Protéger les baleines : c’est assez !

Les médias se remobilisent pour le climat. C’est normal puisqu’après la COP 21 de Paris, s’ouvre le 7 novembre 2016 la COP 22 à Marrakech. Cette attention portée aux effets du réchauffement climatique ferait presque oublier que notre planète est confrontée à d’autres menaces à laquelle nous sommes peut-être moins sensibles car leurs effets se font moins sentir directement sur notre quotidien. Parmi ceux-ci, il y a la réduction de la biodiversité et les disparitions massives et rapides d’espèces animales et végétales, sur terre et dans la mer.
A ce propos, comme beaucoup, je me suis réjoui de l’annonce faite le 28 octobre 2016 le-plus-grand-sanctuaire-marin-au-monde-va-etre-cree-en-antarctique C’est une grande nouvelle en effet d’apprendre que 25 Etats se sont mis d’accord pour refuser toute activité nuisible à l’ensemble de la faune et de la flore marine sur un espace d’environ un million et demi de kilomètres carrés, soit trois fois la surface de la France métropolitaine. Certes, il s’agit d’une zone où l’activité humaine n’a jamais été très intense et où les grands prédateurs industriels n’ont pas leurs habitudes de pêche, et comme la nature y est encore particulièrement intacte, il était alors possible qu’un accord puisse se faire sans léser des intérêts économiques .
En effet, comme trop souvent, ce qui bloque les accords internationaux, ce n’est pas tant l’incrédulité de certains quant aux risques encourus que la volonté de ne pas remettre en cause des privilèges ou des conforts dont l’importance sera alors perçue comme plus cruciale que le danger présumé. De fait, trois jours avant cet accord présenté comme historique, un autre cénacle international s’était terminé sur un constat d’échec Nouveau rejet de la création d’un sanctuaire pour baleines dans l’Atlantique  Eh oui ! La pêche à la baleine reste une activité économique importante pour certains pays alors même qu’on sait maintenant que le stock de cétacés est arrivé à un niveau si faible qu’on peut encore craindre pour leur survivance.
Je dis « encore » car il existe déjà deux sanctuaires pour les baleines dans l’Atlantique Sud et dans l’Océan Indien mais cela n’a pas suffi pour reconstituer les troupeaux de cétacés. En effet, pour obtenir un accord sur ces deux zones, il avait fallu arriver à un compromis entre la majorité des Etats et les quelques réfractaires à ce moratoire de pêche. Ce compromis permet notamment des prises d’animaux à des fins scientifiques. C’est fou ce que, dans certains pays, la recherche scientifique sur les cétacés s’est, spontanément, développées ( 1 000 prises par an pour le seul Japon).
Du coup, je suis beaucoup moins optimiste sur la portée de l’accord su le « grand » sanctuaire marin de la Mer de Ross puisqu’il semblerait que pour arriver à un accord unanime, il ait fallu trouver un compromis et que dans ce compromis, il y a des possibilités de pêche, à titre exceptionnel.

Finalement, cet accord est sûrement important comme symbole d’une prise de conscience mais son impact réel risque d’être limité.

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