J’suis né dans un p’tit village

François Béranger le chantait déjà dans les années 70 « j ‘suis né dans un p’tit village » https://www.youtube.com/watch?v=CQXKAudC5Aw pour dénoncer les effets de l’exode rural qui avait vidé les campagnes françaises dès les années 60. Depuis la France est urbaine à plus de 80% et le rêve de beaucoup d’urbains est même de devenir métropolitain puisque c’est, paraît-il, dans les métropoles que va se construire le monde de demain ou pour parler comme les édéconomistes à la Christian Saint-Etienne, là où va se créer de la valeur.
Si on en croit ce que disent les médias, ils n’ont peut-être pas tort mais depuis le temps (un demi-siècle tout de même) qu’on nous prédit la fin du monde rural, je trouve que le cadavre est encore bien vivant. Voici quelques exemples parmi d’autres pour se redonner espoir en la possibilité d’un autre modèle de développement des territoires inter-métropolitains

L’agriculture est l’avenir du monde rural.

Quelle belle découverte je viens de faire là! Mais quand on voit l’état de la plupart des filières agricoles, on peut en douter. Notre modèle d’agriculture, hérité lui aussi des années 60, semble à bout de souffle. Tout ceci pourrait laisser penser que, cette fois ci, c’est bien fini, il n’y aura plus , non pas « Paris et le désert français » comme l’écrivait le géographe Jean-François Gravier en 1947, mais les-metropoles-et-le-desert-francais Mais cela pourrait changer car le monde paysan est en train de se rendre compte que le moule dans lequel on l’a enfermé pendant 5 décennies est en train de se briser. D’un côté, vous avez ceux qui pensent que c’est le mode de production lui-même qui est en cause, non seulement pour des raisons économiques mais aussi pour des raisons écologiques et cela semble leur réussir. Du coup, ce qui apparaissait il y a quelques années encore comme un marché de niche est devenu une véritable alternative. Certains territoires ruraux y retrouvent leur dynamisme, qu’il s’agisse d’une commune isolée Déserté, un petit village de Dordogne reprend vie en misant tout sur le bio ! ou même carrément de toute une vallée http://www.biovallee.fr/
Ces deux démarches ont en commun, outre qu’elles s’appuient sur le développement de l’agriculture biologique, de combiner les énergies des élus et des habitants
D’un autre côté, il y a ceux qui pensent que le modèle est bon mais que la stratégie poursuivie n’est pas la bonne. Vouloir nourrir la planète entière était un leurre ; Mieux vaut valoriser les atouts dont on dispose avec les outils les plus performants à notre disposition. C’est la démarche poursuivie par les laboratoires plus ou moins liés à l’agro-business qui misent tout sur l’innovation et singulièrement sur le numérique Valorial veut accélérer l’innovation grâce au numérique. Toutefois, quand on lit ce qui s’est dit lors d’un récent colloque en banlieue rennaise, il apparaît que les deux démarches ne sont pas incompatibles notamment si le bon usage du numérique, c’est à dire l’anti-Uber, pour reprendre l’image utilisée à ce propos par le patron de Valorial, permet une meilleure traçabilité de la production et un renforcement du lien direct entre producteur et consommateur final, en court-circuitant les intermédiaires.

L’énergie de nos campagnes

Pour mettre en œuvre le programme ambitieux de transition énergétique de son gouvernement, la ministre en charge de l’environnement avait lancé un appel à projet sur un programme appelé « territoires à énergie positive pour la croissance verte » Un territoire à énergie positive, qu’est ce que c’est ? Le résultat a été intéressant puisque plus de 500 collectivités locales ont répondu et proposé des projets dont 200 environ ont été retenus. Si j’en parle, c’est que aussi bien en ce qui concerne les concurrents que les lauréats, la majorité des dossiers provenaient de collectivités rurales . Ceci prouve deux choses : la première est que ces collectivités souffrent financièrement plus que les autres et sont donc plus à l’affut de toute opportunité d’abonder leur budget ; la deuxième est qu’elles ne manquent ni de créativité, ni de savoir-faire pour monter des dossiers qui souvent demandent une bonne dose de technicité. Certes il y ait beaucoup question d’énergies renouvelables et d’autonomie énergétique mais plus rarement de hi-tech. C’est pourquoi l’exemple de cette commune est intéressant Start-up. Saint-Sulpice-la-Forêt, la smart city qui inspire Shanghai
En effet cette commune,qui pourtant ne fait pas partie des lauréats de l’appel à projet TEPCV a fondé sa politique sur l’utilisation intensive du numérique. Certes cette commune ne fait pas partie du « rural profond » comme on dit mais plutôt de la couronne périurbaine d’une métropole . Mais justement c’est peut-être parce qu’elle a su marier les liens de convivialité que permettent encore les petites communes avec la mobilisation de compétences de haut niveau qu’on ne rencontre que dans les grands centres urbains que, ensemble, ils en sont arrivés à ce résultat.

Peut-être faut-il voir dans tous ces exemples qui combinent solidarité territoriale et savoir-faire technique élevé des prémisses de ce qui pourrait constituer un modèle de développement dont les uns et les autres cherchent à tâtons le mode d’emploi.

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