Agriculture française : Un autre modèle est-il possible ?

Dans les années 60,  encore sous le traumatisme des années de disette de l’Occupation, le modèle agricole français avait pour ambition de « nourrir le monde ». Les agriculteurs français n’y sont jamais parvenus et d’autres ambitionnent de le faire mais dans de telles conditions sanitaires qu’on ne peut qu’espérer qu’ils échoueront. C’est d’ailleurs un des enjeux majeurs du volet agriculture-alimentation des traités transatlantiques en cours de négociation. Et au cœur de ce débat, qui de franco-français devient du coup Euro-Américain, il y a ce choix crucial qualité contre quantité. Il y a aussi le choix auto-suffisance contre export-import et enfin le choix plus écologique entre produire avec la planète et produire aux crochets de la planète. Face à cette série de choix, certains font des paris personnels comme cet agro-industriel breton qui manifestement préfère le cocktail qualité-autosuffisance et agriculture biologiquehttp://www.entreprises.ouest-france.fr/article/agriculture-il-parie-sur-betterave-sucre-bio-bretagne-06-04-2016-262544 Agriculture. Il parie sur la betterave à sucre bio en Bretagne Le pari est particulièrement osé puisqu’il s’agit justement d’une des cultures emblématique du modèle productiviste-exportateur et dévastateur, la betterave à sucre, qu’il s’agit d’un marché qui risque de connaître dès l’an prochain les mêmes effets ravageurs qu’a connu le marché laitier avec la fin des quotas et qu’il veut faire cela dans une région qui s’est toujours montré rétive à une telle culture. Pari risqué pour un marché de niche ? Vraisemblablement et du coup le pari peut être gagnant. Mais tous les agriculteurs peuvent-ils s’engouffrer dans de tels marchés de niche. Le problème justement avec les marchés de niche est que comme toute niche, c’est petit et en général bien gardé par le premier occupant.

Alors changer de modèle ? La FNSEA n’a pas de plan B et non seulement, elle reste muette mais en plus elle revendique une grande surditéhttp://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/les-agriculteurs-fnsea-tournent-le-dos-au-ministre-4135931 Les agriculteurs FNSEA tournent le dos au ministre On sait que les rapports entre ce syndicalisme agricole et leur ministre de tutelle ont toujours été durs et conflictuels sauf évidemment quand le ministre venait de ses rangs, mais ceci n’explique pas tout. Car sans être totalement flambant, ce ministre semble avoir un projet. http://www.actu-environnement.com/ae/news/agro-ecologie-chantiers-prioritaires-le-foll-2016-agriculture-26596.php4#xtor=ES-6 Agro-écologie : les chantiers prioritaires de Stéphane Le Foll pour 2016

On a du mal à percevoir ce que cela recouvre mais en gros on semble comprendre qu’ à travers quelques initiatives de fond, il vise à changer les mentalités, ce qui est la condition sine qua non pour changer  vraiment. Le problème est que lui-même n’a pas encore tout à fait fait sa mue. En effet, quand il lance cette phrase –ci « « l’adaptation des normes environnementales aux modes de production agro-écologique« , c’est évidemment l’inverse qu’il aurait dû dire. En effet, ce ne sont pas les normes environnementales qui sont en cause mais bien la façon dont l’administration les fait appliquer et l’art avec lequel certains les détournent pour ne pas avoir à évoluer. Que l’accumulation de normes soit un frein est évident alors qu’il suffirait d’un nombre plus restreint de règles plus contraignantes, mieux contrôler et dont le non-respect serait plus sévèrement puni, mais mon propos n’est pas ici de faire le procès d’une administration qui a du mal à se défaire de ses penchants bureaucratiques. Non, mon propos est plutôt de me demander pourquoi dans ses priorités le ministre a ainsi inverse l’ordre des facteurs. Bien que certains indices montrent qu’il va dans le bon sens, ce lapsus laisse paraître le contraire. Le modèle d’agro-écologie qui serait une réponse à la diversité des situations en France reste peut-être à écrire. J’espère que le 23 juin, les acteurs de la nuit de l’agro-écologie en écriront les premières pages car face à des contraintes très diverses d’une région à l’autre, d’un type d’exploitation à l’autre, les réponses ne pourront venir que de ceux qui les subissent au quotidien, plus du syndicat discrédité, pas du ministère non plus manifestement.

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