COP 22 Marrakech impressions grises

Oh ! Certes le ciel est redevenu bleu azur mais ce mardi 15 novembre la couleur était au gris, mais pas n’importe quel gris, le gris anthracite (tout un symbole !) des costumes stricts des gens de cabinet qui gravitent autour des ministres et des chefs d’Etat. Car le 15 novembre 2016, le grand événement c’est l’arrivée des dirigeants.

Sur la zone verte,  cela serait passé inaperçu tellement la zone bleue où ces puissants se réunissent semble loin même si à pied on peut y aller en 3 minutes. Certes  on sentait que l’atmosphère avait un peu changé , contrôles renforcés dans les navettes qui nous amènent du centre ville au terrain de la conférence, voitures de police plus nombreuses dans les rues et un peu plus de forces de sécurité dans l’enceinte même mais globalement l’atmosphère reste bon enfant. Rien à voir avec l’atmosphère de siège qui régnait à Paris en décembre 2015.

Bref !  La journée se déroulait normalement : les puissants discouraient en zone bleue, en séance plénière, la société civile bruissait en zone verte. Chacun à sa place et la COP était bien gardée.

Puis vint la rumeur
«  Il va venir ! »
« Mais qui donc ? »
« Le président ! »
« Quel président ? » entonne le chœur polyglotte.
« Mais François Hollande, bien sûr ! »
« Ah ! bon » dit le chœur
et chacun retourne à ces petites discussions qui meublent les journées et qui mises bout à bout tissent un réseau qui s’étoffe de journée en journée, de COP en COP. Il n’empêche, tout le monde garde un œil vers l’entrée du hall , au cas où…
Puis ça y est : il est là. Enfin, on devine qu’il est là car à 18h48, un tel attroupement dans une allée est forcément anormal. Et puis il y a cette forêt de micros et tous ces anonymes qui, téléphone tendu, photographient le dos de celui qui photographie le dos de celui qui trop près du cortège ne peut rien photographier, balloté et serré qu’il est par tous ceux qui comme lui rêvent d’être au premier rang pour le voir passer.
Ah! pour passer, il est passé ; il n’a même fait que cela. Il est très fort s’il a vu quelque chose. Raide comme un passe-lacet, il donne l’impression d’être ailleurs. Peut-être est-il réellement ailleurs. Puis la nuée grise passe emportant avec elle sa forêt de micros et e caméras. Pourquoi donc sont-ils venus ici ?

Grise aussi la journée, c’est-à-dire ni noire, ni blanche, donc un peu noire et un peu blanche à la fois. En effet à trois jours de la fin, on ne sait toujours pas s’il y aura un accord sur un texte, s’il y aura des engagements plus précis sur les financements, si les sujets comme la prise en compte du genre dans les programmes publics, si la question agricole rentrera dans le champ, si les zones humides seront intégrées dans un prochain accord. Bref personne ne sait si ce pourquoi il est là aura été utile.

Grise la journée parce que personne ne s’est encore remis de la claque prise le mercredi précédent , parce que personne ne sait si la réversibilité de l’accord est réellement irréversible. Après tout le traité de l’Union était aussi irréversible et cela n’a pas empêché le Brexit.

Mais, comme dit l’autre, il existe plus de cinquante nuances de gris !

Cela dit, quand tu liras ces lignes, il est vraisemblable qu’on saura si cette journée était à marquer d’un galet blanc ou d’une pierre noire.

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