face aux preuves que la nature leur administre tous les jours de la justesse des analyses des écologistes (changement climatique, danger sanitaire, raréfaction des ressources, etc…), se disent qu’il y a quelque chose à faire. Mais pour passer du constat à la conclusion, il y a parfois tout un parcours intellectuel à mener et ce n’est pas parce qu’elle devient « verte » que la croissance devient vertueuse et ce n’est pas parce qu’elle est « écologique » que la planification  n’est pas castratrice des énergies. En politique, de ces convertis, on en voit de plus en plus

Mais parmi ces convertis du milieu politique, on voit aussi beaucoup de convertis par opportunisme pour qui « Paris vaut bien une messe » et après on verra. Cette sentence a permis en son temps à Henri de Navarre de devenir Henri de France et il ne fut pas le pire des rois qu’ait connu ce pays, parce qu’il avait compris que, dans la situation où se trouvait ce royaume, il fallait trouver, à défaut de consensus, un compromis

les compromis
Voilà le mot est lâché. Trouver le grand compromis. Certains dans leur parcours politique ont cru de bonne foi que trouver un compromis était la bonne voie pour convaincre mais parfois de compromis en compromis, on passe à la compromission, soit que la faiblesse humaine, soit que le pouvoir de conviction est fait que qui croyait influencer, s’est laissé influencé. Ce sont les nouveaux parias de l’écologie. Mais pour autant ont-ils renoncé à toutes leurs analyses, à tous leurs schémas de pensée? Personnellement, je ne le crois pas.

Finalement, cela fait beaucoup de monde qui peu ou prou partage, a partagé ou partagera une vision du monde radicalement différente de celle qui a prévalu longtemps.

Est-ce dire pour autant que l’horizon de l’écologie est radieux? Certes non, car il existe une dernière catégorie, ceux qui sont contre

les contre

Ils n’ont jamais abandonné le combat idéologique et des élections récentes leur ont donné de nouveaux porte-voix et on les retrouve partout, entre ceux pour qui « l’écologie ça commence à bien faire », « le changement climatique est une invention idéologique » et  ceux qui, convertis par opportunisme à l’écologie parce que les voix écologiques portaient plus fort, seront demain climato-sceptique si les sondages les y incitent.
Leur motivation est parfois scientifique car comme on n’a pas  prouvé de façon irréfutable, tout ce qui fait le substrat scientifique de la pensée écologique, le doute est encore permis. Elle est aussi souvent économique voire plus prosaïquement financière car si la défense des équilibres écologiques n’a pas de prix, elle a un coût que certains ne veulent pas partager.
Et enfin, il y a les gens qui sont contre l’écologie par pur conservatisme et pour qui changer de mode de vie, de façon de pensée est une torture morale. Ils sont encore nombreux et pour certains, les financiers très puissants.

C’est pourquoi il est indispensable que tous les autres « con » prennent enfin conscience qu’ils représentent une force sociale importante qui n’a pas encore trouvé sa traduction dans la gestion de la cité. Il serait temps pour tous de comprendre que gouverner c’est à la fois être
convaincu
convainquant
consensuel
prêt au compromis
concernés
et conetera , et coetera

 

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