L’Irlande casse le thermomètre : Quel aveu !

En Juillet dernier, l’Etat irlandais stupéfia le monde économique en révisant ses prévisions de croissance. Comme je l’indiquais dans un petit commentaire de la presse de l’époque, Les prismes journalistiques : cas n°7 la « croissance irlandaise cela n’avait rien à voir avec l’économie réelle mais beaucoup avec le statut de refuge fiscal, sur lequel l’ile verte fonde sa « prospérité » actuelle.
Mais même pour un esprit aussi facétieux que l’esprit irlandais, cela ne faisait pas très sérieux d’afficher un taux de croissance « révisé » du PIB de 26%, déjà que 7.6% faisait un peu provocateur dans une zone euro dont le PIB ne progressait dans le même temps que d’un tout petit 1.5%. Il y avait donc manifestement « quelque chose de pourri dans le royaume d’Irlande ».
A force de torturer leurs méninges, les technocrates de Dublin ont trouvé la solution. Puisque l’outil de mesure de la santé de notre économie indique qu’il y a quelque chose qui cloche, changeons …l’outil de mesure.  L’Irlande va abandonner le PIB comme étalon de son économie
Et en changeant la façon de mesurer la variation de richesse, les économistes irlandais font un aveu énorme. On abandonne le PIB avec P comme production, pour le remplacer par le RNB avec R comme Revenu. C’est une logique imparable : en effet, ce qu’on veut mesurer ce n’est pas ce qu’on a produit mais le revenu dont on dispose. Ceci a une signification évidente : en prônant ce changement  d’indicateur, l’Irlande déclare à la face du monde qu’elle devient un pays de rentiers, car peu importe ce qu’ils produisent, seul compte ce dont ils disposent pour jouir de la vie.

Reste à vérifier que cet indicateur mesurera l’évolution réelle de conditions de vie de millions d’Irlandais, ce dont je doute fort. Mais ceci est une autre histoire.

Reste aussi que cette décision unilatérale pose d’autres questions, à l’Union Européenne et singulièrement aux pays de la zone euro dont une qui devrait faire sourire les Irlandais si, dans l’aventure, ils n’ont pas perdu leur sens de l’humour : comment pourra-t-on vérifier le respect des critères de Maastricht s’il n’y a plus de calcul du PIB ?(1)

(1) rappelons les critères de Maastricht : déficit public inférieur à 3% du PIB, dette publique inférieure à 60% du PIB

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