Balade en chansons dans le monde de l’écologie politique Deuxième couplet, une chanson sourde

A peine étais-je rentré de Nantes que commença la sarabande des mails. Si on avait mesuré toute l’énergie consommée dans ces échanges épistolaires, c’est sûr que nous aurions été horrifiés de notre débauche. En effet, il fallait préparer le grand rendez-vous de l’automne qui allait officialiser la nouvelle alliance écologiste. Curieusement et furieusement, les débats ont porté sur deux sujets : les statuts du futur mouvement et le nom de celui-ci. Dans les deux cas, cela s’est plutôt mal passé et c’est cette colère que j’exprimé https://dominiqueguizien.wordpress.com/2010/10/10/sur-la-route-de-lyon/ Sur la route de Lyon Manifestement j’avais manque d’inspiration dans le titre de ce billet mais même si je commençais à le subodorer, j’ignorai encore que l’épisode sur le choix du nom et le refus des Verts de se dissoudre dans quelque chose d’autre marquait la fin d’un épisode. Nous qui étions allé à Nantes plein d’espoir et d’illusion, risquions de revenir de Lyon, le cul nu, un peu comme les canuts de la chanson. « C’est nous les canuts » aurait bien sonné d’autant que canuts rime avec cocu et que tous ceux qui avaient cru que la coopérative allait devenir la matrice du « faire de la politique autrement » venaient de se faire voler leur outil avant même qu’il ait pu servir. Il faut dire que puisque personne n’avait essayé de définir ce qu’était la coopérative chacun y a mis ce qu’il voulait et la bataille d’amendements qui eut lieu autour des articles des statuts qui en traitaient était plus un combat pour la préservation d’un espace démocratique. Les petits apparatchiks d’un parti naguère moribond avaient mis tout leur savoir-faire rédactionnel à verrouiller le système.

Voici le second témoignage du 10 octobre 2010, avec en cadeau une chanson

« https://dominiqueguizien.wordpress.com/2010/10/10/sur-la-route-de-lyon/
Sur la route de Lyon
Publié le octobre 10, 2010par dominiqueguizien
Dans un précédent billet, https://dominiqueguizien.wordpress.com/2010/08/21/en-revenant-de-nantes%e2%80%a6/ j’exprimais tous mes espoirs à partir de ce que j’avais vu lors des Journées d’Eté du Rassemblement des Ecologistes (JERE).
Aujourd’hui, je suis bien obligé d’exprimer mes doutes mais aussi ma colère devant ce qui s’annonce comme un possible gâchis
Je ne rentrerai pas dans les polémiques entre courants propres aux Verts, tel n’est pas mon propos mais je voudrais dire mon sentiment de citoyen, qui, lassé des petits jeux qui font les délices des professionnels de la politique et des médias mais le dégout des gens qui comme vous et moi croyons que l’intérêt général est encore une valeur d’avenir, trouve que ce qui se passe actuellement dans le cadre des Assises de l’écologie est dramatique.
Pour tous ceux qui ne suivent pas le processus de l’intérieur, j’en rappelle les grandes lignes. En mai dernier dans la foulée des élections régionales, Daniel Cohn-Bendit proposait que se tiennent à l’automne des Assises de l’écologie pour donner une consistance politique à ce vote qui s’etait exprimé très fortement en 2009 aux européennes et encore fortement aux régionales en 2010. Comprenant que beaucoup de gens souhaitaient apporter leur pierre à l’édifice mais ne supportaient pas l’idée d’appartenir à un parti politique (je rappelle que dans la détestation exprimée par l’opinion publique dans les sondages, les partis politiques n’ont derrière eux que les traders, c’est dire le niveau où ils sont tombés), il proposait une organisation non plus en parti mais en coopérative où chacun viendrait quand il veut et comme il veut apporter sa contribution, le parti politique ne servant que de relais ensuite.
Là dessus s’enclenche le mouvement :  les JERE, que je vous ai relaté puis des assises régionales (qui se sont tenues le 9 octobre) et enfin des assises nationales (qui se tiendront le 13 novembre).

