imprévisibles démocraties -rubrique récurrente décidément

Ces mois-ci, vous pouvez consulter les peuples, de droite et du centre, de gauche, écologiste, français, britannique, étas-uniens, balte ou colombien, vous ne serez jamais déçu : ils déjouent toujours les pronostics et refusent obstinément de répondre comme le voudraient les dirigeants, les instituts de sondage et les médias.

Le résultat de la primaire des droites françaises n’échappent pas à la règle.

Il va falloir s’y habituer et commencer à en tirer les conclusions. Apparemment, les primaires, aux Etats-Unis comme en France ont été un désaveu des appareils partisans. Trump était tout sauf le candidat de l’establishment républicain. Duflot qui avait fait un congrès à sa botte à Pantin est sortie par la petite porte. Sarkozy qui avait choisi comme stratégie de rentrée de prendre d’assaut l’appareil de l’UMP et y était parvenu, sort lui aussi par la petite porte. Je serais Hollande, cela me donnerait à réfléchir.

Mais pour autant, les vainqueurs de ces deux primaires sont-ils des candidats anti-système. Pas vraiment en ce qui concerne Fillon qui avait bataillé contre Copé pour prendre le parti et qui incarne à merveille le programme de ce parti. Pas vraiment non plus pour Jadot, qui venant du monde associatif, s’est parfaitement coulé dans le moule partisan quand beaucoup de ses compagnons d’Europe-Ecologie s’en sont éloignés, dégoutés par les manières sectaires des vieux Verts.

Il semblerait au contraire que le choix des électeurs de ces deux primaires, qui sont majoritairement des non-militants, ait été de désigner comme champion, celui qui incarnait le mieux les aspirations des sympathisants , et donc les promesses qui avaient été faites lors des précédentes consultations, contre les dérives des appareils politiciens qui, pour des raisons parfaitement inavouables, les avaient déjà renvoyées aux oubliettes des espoirs déçus.

Cet attachement à des promesses difficiles à tenir a quelque chose d’à la fois encourageant et rafraîchissant mais aussi de désespérant. Tant que des électeurs seront capables de réaffirmer, consultation après consultation, qu’ils croient aux promesses qu’on leur a faites, et qu’ils entendent qu’elles soient tenues, laisse penser que la foi en la démocratie représentative n’est pas morte. Y croire malgré les déceptions a quelque chose de naïf et de désarmant. Mais savoir qu’il y a neuf chances sur dix qu’en fin de compte, le programme pour lequel l’un d’entre eux aura été élu ne sera pas mis en oeuvre a de quoi désespérer. C’est pourquoi  l’espérance, comme la foi d’ailleurs,  est une vertu théologale.

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