France, ta population fout le camp !

Cette interjection  n’est pas lancée pour regretter le départ de quelques centaines ou quelques milliers de gens très fortunés qui, pour faire comme quelqu’un qui fut jadis un bon comédien, cherchent à fuir le fisc français. Ce n’est pas non plus pour déplorer, comme certains dans les cénacles patronaux, le départ de quelques milliers de jeunes entrepreneurs qui vont chercher ailleurs un soutien financier qu’ils ne trouvent pas en France pour le projet d’entreprises. Ce n’est pas non plus  pour déplorer que des dizaines de milliers de jeunes Françaises et Français partent tous les ans pour se bâtir un début de carrière ailleurs que dans l’Hexagone puisqu’après tout c’est dans l’ordre des choses depuis que la libre circulation des travailleurs dans l’espace européen est un des moteurs de la construction européenne.

Non, c’est parce que l’Institut National de la Statistiques et des Etudes Economiques , le fameux INSEE vient de publier le bilan démographique de la France pour 2015 et sous réserve de confirmation de ces données qui ne peuvent être que provisoires, les résultats mettent à mal quelques-unes de nos certitudes. http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1581

Bilan démographique 2015

La fin d’une exception française ?

La France s’enorgueillissait d’un record de longévité en Europe et en plus l’espérance de vie n’avait pas cessé d’augmenter depuis plusieurs décennies . Et voilà que brutalement en 2015, le nombre de morts en France augmente brutalement de 41.000 faisant baisser corrélativement l’espérance de vie de plus d’un trimestre.

La France était fière de conserver une natalité dynamique dans une Europe qui, à part l’Irlande, est plutôt très défaillante. Et voilà que la baisse des naissances entamée il y a 5 ans continue, voire s’accélère : 19.000 bébés en moins

Il y a deux ou trois ans, la France respirait, le taux de nuptialité remontait : l’institution du mariage semblait tenir bon. Puis depuis, cela n’a cessait de diminuer. Malgré la concomitance, on ne peut pas mettre en avant l’instauration du mariage homosexuel puisque celui-ci n’a jamais vraiment décollé et recule même de 20% en un an. Fin d’un effet passager ?

Hélas, trois fois hélas donc  pour ceux qui mettent leur gloriole dans la démographie de leur pays .

Et chacun trouvera dans ces chiffres l’occasion de faire un petit commentaire, qui évidemment ne sera pas celui, officiel , de l’INSEE.

Bien entendu, les écologistes qui ne sont pas des natalistes forcenés, mais pour certains des pessimistes raisonnés, verront dans la brutale augmentation du nombre de décès la consécration de leurs alertes : les changements climatiques tuent, les produits cancérigènes dont on nous nourrit, nous vêt, nous entoure tuent. Je serais tenter de les croire mais avant d’en tirer toutes les conclusions, attendons quand même pour voir si ce brutal revirement peut s’expliquer. En tout cas, c’est plus crédible qu’une épidémie de grippe en mars 2015, une canicule( ?) en juillet 2015, des( ?) vagues de froid en octobre de la même année.

Les associations familiales ne vont pas manquer de souligner que la politique anti-natalité du gouvernement actuel, en rabotant les allocations familiales des familles aisées, a cassé la dynamique nataliste. Là par contre, je serais tenté de croire l’INSEE qui y voit l’effet mécanique de la pyramide des âges mais peut-être y a-t-il un effet nouveau, la peur de l’avenir ?

Les associations familiales et religieuses de déplorer la chute du nombre des mariages, mettant en cause le relâchement des mœurs et notamment stigmatisant cette « invention du diable », le mariage homosexuel, qui a décrédibiliser voire « ridiculiser » cette institution, pierre angulaire de la vie sociales, selon elles.

Bon puisque tout le monde y va de son petit commentaire.

Le mien sera celui d’un administrateur civil habitué à anticiper sur les politiques publiques.

Si les gens meurent plus et plus jeunes, quel impact sur les politiques de prise en charge des personnes agées ? Quel impact sur l’âge de départ à la retraite ? Quel impact sur les politiques de santé publique ?. faisons des scénarios puisqu’on ne sait encore pas ce que sera l’avenir.

Si les gens font moins d’enfants, quel impact sur la politique de création de crèches ? Quel impact sur les recrutement dans l’Education Nationale ? Faisons des scénarios puisqu’on en sait encore rien.

Tiens pendant que je suis aux conséquences administratives réglementaires ou législatives de ces évolutions , qu’en pensent-ils, les organisateurs de ces manifestations monstres , d’avoir mis dans la rue des millions de personnes pour ….8.000 couples. Et de l’autre, était-ce vraiment sérieux d’en faire une bataille législative comme si cela était un fait sociétal majeur : 8.000 mariages soit 20% de moins que la première année.

Mais une chose est sûre, c’est qu’en l’état actuel des choses, bien fol serait celui qui en tirerait des conclusions définitives. Plus fol serait encore celui qui ne voudrait pas prêter attention à ce qui n’est pas une évolution épiphénoménale. Mais le plus serait celui qui se fondant sur les évolutions du passé tracerait les politiques du futur, en matière de retraite, de santé publique, de formation. Mais n’est-ce pas ce qu’on a fait ? Peut-être serait-il prudent de comparer ce que nos scénarios donnerait avec ces politiques. En espérant que les démographes auront entre deux commencer à décrypter ces trois évolutions qui vont dans le même sens.

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