Pourquoi je suis en colère?
Parce que plus ça change, moins ILS changent.
je m’explique : les enjeux de ces assises sont simples. Il s’agit de vérifier qu’on est d’accord sur les principes et les idées fondatrices et qu’on est d’accord sur la façon de les faire avancer dans la société et de les mettre en oeuvre. C’est à dire qu’on va parler d’un manifeste et de statuts.
Peu importe le contenu de ces deux textes dans mon propos actuel. Cela concerne les débats internes à la nébuleuse Europécologielesverts.
Non, ce que je veux exprimer maintenant c’est le profond dégout que j’ai et le profond désarroi que j’ai ressenti chez beaucoup de gens présents à ces assises face aux méthodes employées pour aboutir à ces assises régionales.
Un manifeste écrit par une seule personne (aussi vertueuse soit elle), relu certes par quelques autres mais finalement peu amendé (il faut dire que le texte fait 16 pages écrites serrées), ça n’est pas très démocratique
Un processus d’amendement qui se fait dans la précipitation, un peu comme certains débats publics sur certaines infrastructures et qui ne se déroule quasiment que sur Internet, c’est peut-être branchouille mais ça n’est pas très démocratique.
Des statuts amendés par des débats internes, parfois dans des groupes locaux, parfois sur des réseaux internet affinitaires qui donnent lieu à la production de près de 300 amendements qui se font tellement « rabotter »(comme dirait François Fillon) que seuls 3 d’entre eux sont présenter au vote des personnes adhérentes à ce mouvements des assises.Ce n’est pas très démocratique.
Un vote sous deux formes: vote à l’urne dans les assises elle-même et vote par correspondance, ça c’est démocratique et cela permet à tout le monde de s’exprimer.
Mais dépouiller le vote à l’urne sur place le 9 après-midi, sans savoir qui dépouille et surtout sans publier les résultats alors que le vote par correspondance n’est pas encore terminé, ouvrant ainsi la possibilité à toutes les manipulations puisque quelques uns seulement connaissent ces résultats. ça, ce n’est pas très démocratique.

Voilà pourquoi je suis en colère,
voilà pourquoi certains vont sortir de cette expérience encore plus désespérés qu’avant, d’autant plus désespérés que cette dynamique a ouvert de nouvelles raisons d’espérer.
Ne jetons pas la pierre sur Telle ou Tel ou encore Telautre! il y a une responsabilité collective de tous ceux qui assument la transition .

Mais faut-il pour autant baisser les bras?
Non et 17.000 fois non (17.000 parce que c’est le chiffre que j’ai entendu concernant le nombre des adhérents à ce mouvement des assises). Comme le disent ceux qui nous font le chantage au vote d’opposition « Il ne faut pas casser la dynamique ». Oui, il ne faut ni casser la dynamique, ni « désespérer Billancourt », il faut P.O.S.I.T.I.V.E.R. mais sans insulter l’avenir.
Il reste encore une étape : les assises nationales et il reste encore une pierre avant de terminer l’édifice constituant de ce mouvement : la rédaction du règlement intérieur. En effet le RI est aux statuts ce que le décret est à la loi. C’est dans la façon dont le RI sera écrit que les statuts reprendront ou non de la couleur démocratique (et je rappelle que la couleur de la démocratie, ce n’est ni le vert, le rouge, ni le rose, ni le bleu-blanc-rouge mais l’arc-en-ciel et même toutes les tendances d’irisation entre l’infrarouge et l’ultraviolet).
En général, les lois sont l’affaire du législatif et les décrets, celle  de l’exécutif. Puisque dans ce processus, l’exécutif a voulu confisqué l’élaboration des statuts, il est normal que, juste retour des choses, le législatif s’empare du Règlement Intérieur. Comme dans un processus constituant le législatif, c’est vous et moi , il est impératif que le R.I. intérieur, non pas dans sa première mouture mais avec  tous ses amendements, soit soumis à un référendum de tous les adhérents au mouvement des assises. Ou à défaut que ce mouvement s’applique à lui-même les règles qu’il préconise dans le cadre du débat démocratique dans la Cité :quand  une question d’intérêt citoyen majeur se pose, il faut organiser une conférence du consensus pour la faire aboutir. Le règlement intérieur est une question d’intérêt majeur, il faut donc organiser une conférence du consensus.

Tels sont les enjeux des assises nationales
1-Choisir entre référendum ou conférence du consensus pour adopter un règlement intérieur
2-Acter qu’en l’absence d’un Règlement Intérieur ainsi adopté, les statuts sont déclarés inapplicables.
Voilà donc de quoi alimenter notre voyage sur la route de Lyon (qui ne passe pas par Montaigu comme chacun sait et le regrette) »

https://www.youtube.com/watch?v=Te2PpgGvxhs

Les canuts

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