Fêtes et défaites de l’écologie politique

Le 22 mai 2016, un écologiste est devenu président de la République en Autriche. Il a été élu parce que les partis dits « de gouvernement » se sont effondrés et donc qu’il est apparu comme le seul rempart contre l’extrême droite. Il doit ce statut à son score du 1° tour qui l’a placé en 2° position et cette place est due essentiellement au fait qu’il N’ETAIT PAS le candidat du parti écologiste mais de tous ceux qui pensent qu’il existe une alternative autre que l’aventurisme populiste, à la faillite des partis traditionnels. Ce même positionnement a permis à un écologiste d’être réélu à la tête du Bade-Wurtemberg quelques semaines plus tôt. Ce succès porte donc un nom : ouverture.

Pendant ce temps, en France, EELV préparait son congrès. 5 motions étaient présentées. Toutes parlaient de rénover, de refonder le parti et d’autonomie de l’écologie politique et l’essentiel des différences portaient sur…..le positionnement par rapport au PS ou au reste de la gauche. Toutes partaient du postulat que tout ceci devait se faire autour d’EELV. Aucune ne faisait l’analyse que EELV, loin d’être la solution, pouvait être le problème.

En effet, quelle outrecuidance de se dire LE parti des écologistes, quand en moins d’un septennat, on a vu passer dans ces rangs au moins 20.000 personnes qui n’y sont plus, que ses effectifs ont fondu d’une apogée à 17.000 militants lors des assises de l’écologie à Lyon à l’étiage bas de 5.000 adhérents, plus vraiment militants, juste avant ce congrès-ci ! Quel aveuglement de prétendre représenter toutes les sensibilités de l’écologie politique quand entre les journées d’été de Nantes en aout 2010 et les assises de l’écologie en novembre, certains avaient déjà réussi à faire partir la moitié de celles et ceux qui fraternellement étaient allés planter symboliquement des arbres sur le site de Notre-Dame-des landes, montrant ainsi qu’il y avait plus combats qui les unissaient que de querelles qui les diviser.

Nous connaissons en France la même évolution politique que dans tous les pays européens où gauche de gouvernement comme droite de gouvernement sont discrédités et où les peuples désemparés cherchent une alternative et comme dans la plupart de ces pays, l’émergence d’un discours populiste, ne parlant que d’exclusion, de repli sur soi, de ressentiment fait craindre pour l’avenir de notre modèle démocratique. Une autre alternative existe et c’est l’écologie, qui propose un autre modèle de développement et de convivialité mais elle n’est pas audible parce que toutes celles et tous ceux qui portent ce modèle passent plus de temps à se déchirer autour de points de détail qui les différentient plutôt qu’à essayer de promouvoir ENSEMBLE le formidable espoir que peut faire naître les potentiels de l’écologie en action au quotidien.

Bien avant ce congrès, j’ai dit que la disparition d’EELV était un préalable et j’avais même proposé que ce congrès se termine sur une motion de ce type «  Le Bureau Executif d’EELV nouvellement élu se voit confier comme mission première et essentielle de préparer la dissolution du parti EELV tout en oeuvrant à la création d’une fédération des écologistes de France. » Ce fut pris pour un trait d’humour d’un histrion en mal de notoriété. Je maintiens et n’en veut pour preuve que le nouveau patron d’EELV a articulé tout son discours d’investiture autour de ce slogan « Nous, les écologistes, allons nous réformer de fond en comble. » Bel objectif, sauf que « Nous les écologistes » empêche que tous les autres écologistes ne partent en courant en criant « Au secours, les Verts reviennent ! »

Les prochaines échéances électorales ne tarderont pas à démontrer que le repli sur soi est une mort programmée. Ceci amènera donc la nouvelle équipe soit à suicider son parti, au nom du respect du mandat qui vient de lui être confiée, soit à se déjuger au nom du réalisme en politique. Se faire élire sur une ligne politique et appliquer une ligne diamétralement opposée est critiquable moralement, mais ça s’est déjà vu ailleurs. Le faire est parfois salutaire, mais ne pas l’avoir dit avant, quel manque de courage et quelle perte de temps. Pour parler plus clairement, s’il l’écologie politique veut être présente à l’élection présidentielle, toutes les composantes de la galaxie écologistes, c’est-à-dire toutes celles et ceux qui sont entrés, puis sortis d’EELV, qui n’ont pas voulu y entrer parce que « ce n’était plus  les Verts » ou parce que « c’était encore les Verts. », voire même parce que l’écologie se marie mal avec « la politique », devra se retrouver derrière un-e ou un candidat qui ne viendra d’aucune de ses chapelles. Compte tenu de ce que les uns et les autres ont déjà écrit, son programme ne sera pas difficile à écrire. Si tel n’est pas le cas, je crains fort pour EELV que les querelles de personne finissent par l’achever. Plus besoin de dissoudre donc mais pour autant, les perspectives d’émergence d’un pôle écologiste fort seraient reporter à des temps meilleurs, qui n’en doutant pas arriveront un jour, mais quand ? La veille des lendemains qui chantent ?

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Un commentaire pour Fêtes et défaites de l’écologie politique

  1. Ping : Balade en chansons dans le monde de l’écologie politique Cinquième couplet, chanson triste | Dominiqueguizien's Blog

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